L’avortement est désormais considéré comme un crime en Georgie et dans l’Alabama. Et oui, c’est grave.

par Maëlys Peiteado
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L’État américain a voté pour une interdiction quasi-totale de l’avortement, même en cas de viol ou d’inceste.

Le contrôle du corps des femmes gagne du terrain aux Etats-Unis. En Alabama, les élus locaux ont voté à 25 voix contre 6 pour une interdiction quasi totale de l’avortement. Et ce, même en cas de viol ou d’inceste. L’interruption de grossesse sera tolérée uniquement si la santé de la mère est en danger.

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Les médecins condamnés entre 10 et 99 ans de prison

C’est l’une des loi anti-avortement les plus restrictives jamais votées dans le pays. Celle-ci, discutée depuis plusieurs semaines, menace les médecins de peine comprises entre 10 et 99 ans de prison.

 

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Le texte doit encore être approuvée par la gouverneure de l’Alabama, Kay Ivey. L’élue républicaine n’a pas précisé officiellement si elle allait faire adopter le texte, indiquant seulement qu’elle prendrait sa décision après avoir lu la version finale de celui-ci.

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Des réactions en chaîne

La candidate démocrate à la présidentielle 2020, Kamala Harris, a réagi sur Twitter :

« Nouvelle scandaleuse venue d’Alabama. Cette loi pourrait effectivement interdit l’avortement dans l’Etat et criminaliser les docteurs qui feraient leur travail, soit fournir une assistance médicale aux femmes. »

 

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Même colère du côté de cette ancienne candidate de la primaire démocrate en 2016 :

« La guerre des républicains contre les femmes continue (…). Ils n’attendent pas de cette loi qu’elle entre en vigueur mais qu’elle persuade la Cour suprême de contester la loi RoeVWade ».

« Rien de mieux que la représentation des femmes qui… Oh. Attendez. C’est pas grave. », a ironisé le comédien Gary A Williams.

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Objectif Cour suprême

Depuis l’investiture de Donald Trump, les droits des femmes en matière d’avortement ne cessent d’être remis en question. La semaine dernière, c’est la Géorgie qui passait une loi interdisant l’avortement après six semaines de grossesse, soit des les premiers battements de coeur du foetus. Celle-ci doit entrer en vigueur le 1er juin prochain. Très restrictive, la loi a provoqué une vague d’indignation, notamment à Hollywood.

 

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L’actrice Alyssa Milano a même appelé à une « grève du sexe » pour contester la mesure conservatrice. Autre exemple tout récent dans l’Ohio, cette « heart beat bill » (loi du battement de coeur) a empêché une fille de 11 ans, tombée enceinte après avoir été violée, de mettre fin à sa grossesse.

L’objectif des États républicains qui instaurent des lois restrictives similaires ? Que la Cour suprême des États-Unis reconsidère ce droit datant de 1973. Et comme la plus haute instance judiciaire américaine est désormais à majorité républicaine, ils pourraient bien avoir gain de cause.

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