Le rôle de la thérapie sur l’éjaculation précoce
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Le rôle de la thérapie sur l’éjaculation précoce

Temps de lecture: 4 min

Bientôt cinquante années ont passé depuis les années 60 et la révolution sexuelle. Paradoxalement, même si le thème de la sexualité est largement abordé dans les différents médias, il n'en reste pas moins vrai qu'une certaine gêne demeure lorsqu'il s'agit d'aborder les problèmes sexuels ou les difficultés liées aux relations sexuelles.

Parmi les difficultés les plus courantes, et souvent les plus pénibles pour les deux partenaires, se trouve l’éjaculation précoce. Abordons ce problème avec franchise.

Qu’est-ce que l’éjaculation précoce exactement ?

L’éjaculation est par définition cette étape cruciale (et souvent finale) au cours de laquelle le sperme est évacué par le pénis. Bien que cela ne soit pas systématique, elle correspond le plus souvent avec l’orgasme masculin et peut également concorder avec l’orgasme féminin. Cette situation d’osmose orgasmique est évidemment perçue comme un idéal en matière de relation sexuelle épanouie. Cependant, en réalité, l’orgasme masculin se produit souvent avant celui de sa partenaire, ce qui n’empêche pas d’avoir une relation plaisante. Dans certains cas, toutefois, l’éjaculation intervient très rapidement lors du rapport sexuel (dans les premières minutes, voire les premières secondes). Dans ce cas, on parle d’éjaculation précoce.

Le rôle de la thérapie sur l'éjaculation précoce - 1

Pourquoi est-ce un problème ?

Lorsqu’elle se produit, l’éjaculation précoce engendre un sentiment de frustration pour les deux partenaires. La femme parce qu’elle n’a pas eu le temps d’éprouver beaucoup de plaisir, l’homme parce qu’il a honte de cette triste performance. Si les partenaires sont proches et complices, ils pourront prendre la chose avec humour, si elle ne se reproduit pas souvent. En revanche, lorsque le rapport se solde quasi systématiquement par une éjaculation précoce, l’humour risque de ne pas suffire et les conséquences peuvent être plus lourdes :

  • perte de l’estime de soi
  • angoisse à l’idée d’avoir des relations sexuelles
  • irritation
  • infidélité

Comment peut-on résoudre cette difficulté ?

Dans un premier temps, il est très important de pouvoir définir les causes du problème. Dans l’immense majorité des cas, ces causes sont liées au psychisme de l’individu, lequel impacte considérablement la quantité de sérotonine présente dans l’organisme et plus particulièrement dans le cerveau. Par ailleurs, des études ont montré une corrélation évidente entre l’éjaculation précoce et le taux de sérotonine. Plus le taux de sérotonine est bas, plus la durée de l’acte sexuel avant l’éjaculation sera courte. Inversement, une quantité élevée de sérotonine permettra un coït plus long.

Certains aliments favoriseraient la production de cette protéine responsable de la neuromodulation, notamment les bananes et les tomates. De plus, la pratique régulière d’une activité physique engendre une amélioration de la production de sérotonine par l’organisme. Dans le meilleur des cas, la situation peut donc évoluer positivement en améliorant l’équilibre alimentaire et notamment en intégrant une plus grande quantité de fruits et légumes dans les repas. Il est évidemment grandement bénéfique de pratiquer également une activité physique régulière. Pas besoin de s’inscrire dans une salle de fitness, une demi-heure de marche rapide chaque jour a déjà un impact favorable sur le corps.

Malheureusement, si ces changements mineurs peuvent avoir un effet bénéfique dans la lutte contre l’éjaculation rapide, ils peuvent s’avérer insuffisants dans certains cas, et notamment si le sujet souffre d’une maladie psychique.

L’influence du psychisme sur l’éjaculation

La difficulté, voire l’impossibilité de se retenir d’éjaculer a souvent des causes psychiques. Et c’est pour l’homme souffrant de ce type de problème un véritable cercle vicieux. Au départ il peut y avoir un désir de performance auquel vient se greffer une crainte de l’échec. Ce qui peut simplement se traduire ainsi : l’homme veut tellement éviter l’éjaculation précoce qu’il se focalise dessus… et c’est forcément ce qui se produit ! Cette crainte de l’échec est augmentée avec une partenaire hostile, qui va critiquer sa contre-performance et engendrer ainsi une réaction inverse à celle envisagée, l’éjaculation précoce a donc de plus fortes chances de se produire lorsque le ou la partenaire est défiante.

Les origines psychiques de l’éjaculation précoce

Par ailleurs, l’individu souffrant de ce trouble de la sexualité a souvent un point de vue erroné sur le processus du plaisir féminin. Il pense être le seul garant de la jouissance féminine, considère le coït comme l’aboutissement inévitable d’un rapport sexuel et a souvent un point de vue réducteur sur le plaisir de la femme, son objectif étant l’orgasme à tout prix. Ces croyances l’amènent à un comportement sexuel inadapté qui engendre inévitablement de la frustration chez les deux parties.

Traiter l’éjaculation précoce par la thérapie

Dans le cadre d’une psychothérapie, on découvre que la majorité des patients souffrants d’éjaculation prématurée ont eu de premières relations sexuelles non épanouies : crainte d’être découvert, relation avec des prostituées, pratique du coït interrompue par crainte d’une grossesse non désirée, etc. Les blessures fondamentales de l’ego ainsi engendrées peuvent nécessiter l’aide d’un professionnel de la santé. Le patient en couple envisagera plus probablement une thérapie de couple étant donné le rôle déterminant de sa partenaire. Pour un individu qui n’est pas engagé dans une relation durable, cela est malheureusement exclu.

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Existe-t-il des remèdes fiables ?

Sur le plan purement physique, il est possible de se livrer à des exercices simples en vue d’améliorer la rétention de l’éjaculation. Les muscles qui permettent de contrôler cette étape du rapport sexuel sont appelés plancher pelvien et les exercices qui suivent s’adressent évidemment aux messieurs.

Exercices à la maison

Il est possible de les isoler grâce à la technique suivante : lorsque vous urinez, cessez la miction au milieu du jet, les muscles que vous utilisez sont les mêmes que ceux qui servent à contrôler l’éjaculation. Une fois que vous avez réussi à identifier les muscles du plancher pelvien, il ne vous reste plus qu’à les rendre plus puissants. Des séries de répétitions muscleront votre plancher pelvien : contractez 3 secondes, relâchez, répétez l’opération 10 fois de suite. Faites cet exercice plusieurs fois par jour jusqu’à avoir une sensation de contrôle de vos muscles de rétention.

Existe-t-il des traitements médicamenteux ?

Dans le cadre d’un suivi médical, il est possible de se faire prescrire un traitement adapté. Il a été établi que les médicaments qui servent à traiter la dépression donnent de bons résultats. Vous pouvez aussi utiliser un gel anesthésiant que vous appliquerez sur le pénis en érection avant le rapport sexuel.