De l’intimité shakespearienne de “Hamnet” aux passions déchaînées de “Hurlevent”, en passant par les coulisses de la Fashion Week parisienne dans “Coutures”, la sélection du mois de février mêle émotions, drames et destins extraordinaires. Josh O’Connor, Timothée Chalamet, Angelina Jolie, Margot Robbie et bien d’autres y excellent, nous offrant autant de raisons de céder à la magie du cinéma.

Hamnet, de Chloé Zhao

film hamnet

Focus Features

On connaissait Shakespeare et Hamlet mais on ignorait tout de Hamnet. Adapté du roman de Maggie O’Farrell, ce superbe film met la lumière sur la famille du dramaturge anglais. De son épouse Agnes, à ses trois enfants, l’unique garçon s’appelant Hamnet, de leur vie à Stratford, des querelles familiales, tout ressemblant tantôt à une comédie romantique, tantôt à un drame intime. Jessie Buckley assure dans le rôle de Mme Shakespeare en lui donnant une dimension presque surnaturelle. Paul Mescal démontre que pour devenir le grand William, il lui fallait gagner Londres. La reconstitution du théâtre le Globe est proprement stupéfiante. Et la phrase : « To be or not to be » résonne de manière terriblement poignante. L’un des films favoris dans la course aux Oscars.

Avec Jessie Buckley, Paul Mescal, Joe Alwyn et Emily Watson, en salles.

Hurlevent, d’Emerald Fennell

film hurlevent

Warner Bros.

La réalisatrice britannique Emerald Fennell s’attaque à l’œuvre d’Emily Brontë Les Hauts du Hurvelent, l’un des plus grands classiques de la littérature anglaise, déjà adapté plusieurs fois à l’écran. Cette nouvelle version avec Margot Robbie et Jacob Elordi prend de nombreuses libertés avec l’œuvre originelle avec un style pop et érotique, mis en musique par Charli XCX, qui a signé plusieurs chansons pour le film.

Avec Jacob Elordi, Margot Robbie, sortie le 11 février.

Coutures, d’Alice Winocour

film coutures

Carole Bethuel

Angelina Jolie pour la première fois dans un film français où elle doit également parler français, oui. Mais ce qui est intéressant dans ce troisième ouvrage de la réalisatrice Alice Winocour est de planter la caméra dans la préparation de la Fashion Week parisienne (notamment chez Chanel) et de dérouler les destins entrecroisés de trois femmes qui ne se seraient rencontrées nulle part ailleurs. Une réalisatrice américaine, une mannequine sud-soudanaise et une maquilleuse française. Leurs réalités et leurs rêves s’y donnent rendez-vous.

Avec Angelina Jolie, Ella Rumpf, Anyer Anei, Louis Garrel et Vincent Lindon, sortie le 18 février.

Marty Supreme, de Josh Safdie

film marty supreme

Entertainment Film Distributors

Devancée par un solide plan marketing, la première réalisation solo de Josh Safdie est à la hauteur des attentes. Pétaradante et survoltée, cette libre adaptation de la vie d’un champion de ping-pong est une nouvelle ode aux losers comme agents de chaos et de poésie. Un « rise et fall » aussi bordélique que jubilatoire avec un Timothée Chalamet au sommet de sa virtuosité d’acteur. E.B.

Avec Timothée Chalamet, Gwyneth Paltrow, Odessa A’zion, sortie le 18 février.

The Mastermind, de Kelly Reichardt

film The Mastermind

MUBI

Inspiré d’un cambriolage d’œuvres d’art dans le Massachusetts en 1972, The Mastermind façonne le portrait pathétique et émouvant d’un braqueur raté. La réalisatrice de 61 ans a prouvé à maintes reprises qu’elle est une immense portraitiste de l’Amérique. En racontant la cavale d’un voleur de tableaux, Kelly Reichardt détourne avec humour les codes du film de braquage et lui apporte une note d’humanité particulière. Le jeu follement attachant de Josh O’Connor (révélé en prince Charles dans The Crown) contribue à bâtir cette odyssée bringuebalante d’un asocial étranger au monde (qui finira par le rattraper!) et à sa propre famille. E.B.

Avec Josh O’Connor, Alana Haim, John Magaro et Hope Davis, sortie le 18 février.

Nuremberg, de James Vanderbilt

film nuremberg

Bluestone Entertainment

À l’heure où il est question de génocide et de justice internationale, voici que sort cette fresque historique retraçant le Procès de Nuremberg. Le plus grand procès de l’Histoire mis en place pour juger les criminels nazis au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Russell Crowe y plante un Général Göring plus vrai que nature et Rami Malek, le psychiatre américain qui chercha à disséquer le mal absolu chez ce haut dignitaire allemand en particulier. Un format classique pour un sujet incontournable.

Avec Russell Crowe, Rami Malek et Michael Shannon, en salles.

La Grazia, de Paolo Sorrentino

film la grazia

Andrea Pirrello

Six mois avant la fin de son mandat à la Présidence de la République italienne, le Président De Santis paraît usé et lassé. Il lui reste à signer une loi sur l’euthanasie et à gracier deux condamnés pour meurtre de leurs conjoints. Sauf que le Président, bon catholique, n’est obsédé que par sa défunte épouse, Aurora, et par la faute qu’elle avait commise en le trompant. « Avec qui ? » est sa lancinante question. Sorrentino retrouve son acteur fétiche, Tony Servillo, mais ne retrouve pas la grâce de La Grande Bellezza malgré quelques scènes parfaitement fortes.

Avec Tony Servillo, Anna Ferzetti et Orlando Cinque, en salles.

Le Son des souvenirs, d’Oliver Hermanus

film son des souvenirs

Fair Winter LLC.

Vingt ans après Le Secret de Brokeback Mountain d’Ang Lee, Le Son des souvenirs réhabilite le mélodrame gay d’époque avec les beaux Paul Mescal et Josh O’Connor (encore) en musiciens chargés de collecter de vieilles chansons à travers les États-Unis. Déjouant finement les codes académiques, le film nous cueille par son feuilleté temporel et la force tragique de cet amour impossible. E.B.

Avec Josh O’Connor, Paul Mescal et Chris Cooper, sortie le 25 février.

 

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