Rencontre avec Vendredi Sur Mer, la nouvelle Vénus de l’électro-pop française

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©Pauline Caranton

Avec “Premiers émois”, son premier album, Vendredi sur Mer, aka Charline Mignot nous fait voguer sans pudeur sur des fleuves inconnus où l’amour coule à flot. Rencontre avec une jeune suissesse qui nous apprend à dégueuler nos sentiments sur du rap délicat.

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De la Suisse à Vendredi Sur Mer

A priori destinée à la photographie, la jeune artiste made in Suisse délaisse momentanément ses objectifs pour se concentrer sur ses couplets mélancoliques. Encouragée par son manager, elle balance “La femme a la peau bleue”, un titre qui flotte dans l’air et dans les têtes, et qui sera même choisi pour accompagner le défilé Sonia Rykiel en 2017. Et après un premier EP encensé et une tournée soulignée, celle qui est bien connu pour son parlé-chanté revient avec “Premiers émois”, un premier album rétro-sentimental qui nous replonge dans un univers proche de La boum.

Mieux qu’un téléphone rose de la tendresse, on a rencontré Vendredi sur Mer pour qu’elle nous susurre des mots doux à l’oreille. Et vous savez quoi ? Dire je t’aime n’est pas une insulte. 

nouvel album de vendredi sur mer

Profil de Face

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Rencontre

Ta vie avant de devenir Vendredi sur Mer, c’était quoi ?

Même si je ne chantais pas, aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours écrit. C’était assez personnel, un peu comme un journal intime. Après, je me suis naturellement tournée vers la photo. Encore étudiante, j’écrivais des couplets, je griffonnais des choses comme ça… sur des bouts de papiers. Puis j’ai rencontré mon futur manager, Paul, celui qui a fondé le label dans lequel je suis actuellement. Il a entendu une chanson que j’avais faite un peu pour rire. Bizarrement, il a adoré ! Il m’a absolument poussée à continuer dans cette voie qu’est la musique. Moi, j’étais plutôt curieuse de découvrir ce milieu, mais je ne me voyais pas du tout me lancer dans une carrière…. et puis me voilà avec mon album !

 

Et aujourd’hui, tu arrives à te définir comme une chanteuse ?

Oui, mais c’est compliqué parce qu’il y a plein de choses qui se mélangent. J’écris des chansons qui s’inspirent de mes expériences, je les chante, mais j’assure également l’image de Vendredi sur Mer. C’est une chose qui me tenait vraiment à coeur avec mon passé de photographe. Aujourd’hui, je suis donc également devenue la directrice artistique de mon projet. Ca me permet d’avoir un oeil sur ce que je veux vraiment montrer à mon public.

Du coup, t’es un peu control freak ?

Un peu… (rires) J’arrive pas trop à lâcher prise ou à déléguer, mais une fois que je fais confiance, je laisse carte blanche. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé avec Alice Kong. J’adorais son univers et je lui ai demandé de réaliser mes trois premiers clips. Pour le premier, “La femme à la peau bleu”, c’était un pari risqué, mais tellement réussi ! Je me dis que la musique, c’est un monde qui est fait de rencontres et qu’il faut en profiter pour faire fusionner les univers de chacun. Mais au quotidien, je travaille plus en “famille” et de manière conviviale avec des gens que je connais vraiment, comme mon manager.  

 

Et cette musique que tu crées en famille, tu la définis comment justement ?

La question ! (rires) Une fois  j’ai dit que c’était du rap délicat parce que je ne sais pas trop comment la définir. Et en même temps dans la musique d’aujourd’hui les barrières tombent. Si on regarde bien, le rap ça devient notre nouvelle chanson française. Les influences se mélangent et on se nourrit tous de plein de choses qui deviennent un mix difficile à définir.

 

Qu’est-ce qui a nourri Vendredi Sur Mer pendant ce premier album ?

Mes inspirations n’ont pas vraiment de limites. Ça peut être un film, une émotion, ma vie quotidienne, des gens que j’ai rencontrés, des réalisatrices, une peinture… Je me rends compte que ça touche surtout au ressenti. Après, je n’ai pas vraiment d’icônes en tête, par contre j’admire certaines tournures de phrases ou la manière d’employer les mots. Il y a des couplets qui me fascinent !

 

En parlant de phrasé, tu voulais faire une collab avec Nekfeu autrefois. Ca te dit toujours ?

J’ai lâché son nom en interview un jour plutôt pour illustrer le fait que plein de rappeurs m’intéressent. Mais je n’ai jamais vraiment pensé à un artiste avec qui je rêverai de faire une collab. Aujourd’hui en tout cas, je n’y pense pas. On verra demain !

 

Tu abordes des sujets assez intimes dans tes chansons. Les histoires d’amour, de cul, de séduction… c’est un peu autobiographique ?

Mes textes ont un peu muté, mais sur l’album “Premiers émois”, on retrouve les thématiques qui me sont chères comme l’amour, la haine, les sentiments parfois violents… J’aime bien dire que mes chansons sont universellement intimes. Je veux que chacun puisse se reconnaître dans ce que je raconte et y voir sa propre histoire. Mes chansons sont aussi construites comme des instants T, des ambiances uniques ou encore des osmoses. Quand on regarde mon album, on a l’impression qu’on vit une année, l’année de quelqu’un avec des hauts et des bas, des temps forts et des moments de doute…

Ton album est bouclé et bientôt c’est la saison des festivals. Toi, t’es plutôt scène ou studio ?

J’ai jamais vraiment fait de studio parce que je préfère toujours être à la mer ou à la campagne pour écrire. Mais j’adore ce moment où l’on finalise une chanson et qu’on l’écoute pour la première fois. C’est un peu un instant unique et suspendu. On a un sentiment de tâche accomplie. Mais je m’éclate aussi sur scène ! Ca me procure juste du plaisir differemment.

 

D’ailleurs sur scène, tu joues un personnage ?

Sur scène j’incarne Vendredi Sur Mer. Je suis plus sensuelle que dans la vraie vie. Mon allure, ma démarche, ma manière d’interagir… tout ça est très différent de ce que je peux être dans l’intime. Les vêtements, les danseurs, les poses… il y a vraiment un travail de mise en scène de moi-même.

 

On avait dit qu’on ne te la poserait pas, mais ça vient d’où Vendredi Sur Mer ?

Ca vient de mon besoin d’évasion. Vendredi Sur Mer c’est un peu une invitation au voyage et à la déconnexion. C’est la fin de semaine et des responsabilités, c’est le moment où peut se sentir plus libre que jamais.

 

Un souhait avec cet album ?

Que le public l’apprécie, c’est une chose, évidemment. Mais j’aimerai aussi vivre pleinement cet album. C’est un peu ma première pierre à l’édifice, mais je ne sais pas ce que je ferai ensuite. J’espère vraiment prendre le temps d’apprécier cet instant.

 

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