Cette Belgo-portugaise évolue dans le rap depuis une dizaine d’années. (K)NOT, son premier album, l’amène à mixer des genres musicaux très différents en y mettant toute sa fougue.

Lorsqu’on arrive dans son appartement du centre-ville de Bruxelles, c’est Monsieur, un chat blanc et sourd qui nous accueille. Très affectueux, il va participer à l’interview en y ajoutant ses bonnes ondes. Mais les bonnes ondes, on les sentait déjà chez Blu Samu, aujourd’hui habillée un peu comme une Schtroumpfette, tout en bleu, prête à partir en bord de plage. Longtemps basée à Anvers, l’artiste a récemment choisi de s’installer à Bruxelles où ses connexions avec la scène musicale sont riches.

Comment avez-vous opéré votre mutation de Salomé Dos Santos, votre vrai nom, en Blu Samu ?

En tant que Salomé, j’ai toujours écrit des histoires et j’ai développé un amour pour la musique. Mais je n’avais pas hyper confiance en ma voix. Il m’a fallu du temps pour être à l’aise avec le chant. À dix-huit ans, j’ai eu mon premier amour, Matteo, qui m’a ouvert les portes sur le hip-hop. Comme ce genre musical est plus parlé que chanté, je me sentais davantage encline à l’explorer. Et un an plus tard, j’ai écrit ma première chanson rap qui lui était dédiée. J’ai ressenti la poésie. J’ai expérimenté des choses avec un groupe anversois. Et puis, j’ai changé de nom et suis devenue Blu Samu. Parce que le bleu et la culture japonaise comme les mangas et l’univers des samouraïs font partie de mes passions.

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Vous êtes Anversoise et avez récemment déménagé à Bruxelles. Pour quelle raison ?

J’ai déjà habité à Bruxelles et c’est ici que ma carrière à débuté. J’aime l’énergie qu’il y a ici. Les collaborations sont facilitées dans cette ville.

Musicalement, vous évoluez entre le rap et l’électro avec des accents post-punk et r’n’b. Vous n’êtes pas une rappeuse pure et dure.

En effet. On m’a souvent demandé à quel genre musical je m’identifiais. Pour cet album, je suis retournée à Anvers pour travailler seule sans être influencée par mon entourage. Je me suis permis de faire toutes les démos que j’avais envie de faire. Et ce que j’ai gardé comme titres sont ceux qui me correspondent le mieux en ce moment.

Vous chantez principalement en anglais mais sur certains titres, vous vous exprimez en portugais. Qu’est-ce qui est plus facile à exprimer en anglais et en portugais ?

Avant, j’aurais répondu que la vulnérabilité s’exprime très bien en portugais et que la confiance en soi l’est davantage en anglais. Maintenant, je pense différemment. Ainsi, sur ce disque, Move est une chanson hyper assertive en portugais. J’étais retournée quelques temps dans ma petite ville, près de Porto, et j’ai pu me rendre compte que les émotions ne sont pas limitées à une langue en particulier.

Entre votre premier E.P. et ce premier album, il y a pratiquement dix ans qui se sont écoulés. Pouvez-vous l’expliquer ?

Mes premiers E.P. se sont succédé rapidement parce que j’avais une certaine pression. Puis, il y a eu le Covid. Je suis retournée à Anvers et j’ai cherché à aller bien même en-dehors de la scène. J’ai pris le temps pour ça. Et je voulais pouvoir offrir une nouvelle version de moi-même. Ensuite, j’ai eu un accident aux cordes vocales qui m’a amené à un arrêt de huit mois. Je ne chantais pas car il fallait que je renforce mes cordes vocales.

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Cet accident de santé vous a-t-il amené à modifier votre façon de chanter ?

Oui, j’ai dû modifier mon hygiène de vie, ne plus boire d’alcool, ni fumer, notamment. La voix en a été changée. J’ai également changé ma posture. Et les notes trop hautes, je ne les fais plus.

Vous êtes proches des rappeurs Zwangere Guy et le Collectif 77. Ce sont tous des hommes. N’y a-t-il pas de rappeuses dans votre réseau ?

Lorsque j’ai débarqué à Bruxelles, je suis tombée sur cette bande de garçons qui se comportaient comme des grands frères. Mais aujourd’hui, mon entourage est essentiellement composé de femmes. Et dans le rap féminin, j’ai beaucoup aimé Cardi B et j’adore Little Simz.

L’album s’intitule (K)NOT, un jeu de mots entre « lien » et « non ». Quels sont les liens que vous acceptez et quels sont ceux que vous refusez ?

Je refuse d’avoir honte d’être too much. J’accepte d’être plein de choses différentes. Je me sens beaucoup plus complète et plus libre.

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On comprend, en voyant vos clips et vos photos, que vous aimez vous déguiser. Comment trouvez-vous vos tenues ?

Je vais souvent dans les friperies. Et j’ai quelques pièces de marques.

Et si vous pouviez être l’égérie d’une marque de mode, laquelle serait-ce ?

J’ai beaucoup lu de mangas de la série Nana. Et dans cette série, l’héroïne porte énormément de Vivienne Westwood. Alors, si je pouvais choisir un label, ce serait celui-là. Je porte son « Armour Ring », une bague armure emblématique.

Blu Samu, (K)NOT, A63/Believe. En concert le 21 mars au Botanique.

 

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