The Looming Tower, nouvelle série prometteuse avec un gros « mais »

marieclaire_the_looming_tower
©Hulu

Dans la veine de Homeland, la nouvelle série Hulu The Looming Tower, qui traite les événements qui ont mené aux 11 septembre, arrive comme une bouffée d’air frais dans l’univers des séries d’espionnage. Oui mais, il y a un « mais ».

Le pitch

Adaptée du livre 2006 de Lawrence Wright, la série The Looming Tower raconte l’histoire des agents du FBI John O’Neill (incarné par Jeff Daniels) et Ali Soufan (incarné par le frenchie Tahar Rahim, dont on salue la performance au passage) et leurs homologues de la CIA, alors qu’ils commencent à suivre la menace Al Qaeda et Oussama Ben Laden dans les années 1990.

John O’Neill est un agent du FBI new-yorkais, à la fois irascible et brillant, qui dirige l’équipe de l’I-49, une équipe d’agents qui suivent la menace extrémiste islamique. Ali Soufan, lui, est un agent assez nouveau au FBI, né au Liban, et donc l’un des rares agents du FBI à parler arabe, ce qui en fait rapidement un élément indispensable pour suivre les traces d’Al Qaeda.

 

Lire aussi: « On a lu pour vous le nouveau Joël Dicker, « La disparition de Stéphanie Mailer » »

 

Une certaine nuance

L’ambiance est assez vite installée: les agents comprennent qu’ils sont face à quelque chose de grave, et ça ne loupe pas. Le premier épisode se termine sur les attentats extrêmement meurtriers des ambassades américaines de Dar Es Salam, Tanzanie, et Nairobi, Kenya, en 1998.

Ce que l’on apprécie assez rapidement, c’est que The Looming Tower ne commet pas (complètement) l’erreur de tomber dans la manichéisme caractéristique des films et séries d’espionnage américains. Les personnages sont nuancés, montrés avec leurs nombreux défauts. Les services de renseignements américains (FBI et CIA) sont clairement pointés du doigt pour leur manque de collaboration qui sera, en grande partie, responsable de l’inefficacité pré-11 septembre.

 

Lire aussi: « Pourquoi il faut regarder « The End of the F***ing World » »

 

Quant aux terroristes, ils ne sont pas montrés comme de grands méchants sanguinaires. Ils ont des enfants, sont des enfants, vont devenir papas et sont rongés de doutes, comme des êtres humains.

Le « mais »

Mais voilà, au risque de sonner comme un disque rayé: où sont les femmes? Elles sont à la maison, à attendre leur petit agent du FBI qui leur fera l’amour tendrement en rentrant, elles sont trompées par ces mêmes agents, elles sont niaises, elles sont laissées au restaurant avec un « désolé, c’est pour le travail, je dois y aller » mystérieux,…

Et quand elles sont dans l’action, enfin parties prenantes à l’enquête, elles jacassent à propos des yeux bleus de Peter O’toole dans le film Lawrence d’Arabie pendant une réunion charnière à la CIA, ou elles sont soumises et dévouées à leur supérieur hiérarchique (masculin, of course). Et voilà encore une fois un exemple de sexisme sous-jacent, invisible tellement il est imprégné dans l’inconscient collectif, au même titre qu’un « quoi, tu t’es fait battre par une fille? »

Pourtant ce n’est pas faute d’avoir cherché des explications à la triste représentation de la femme dans The Looming Tower: « les personnages réels étaient des hommes », « les femmes de pouvoir vont arriver », « ah justement, en voilà une. Ah non, elle est morte. » Mais force est de constater qu’après 6 épisodes sur 10 dans cette première saison, on commence à être à court d’excuses.

The Looming Tower, chaque mercredi sur Hulu.

| | | |
Tags: 11 septembre, Attentats, Culture, Série, Séries, Tahar rahim.