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La rentrée littéraire s’annonce plus prolifique que l’année dernière, avec 484 romans très attendus. Notre tiercé préféré pour amorcer la fin de l’été.
Sijou’ de Thierry Coljon
« Avant, il était ma moitié, celui
qui me permettait d’avancer et
avec qui j’osais tout »
C’est une ode à l’amour. Une déclaration très aboutie à ces liens dont on ne sait pas encore qu’ils seront indéfectibles et qui construisent notre univers dès la petite enfance. Comme ceux qui unissent Pierre et Sijou’, nés à quelques jours d’intervalle et dont les parents sont les meilleurs amis du monde. Si les enfants grandissent ensemble jusqu’aux premières séparations obligatoires à l’école, leur relation quasi gémellaire a généré un amour absolu entre eux au point qu’ils en soient devenus siamois à vie, régis tour à tour par le manque, la nostalgie et le besoin l’un de l’autre, jusqu’à ce que la mort les sépare. Le journaliste belge Thierry Coljon signe un quatrième roman d’une profondeur qui ne laisse pas indifférent. Une réflexion intense sur la difficulté à se défaire de l’insouciance que revêt une amitié profonde et sur la puissance qu’elle peut générer en chacun de nous. La fin est magnifique et rappelle à quel point notre bonheur passe aussi par l’autre… En lice pour le prix Rossel 2025.
Éditions Lamiroy, 20 €
L’impasse des rêves de Didier van Cauwelaert
« Tout sonnait si juste dans
son livre »
Le pitch séduit d’emblée : deux écrivains en herbe recalés par leur éditeur respectif reçoivent par erreur le courrier qui était adressé à l’autre. Le premier décide de rencontrer la seconde pour lui remettre l’enveloppe qui lui était destinée, et c’est le coup de foudre ! Sauf qu’Anaïs est mariée et maman. Mais dans le roman dont la publication vient de lui être refusée, elle expliquait qu’elle tuerait peut-être son mari l’automne suivant… Didier van Cauwelaert lève le secret sur la rencontre qui a marqué ses débuts de romancier à travers une fiction brillamment menée, dont on se demande jusqu’où il a mis en scène certains éléments autobiographiques. Une passion sans issue qui participera pourtant à façonner l’avenir de la vie du personnage principal et permettra sa renaissance, rappelant que certaines rencontres sont capitales. Un nouveau roman qui interroge subtilement sur le pouvoir de la littérature sur nos destins, ou comment la lecture peut changer nos vies, un peu, beaucoup, à la folie… captivant !
Albin Michel, 21,90 €
Je voulais vivre d’Adélaïde de Clermont-Tonnerre
« Je cherchais, depuis mes plus jeunes années, à trouver une voie qui me sauve de ma condition de femme »
On s’attache immédiatement à cette femme trouvée à l’âge de six ans par un vieux prêtre à qui elle ne confiera que son prénom, Anne. Vingt ans plus tard, elle devient une femme plébiscitée, richissime, très courtisée et puissante, le cardinal de Richelieu ne jurant d’ailleurs que par elle. Adélaïde de Clermont-Tonnerre réhabilite brillamment la célèbre Milady de Winter, l’ennemie jurée des Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas, dont elle parvient à contourner la légende pour révéler la véritable personne qui se cache derrière le personnage emblématique. Un portrait tout en sororité, qui rend hommage à une femme qui n’hésite pas à transgresser et prendre de vrais risques, à la fois pour sa propre vie, la quête de son idéal, ainsi que son pays. La romancière interroge l’histoire et les inégalités femmes/hommes, rendant justice à un personnage de fiction que l’on apprend à connaître autrement, loin de l’image perverse et manipulatrice que l’on pourrait en avoir gardée après avoir lu Dumas. Un récit très contemporain qui rappelle que les obstacles actuels liés au genre ne sont malheureusement pas encore tellement différents de ceux qu’a connu une femme née en 1602.
Grasset, 24 €
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