Elle appartient à la royauté hollywoodienne. Dans « Wednesday », saison 2, elle redonne à Morticia Addams une dose de glamour supplémentaire. Catherine Zeta-Jones a trouvé le trait d’union entre le public qui la suit depuis ses débuts et les nouvelles générations de fans. Interview exclusive.
Au moment de l’interview par Zoom, Catherine Zeta-Jones se trouve à Bilbao, en Espagne. Elle y tourne une nouvelle série, « Kill Jackie », où elle tient le rôle principal. Je la complimente sur sa tenue, une belle blouse vaporeuse, noire avec des étoiles blanches. Elle me confie qu’il s’agit de son look noir et blanc pour « Wednesday », qui a lancé sa saison 2 en août et livrera une suite dès le 3 septembre sur Netflix. « Toute ma vie, j’ai toujours été très heureuse de porter du noir et parfois, j’ai dû me forcer pour mettre de la couleur dans mes tenues. Sur le tournage de « Wednesday », la plupart des membres de l’ équipe s’habillait en noir. » Je lui rappelle l’avoir déjà interviewée à deux reprises, l’une à Los Angeles pour « Ocean’s Twelve » et l’autre, à Rome pour « No Reservation ». Elle se souvient de ces press junkets-là qui étaient réellement mémorables. Et me demande où je vis en Belgique. Tout en me rappelant que sa défunte belle-mère, Anne Buydens-Douglas, l’épouse de Kirk Douglas, était belge. J’en déduis que Catherine, d’origine galloise, a de la sympathie pour ce qui vient de Belgique.
Comment est-ce de faire partie du monde de Tim Burton ?
Je me sens honorée. Lorsque mon agent m’a dit que Tim Burton voulait me parler, je savais que quoi qu’il me proposerait comme projet, ce serait oui. Et il m’a parlé de cette série « Wednesday » et du rôle de Morticia Addams. J’ai toujours de suite demandé quand on débutait le tournage. Beaucoup de gens m’ont demandé comment était-ce de travailler avec Tim Burton et je ne pouvais que répondre à quel point il est adorable et toujours extrêmement bien préparé. Et pour quelqu’un qui est internationalement respecté, il est tellement ouvert à la collaboration. On ne se sent pas intimidé par son génie. Et il en est vraiment un. Travailler avec lui est un pur plaisir. Sur le tournage, tout le monde a de l’enthousiasme à collaborer avec lui. Moi, j’ai grandi avec ce show, mais ma mère et ma grand-mère l’a connu aussi. Et voir cela à travers les yeux de Tim Burton et dans la peau de mon personnage, Morticia, et collaborer avec des personnes aussi étonnantes, c’est un régal.
Parmi les différentes versions de la « Famille Addams », vous êtes vraisemblablement la Morticia Addams la plus glamoureuse.
C’est très gentil. Sous la direction de Tim Burton, nous découvrons quelque chose d’autre de cette famille Addams. Ce sont, initialement, des personnages de bande dessinée et Tim s’est appuyé sur ça plus que sur les adaptations cinéma précédentes. Et en tant qu’acteur, il y a davantage moyen d’incarner ces personnages. Et c’est vraiment plaisant à jouer. Morticia fait grâce au monde de sa présence. Et le scénario, avec des allers et retours, permet de mieux la connaître. Elle est à un stade où ses deux enfants vont à l’école et elle se demande ce qu’elle peut bien faire de sa vie. En fait, elle vit quelque chose de très moderne pour une femme de son âge ou du mien (Ndlr : elle a 55 ans). Et pour moi, ce qui fait son charme à cette famille, c’est qu’elle apparaisse comme très moderne. Elle embrasse les différences, les idiosyncrasies, les exclusions. La différence est quelque chose de bien dans ce monde.
« Je suis heureuse que ma carrière m’ait menée à Hollywood »
Lorsque Morticia dit à Wednesday : « Je ne suis pas ton ennemie, je suis ta mère », avec un sourire un peu ironique, n’est-ce pas un message freudien ?
Oui. Si je me réfère à ma relation que j’ai avec ma fille, qui ne ressemble en rien à celle de Morticia avec Wednesday, mais comme mère, vous apparaissez parfois aux yeux de votre fille comme ne pouvant pas être meilleure, ni plus intelligente. Et la minute d’après, vous êtes la personne la plus bête, celle qui essaie de vous écraser et de vous dire quoi faire. Donc, il faut naviguer dans les remous et les turbulences de la parentalité. Mais ce qu’il y a de mignon dans cette nouvelle saison, c’est que nous avons l’arrivée de la mère de Morticia qui apporte une nouvelle dynamique.
Du reste, dans cette saison 2, votre présence à l’écran est beaucoup plus considérable.
Et j’en suis ravie. Lorsque j’ai reçu le script, j’ai vu tout ce qu’il y avait comme scènes supplémentaires pour Morticia et Gomez, son mari, et c’était formidable.
« La différence est quelque chose de bien dans ce monde »
Vu le succès de la première saison, les fans sont fort impatients et excités à l’idée de découvrir la saison 2, sa première partie comme sa seconde.
Je pense qu’ils ne seront pas déçus. Il y a tellement de nouveaux personnages géniaux et je trouve aussi qu’il y a plus d’attention portée aux costumes et aux décors. On est un cran au-dessus. C’est vraiment de la grande œuvre. Et je suis certaine que cela parlera à beaucoup de monde. De plus, les fans ont dû patienter longtemps puisque nous avons eu la grève des acteurs et des scénaristes à Hollywood. Et ensuite, il fallait trouver les disponibilités de chacun pour reprendre le travail. Donc, cela a pris un peu de temps mais je crois que cela en valait la peine.
Cette année, on vous verra aussi dans « The Gallerist », signé par Cathy Yan, où vous jouez à nouveau en compagnie de Jenna Ortega mais aussi de Natalie Portman.
J’ai vraiment du plaisir à travailler avec Jenna. Ici, il s’agit d’un film choral. Nous l’avons tourné principalement à Paris avec cette jeune réalisatrice très douée. C’était passionnant. On a eu beaucoup de répétitions pour des scènes longues et comprenant beaucoup de mouvements chorégraphiés mais aussi des plans séquences.
Ces dernières années, on constate que les actrices de votre génération trouvent enfin de bons rôles dans de bons films. Ce qui n’était pas le cas auparavant. L’avez-vous ressenti aussi ?
Bien sûr. Je crois que le streaming y a contribué en proposant notamment un plus large canevas où les actrices quadragénaires ou quinquagénaires ne tombaient pas en disgrâce. Je vois aussi qu’il y a davantage de rôles secondaires intéressants et plus uniquement des rôles principaux. Ce que je trouve bien puisque je gravite autour de ce genre de rôles. Cependant, depuis mars, je tourne « Kill Jackie » où je tiens le rôle principal et suis de toutes les scènes. C’est une série que je tenais absolument à faire. « Wednesday » m’a conduite vers un nouveau public, plus jeune. C’est évident que les gens qui étaient fans de moi à l’époque de « Zorro » ont grandi et vieilli. Mais ce qui est formidable avec « Wednesday », c’est que cette série est intergénérationnelle. Le public va des enfants de moins de dix ans aux grands-parents. Et ce genre de divertissement est vraiment rare.
Habituellement, on dit de vous que vous appartenez à la monarchie hollywoodienne.
(Elle rit). Je suis mariée à une star d’Hollywood, Michael Douglas, dont le père, Kirk Douglas, était lui-même l’une des plus grandes stars de cinéma. Donc, cela fait deux générations de stars hollywoodiennes au sein de la même famille. Je suis heureuse que ma carrière m’ait menée à Hollywood où j’ai pu faire une carrière merveilleuse. J’ai pu rencontrer mon mari et connaître mon beau-père. Et si on dit de moi que j’appartiens à la royauté hollywoodienne, je me trouve en excellente compagnie.
« Wednesday, saison 2 », de Tim Burton, avec Jenna Ortega et Catherine Zeta-Jones, sur Netflix.
Si le sujet vous intéresse, lisez aussi : Burtoncore : quand l’univers de Tim Burton influence notre dressing, Jenna Ortega, la Mercredi Addams qui a conquis Hollywood ou encore Fan de Beetlejuice ? Les 5 meilleurs films de Tim Burton à revoir absolument