Lueur d’espoir : le nombre de jeunes filles victimes de mutilations génitales est en baisse

par Sophie Demanet
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©Getty Images/Pacific Press

L’excision, ou plus globalement « mutilation génitale féminine », est une pratique aussi monstrueuse que douloureuse et considérée comme une violation des droits de l’Homme. Pourtant, Les MGF/E sont encore pratiquées dans les 29 pays où elles sont conformes aux traditions et aux normes sociales instaurées. Si l’Unicef estimait encore le nombre de ses victimes à 200 millions de femmes et de jeunes filles en 2016,  des études nous indiquent que le taux d’excision a fortement diminué depuis 1990.

Selon une enquête, les chiffres seraient très encourageants et annonciateurs d’un réel recul de cette pratique ancestrale. Une grande victoire dans cette bataille mondiale pour les droits fondamentaux des femmes.

 

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Une souffrance au nom de la tradition

L’excision est une « intervention qui altère ou lèse intentionnellement les organes génitaux externes de la femme pour des raisons non médicales »*. Elle est réservée aux jeunes filles sur le point de se marier dans l’intention de les rendre « pures » aux yeux de leur futur époux. Une sorte de rite de passage à l’âge adulte que les jeunes filles peuvent se voir infliger dés l’enfance. L’ablation du clitoris seul est parfois accompagnée de d’autres mutilations risquées servant à préserver la virginité de la jeune fille.

La barbarie de cette coutume vieille de plusieurs siècles et pourtant interdite est justifiée par l’attachement des pays à sa dimension traditionnelle, culturelle et religieuse. Sa survie provient de plusieurs éléments : la pression sociale et le tabou qui gravitent autour du sujet ainsi que les croyances très encrées dans certaines communautés. On défend sa présence par la médiocre considération du plaisir sexuel féminin. L’excision est également un moyen pour les hommes de contrôler la sexualité de leurs femmes et d’accentuer leur propre plaisir.

 

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De conséquences lourdes et douloureuses

Parmi les facteurs qui empêchent son éradication totale : le manque d’information à propos de ses conséquences sur la santé, pourtant désastreuses. En dehors du traumatisme psychologique qu’elle déclenche, l’excision peut ensuite provoquer chez la victime des souffrances d’une violence extrême et ce, durant toute sa vie.

Elle peut aussi donner lieu à toutes sortes d’effets secondaires telles que l’infertilité, les problèmes vaginaux, l’incontinence, des saignements abondants ou encore des infections graves. On remarque souvent l’arrivée de complications durant la grossesse et l’accouchement allant même parfois jusqu’à entraîner la mort du bébé. Le taux de décès périnataux chez les nouveau-nés est en effet plus élevé chez les femmes excisées.

 

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Un combat qui n’est pas vain

Les organisations internationales telles que l’ONU, l’Unicef et l’OMS considèrent l’excision comme une dangereuse mutilation portant atteinte à l’intégrité physique des filles et des femmes. Et qui plus est, une violation grave de la Convention relative aux droits de l’enfant. Depuis 1997, plusieurs déclarations conjointes ont été réalisées afin de condamner les actes de mutilation génitale. Notamment celle de l’Assemblée générale des Nations Unies qui a adopté une résolution sur l’élimination des mutilations sexuelles féminines en décembre 2012.

Les conséquences néfastes et catastrophiques des actes de mutilation sont bien souvent inconnues des populations qui les pratiquent. Pour réussir à atteindre l’abandon de l’excision, l’OMS à décidé de se baser sur des données factuelles récoltées. L’organisation a donc mis en place des outils destinés à renforcer les systèmes de santé et à informer d’avantage le personnel soignant.

 

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Des chiffres qui font du bien

Selon une enquête** publiée par le British Medical Journal Global Health en 2018, les politiques nationales et internationales mises en place semblent porter leur fruit. L’enquête a été réalisée sur 208 195 enfants âgés entre 0 et 14 ans dans 29 pays d’Afrique et deux pays en Asie Occidentale. Il a été observé que la fréquence de FGM/E parmi les enfants a grandement varié entre les pays et les régions au cours des périodes d’enquête.

De 1995 à 2016, la fréquence a diminué de 71.4 % à 8.0 %  en Afrique orientale. En Afrique du Nord, de 57.7 % en 1990 à 14.1 % en 2015. Et en Afrique occidentale, elle a baissé de 73.6 % en 1996 à 25.4 % en 2017 ! La baisse de la fréquence de FGM/E la plus élevée se trouve donc en Afrique orientale, suivie par l’Afrique occidentale et l’Afrique du Nord. Les résultats de l’analyse dans les autres régions/pays montrent eux aussi un changement significatif vers le bas. Même s’il est plus lent à certains endroits, le déclin évident de la pratique ranime l’espoir de la voir un jour disparaître totalement.

*Sources d’informations

**Enquête complète sur les mutilations génitales.

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