Pierre de Maere : la sensation pop belge qui fait vibrer la France
© Marcin Kempski

Pierre de Maere : la sensation pop belge qui fait vibrer la France

Par Joëlle Lehrer
Temps de lecture: 4 min

TikTok a permis à Pierre de Maere de se faire connaître par plus de 35 millions de personnes. Ce jeune homme très élégant, de vingt et un ans, originaire du Brabant wallon, est la nouvelle sensation pop belge qui fait vibrer la France. Interview.

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En allant à sa rencontre, j’ai « Docteur, un jour, je marierai un ange » en tête. Et aussi quelques rythmes de son premier album. Et puis, alors que je ne devais rester qu’une demi-heure, je suis restée une heure avec Pierre de Maere…

Votre premier album s’intitule Regarde-moi. Si on vous regarde, que voit-on ?

Déjà cela dépend de l’heure de la journée et de la période de ma vie. Si on me regarde, à travers de cet album, on voit un artiste en quête de reconnaissance, pas forcément celle du public. J’imagine plutôt un regard d’amour. On voit un artiste qui expérimente et se découvre. Ce premier album, je le trouve cohérent et par moments, plus sombre. Et si on me regarde, on voit quelqu’un qui s’amuse et qui en fait des caisses. J’adore le drame romantique.

En un an, les choses se sont emballées pour vous. Si vous deviez épingler trois moments-clés, quels seraient-ils ?

Mon premier concert à La Cigale, à Paris. Soit la première salle mythique parisienne que je remplissais. J’étais survolté. J’ai adoré ma promo dans l’émission télé de Laurent Ruquier et Léa Salamé sur France 2. C’était ma première télé en direct. Je devais chanter et j’ai le complexe de ma voix. Donc, j’étais mort de stress mais en même temps, la soirée était merveilleuse. C’était une entrée dans le show-biz dont j’avais toujours rêvé. Le troisième moment, c’était une histoire d’amour qui est finie, aujourd’hui, mais qui était très belle et m’a inspiré trois chansons. J’étais fou de l’amour pour la première fois.

Vous n’étiez jamais tombé amoureux avant ?

Si, une fois, mais à sens unique. Mais si je parle de l’amour, c’est parce que c’est la seule chose qui a des répercussions physiques sur moi. Et sur tout le monde, je crois. Dans la chanson J-3, je me projette dans le futur, même si cet amour-là est fini depuis.

 

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Vous êtes auteur-compositeur-interprète et vous avez commencé avec GarageBand. Comment avez-vous poursuivi et peaufiné votre apprentissage de la musique ?

J’avais dix ans et forcément, je n’allais pas composer un morceau merveilleux sur un tel logiciel. Mais ce que je trouve fantastique avec GarageBand, c’est de s’initier au moins aux sensations de la production. Très jeune, je chantais dans une langue qui se rapprochait de l’anglais mais n’en était pas… Avant Stromae, je trouvais que chanter en français était ringard et cucul. Peut-être n’écoutais-je pas les bonnes choses ? Vers dix-sept ans, j’ai écrit un morceau en anglais mais mon entourage m’a dit : «Stop !». Je me suis donc tourné vers le français avec un morceau produit par mon frère Xavier. Et aujourd’hui, nous travaillons toujours ensemble. Potins absurdes, mon premier titre, a été publié en mars 2020 et il a atterri chez Théo Hotuqui, le directeur artistique de Wagram, à Paris. Il m’a repéré et m’a signé un contrat pour quatre albums. Je suis quelqu’un qui aime les tubes et il le sait.

Vous faites de la belgian pop mais en quoi vos chansons sont-elles belges ?

En Belgique, on est plus décomplexés et plus simples qu’en France. J’écris avec des mots très simples. Il y a aussi un peu d’absurde et d’autodérision dans mes textes.

Il est question de deux figures littéraires masculines sur ce disque : Roméo et Bel-Ami. Avez-vous une face Roméo et une face Bel-Ami ?

Un petit peu (Rires). Bel-Ami, c’est plus le séducteur qui vend de la poudre aux yeux. Je dois avouer n’avoir pas terminé la lecture de ce roman de Maupassant. J’avais retenu qu’on conseillait, à ce personnage monté de province à Paris, d’acquérir une belle tenue plutôt qu’un logement décent. Cela fait six mois que je vis à Paris et je n’ai toujours pas de lit. Je dors sur un matelas. Par contre, j’ai des costumes Gucci parce que ça
me plaît. Aujourd’hui, pour un artiste, c’est plus important d’avoir un joli compte Instagram que de bien dormir la nuit. Cela me fait un peu rire. Quant à Roméo, c’est l’aspect «mise en scène théâtrale » d’un amour pour les autres. Il y a toujours ce truc avec le regard des autres qui nous définit en partie.

Vous aviez entamé des études de photographie à l’Académie d’Anvers. Pourquoi les avoir arrêtées ?

C’était de la photo d’art très conceptuelle et ça m’a peu parlé parce que moi, j’aime la beauté. Et je dois avouer que la photo d’art actuelle, je déteste ça tandis que j’adore la photo de mode. Quand je faisais de la photo, je crois que je manquais d’une patte. La musique, c’était plus inné pour moi.

 

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Vous citez souvent Lady Gaga comme source d’inspiration, mais je suis surprise que vous ne citiez jamais Mylène Farmer.

J’adore Mylène Farmer mais je connais moins son univers. C’est une icône absolue au-delà de la francophonie. Sinon, je suis également fasciné par Karl Lagerfeld.

Vous voulez être célèbre mais pour quoi faire ?

Pour que mes chansons soient écoutées par le plus grand nombre. Tout ce qui est hype, snob, ça ne m’intéresse pas du tout. Moi, je vais chanter dans toutes les villes et villages de France, pas uniquement à Paris.

 

Pierre de Maere, Regarde-moi, Wagram, sortie le 27 janvier.

En concert le 22 mars au Reflektor à Liège, le 23 mars à Namur au Festival Namur is a joke et le 18 mai à l’AB.

 

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Tags: Musique.