Chambres à la déco léchée, espaces où l’on télétravaille jusqu’à l’heure de l’apéro, rooftop pour prolonger la soirée : à Bruxelles, l’ancienne tour IBM de Saint-Josse a radicalement changé de vie. Devenue l’une des adresses où les Bruxellois aiment autant se retrouver que séjourner, elle dessine une autre idée de l’hôtel urbain. Et du staycation.
Pour comprendre l’essence des hôtels Hoxton, il faut remonter à Londres en 2006. Dans le quartier alors en pleine effervescence de Shoreditch, la première adresse de la marque fait un pari qui n’a rien d’évident pour l’époque : ouvrir son lobby au-delà des seuls clients de l’hôtel. On y vient pour boire un café, retrouver quelqu’un, travailler quelques heures. Vingt ans et dix-neuf adresses plus tard, de Londres à Bruxelles, en passant par Paris, Berlin et New York, l’idée n’a pas pris une ride. L’hôtel n’est plus seulement un endroit où l’on dort, mais un lieu qui s’inscrit dans le quotidien de la ville. Inauguré en mai 2023, le Hoxton Brussels en livre une interprétation particulièrement aboutie.
Les chambres, version appartement
À Bruxelles, l’hôtel occupe la Victoria Tower, ancien siège européen d’IBM, et fait face au Jardin botanique, dans le quartier de Saint-Josse-ten-Noode. Plutôt que de gommer ce passé brutaliste, la maison a choisi de le laisser parler : poutres en béton apparentes, géométrie des fenêtres, volumes généreux.

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Pour habiller l’ensemble, le studio créatif AIME a puisé dans l’esthétique des années 70 et en a gardé l’esprit. Du bois aux tonalités chaudes, des courbes, des motifs graphiques et des couleurs qui n’ont pas peur de s’affirmer composent un décor à la fois rétro et résolument contemporain. Une esthétique qui se prolonge jusque dans les chambres, réparties entre les 13e et 21e étages, avec Bruxelles en toile de fond.

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Poussez la porte d’une chambre et la première chose qui frappe, c’est l’absence d’une décoration standardisé. Ici, les chambres d’hôtel ont tout d’un appartement dont on aimerait avoir les clés. À l’intérieur se mélangent paravents en verre cannelé, grands meubles en noyer, suspension en rotin en forme de fleur, tête de lits à motifs et téléphone à cadran pour le clin d’oeil rétro. Sans oublier des salles de bains qui valent le détour, avec terrazzo coloré, robinetterie vintage, lavabo rose ou encore baignoire ronde noire face à la fenêtre.
Un lieu de vie ouvert sur la ville
Signature de la marque, le lobby est avant tout pensé comme un véritable salon ouvert sur la ville, une pièce de vie à part entière où les voyageurs, les habitués du quartiers et les visiteurs d’un jour se croisent. À Bruxelles, on s’installe près du bar dans de confortables fauteuils recouverts de velours terracotta, sous des anneaux lumineux suspendus, au milieu d’une jungle de plantes dans un décor digne d’un film de Wes Anderson.

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Et si depuis toujours, les lobbies du Hoxton servent de bureau officieux aux freelances armés de laptops. Le groupe hôtelier a fini par formaliser la pratique avec Working From_, son concept de coworking. Dans la capitale, il occupe cinq étages de la tour, avec des postes en open space, des bureaux privés, des salles de réunion ainsi que des espaces de pause et cuisines communes à chaque niveau. Le décor, signé par le même studio d’architecture d’intérieur, reprend le vocabulaire brutaliste et les motifs seventies du lieu. Dès le matin, l’endroit se remplit de freelances, de créatifs et de duos en brainstorming, l’ordinateur ouvert entre deux cafés. De quoi travailler dans un cadre autrement plus inspirant que celui d’un open space standard, et peut-être même plus efficacement qu’à la maison.

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Côté restauration, on retrouve la même logique : plusieurs ambiances, plusieurs heures de la journée, un public mixte. Au rez-de-chaussée, Cantina Valentina, revisite la cuisine péruvienne tandis qu’au dernier étage, Tope, la taqueria perchée sur le toit, est le spot de fin de journée avec ses happy hours et ses DJ sets du week-end. Des lieux de rendez-vous aussi bien pour les clients de passage que pour les Bruxellois du coin.
Autre illustration de cette volonté de faire déborder l’expérience hôtelière au-delà du séjour : la collaboration avec Lacoste. Lancée en septembre dernier dans les 19 hôtels de la marque, la collection “Room Service” réunit sept pièces dont une version revisitée du polo, des tee-shirts, des hoodies, des pyjamas et un peignoir, imaginées avec l’artiste californien Michael McGregor, connu pour ses illustrations colorées inspirées de la papeterie et des cartes d’hôtel.

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Un concept poussé jusqu’au bout puisque les vêtements se commandent depuis sa chambre, via la carte du room service, comme on commanderait un club sandwich ou son croissant matinal. Il faut donc avoir séjourné à l’hôtel pour se l’offrir, de quoi prolonger l’expérience bien après le check-out.