Interview : qui se cache derrière Voyou, le bad boy au coeur tout mou?

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©Pierre-Emmanuel Testard

Voyou, notre gangster préféré vient tout juste de sortir « Les bruits de la ville », un premier album qui nous fait chavirer ! De passage en Belgique, on en a profité pour l’interviewer. Entre ses bêtises d’enfance, ses croyances absurdes et ses guilty pleasure, cet arnaqueur s’est presque confessé !

 

Avec ses rythmes chaloupés, sa pop faussement naïve, ses textes semblables à des rêveries, et un premier album singulier, Thibaut Vanhooland aka Voyou a pris notre coeur en otage. Grand entretien avec ce loubard des mots bleus !

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Avant tout, on aimerait que tu nous parles de tes débuts en tant que Voyou.

J’ai commencé à faire de la musique très jeune. À l’âge de 5 ans, j’étais déjà inscrit au conservatoire de Lille. Je me suis donc formé pendant plus de 10 ans avant de commencer à jouer en tant que bassiste ou trompettiste pour des groupes au collège. Après le BAC je n’ai pas suivi d’études ou cherché un boulot. Je me suis tout de suite lancé dans des tournées avec pas mal de bands. Mais quand tu passes plus de temps en répète et à gérer des crise, tu perds ce qui te fait vibrer. Du coup je me suis lancé en solo. Je chipotais sur mes machines tout seul dans ma chambre et j’ai sorti mon EP en janvier dernier. Depuis je n’ai pas arrêté de tourner.

 

Et ce nom de scène, c’est vraiment celui d’un bad boy ?

On va dire que je peux être un vilain garçon pour certaines choses, mais je ne suis pas quelqu’un de fondamentalement mauvais. Tu sais, t’as le voyou au sens premier du terme, celui qui t’emmène en prison, et puis tu as le voyou genre sale gosse qui fait des bêtises, je suis plutôt celui-là. (rires)

 

Du coup, c’est quoi ta plus grosse bêtise ?

Je ne peux pas la dire ! (rires) Mais je te rassure, je n’ai jamais rien fait de très grave dans ma vie. C’est plutôt des petites conneries qui font sourire, comme le jour où j’ai inondé les trois étages de mon internat.

 

Ah oui quand même ! Et tu t’en es bien sorti ?

Écoute, c’est magique, je m’en suis sorti avec 6h de colle ! Ne me demande pas pourquoi, mais faut croire que se faire réveiller en pleine nuit parce que de la flotte lui coule sur le visage, ça a fait rire la CPE.

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photo de l'artiste voyou

Pierre-Emmanuel Testard

Et au-delà d’un voyou, tu te considères plus comme un chanteur ou comme un musicien aujourd’hui ?

C’est une très bonne question parce que je me la pose aussi aujourd’hui. Avant, quand on me demandait ce que je faisais dans la vie, je répondais toujours musicien. Et aujourd’hui encore, je passe beaucoup plus de temps à travailler mes mélodies, mes compositions et mes arrangements. Je me considère plutôt comme un musicien qui a du apprendre à chanter pour défendre ses titres. Mais je n’assume pas du tout l’image du “chanteur pour dame” et son côté un peu pédant et libidineux. (rires)

 

Mais sur scène, tu arrives quand même à prendre ta place en tant que chanteur ?

Oui, là c’est totalement différent. Sur scène je m’amuse à fond, je danse beaucoup, je raconte des conneries aux gens, je chante mes morceaux, je joue plein d’instruments… Je ne me pose plus la question de ce que je représente quand je suis devant un public.

 

Et ta musique justement, tu la définis comment ?

Je la vois comme un terrain de jeux dans lequel je me permets d’expérimenter tout et n’importe quoi. Du coup dans mon nouvel album il y a des morceaux avec des sonorités latines, d’autres plus africaines, parfois électroniques, ou encore de variet… Je me balade un peu entre les styles et les genres, mais globalement, on peut dire que je fais de la pop électro.

 

Tu parles d’influences un peu mondiales dans ta musique, mais dans la vie, tu es du genre globe-trotteur ?

 Oui j’ai pas mal voyagé et j’ai eu la chance de défendre les morceaux de mon premier EP dans plusieurs pays et continents. En général, j’ai énormément besoin de sortir de mon quotidien, de voir d’autres décors, d’autres manières de vivre et d’autres façons de penser pour me réinventer. Je ne peux pas me limiter à ma petite personne et à mon cercle d’amis qui s’étend à 10km autour de moi.

 

“Et si on s’emmène avec toi” (titre d’une chanson) , tu nous embarques où ?

Dans la campagne japonaise parce que je n’y suis jamais allé et je ne vois pas pourquoi il n’y aurait que vous qui découvririez quelque chose de nouveau ! 

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Question texte, tu écris pas mal de chansons d’amour, c’est en partie autobiographique ?

Oui parce que c’est de l’ordre de l’intime, mais ça ne vient jamais que de moi. Ma parole n’est pas universelle, je ne suis pas le messie. Je puise donc énormément dans les histoires des autres et dans ce qui peut parler à tous. Dans “Seul sur ton tandem”  (titre d’une chanson), je ne parle pas forcément de la séparation d’un couple, ça peut aussi faire référence à la perte d’une personne chère à votre coeur. J’essaie juste de donner des clés pour appréhender ce genre de situations, et puis les gens en font ce qu’ils veulent.

 

Et aujourd’hui “Seul sur ton tandem”, il te manque quoi ou qui ?

Sur mon tandem à moi ? Euh… bah moi je suis complètement célibataire ! (rires)

 

Ah mais je ne parlais pas forcément d’amour, enfin sauf si tu veux faire passer un message aux lectrices !

C’est juste ! (rires) Mais comme la chanson est axée là-dessus, je pensais que tu me demandais si j’avais une meuf ! Du coup, je dirais qu’il me manque du temps à passer avec mes amis et ma famille. J’aimerai voir plus souvent mes neveux et nièces par exemple.

 

Une de tes chansons s’intitule “Lille”, c’est ta ville de coeur ?

Lille c’est là où je suis né, où j’ai grandi et dans le Nord on a vraiment ce sentiment de fierté par rapport à notre appartenance à cette région. Ensuite, je suis partie à Nantes, là où je suis devenu musicien et où je me suis formé. Maintenant, il y a Paris que je suis en train de découvrir en ce moment. J’ai toujours besoin de bouger sinon j’ai l’impression d’étouffer. J’ai d’ailleurs vachement hésité à venir à Bruxelles, mais ce n’était pas compatible avec mon projet professionnel. Mais je suis certain qu’un jour j’aurais envie d’habiter dans cette ville que je connais depuis tout petit et où j’ai déjà plein de potes !

 

Un autre de tes morceaux se nomme“Légende urbaine”, il y en a une à laquelle tu crois vraiment ?

Full ! Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai déjà envie de croire à toutes les légendes urbaines concernant Marilyn Manson comme celles qui disent qu’il écrasait des poussins avant de monter sur scène. Ça me fait marrer ! Après je crois aussi à la légende selon laquelle l’inventeur du Segway est mort en Segway. Je trouve ça tellement beau que je n’ai même pas envie de checker, je veux juste y croire. Après il y en a plein d’autres débiles de pop culture comme le fait que Michael Jackson et Tupac soient encore vivants, que Stanley Kubrick ait filmé les premiers pas sur la lune… En fait ce que j’adore dans les légendes urbaines, c’est le concept. T’imagines ? Des gens inventent des trucs débiles et énormes, les rumeurs prennent de l’ampleur et au final tout le monde en a entendu parler et certaines personnes y croient. C’est génial !

 

On dit qu’Avril Lavigne est morte et qu’on l’a remplacée par un sosie, tu y crois ?

Ah ouais ?! bah écoute, maintenant j’ai envie d’y croire à fond, oui ! (rires)

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Il y a des artistes qui t’ont un peu façonné ?

Beaucoup d’artistes m’ont inspiré à des moments différents de ma vie, mais je n’ai jamais été groupie. À cause ou grâce au conservatoire, j’ai énormément développé mon oreille donc je fais beaucoup plus attention à la mélodie qu’aux paroles ou aux artistes.

 

Pas de posters dans ta chambre quand tu étais plus jeune alors ?

Pas vraiment… Enfin si, mais je n’ose même pas en parler tellement c’est teenager…. J’étais dans une vibe rock et j’avais des affiches de System Of A Down, des White Stripes, un poster de M et un de Che Guevara ! (rires)

 

Et en ce moment, il y a quoi sur ta playlist ?

Un pianiste qui s’appelle Kiefer, une rappeuse qui s’appelle Noname, et toujours et inlassablement la pianiste éthiopienne Emahoy Tsegué-Maryam Guébrou !

 

Tu nous avoues ton guilty pleasure ?

C’est “I’m with you” d’Avril Lavigne… Oui je sais, c’est chaud ! Mais cet espèce de slow bien mielleux et dégueu est revenu en soirée un jour et je l’ai trouvé incroyable. Ça m’a rappelé quand j’étais jeune et débile.

 

Et un morceau que tu pourrais écouter sans jamais te lasser ?

“C’est normal” de Brigitte Fontaine et Areski, je pourrais l’écouter à l’infini !

Une collab dont tu rêves ?

Je n’ai pas vraiment de collab rêvée parce que j’estime que ça doit arriver comme ça, que ça ne se force pas… Mais j’aimerais bien faire de la musique avec Quincy Jones ou un feat avec Jorja Smith… Après je pense que je kifferais plus bosser sur leurs projets à eux que faire des feat.

 

Un compte insta qu’on doit absolument suivre en 2019 selon toi ?

Le compte de @ouaijevoisouai. Ce mec fait les stories les plus drôles de la terre !

 

Et à part la musique, t’es doué pour quoi ?

Mais tellement de choses, si tu savais ! (rires) J’aime beaucoup dessiner, faire des petites animations même si la manière de les faire est un peu primitive, faire de la couture quand j’ai le temps et puis faire des blagues.

 

On t’écoute ! 

Non, pas raconter des histoires drôles, mais plutôt faire le pitre avec mes amis…

 

On en revient donc aux petites bêtises de voyou ?

 Évidemment !

 

Envie d’en savoir plus sur ce bad boy au grand coeur ? Montrez-lui votre love en le suivant sur youtube , instagram, et en vous offrant son nouvel album « Les bruits de la ville » !

 

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