Alors qu’Austin Butler et Jacob Elordi ont interprété Elvis Presley, et Timothée Chalamet, Bob Dylan, voici Jeremy Allen White dans la peau de Bruce Springsteen. Springsteen: Deliver Me From Nowhere, un biopic partiel sur le Boss du rock’n’roll conçu pour les fans…
Pour incarner à l’écran une rock star, il faut avoir en soi une part de ce que les rock stars possèdent. Une fameuse dose de charisme et de sexytude. Et parmi les acteurs américains, le choix n’est pas infini. Jeremy Allen White a prouvé, en quelques saisons de la série The Bear, son capital attraction-séduction. Mais il n’a pas encore décroché un rôle fort au cinéma. Il tient enfin sa chance : jouer Bruce Springsteen dans sa période Nebraska, soit l’album que la star enregistra seul, en 1982, sans son groupe le E Street Band, et qui succédait au phénoménal The River. C’est une période particulière pour Springsteen, artiste déjà adulé à l’époque, qui sort lessivé d’une grosse tournée et plein de doutes sur la suite. Il va s’inspirer des traumas de son enfance mais aussi d’un fait divers tragique qui lui inspire des chansons. Et cet album sera acoustique.
Vaincre la peur
Pour parler de cet événement cinématographique, on a rendez-vous via Zoom avec Jeremy Allen White, Jeremy Strong (qui joue le manager Jon Landau) et le réalisateur Scott Cooper. Ce dernier a également écrit le scénario et passe pour le plus grand fan de Springsteen que compte Hollywood. « Le challenge était de rendre cinématographique cette histoire particulière dans la vie de Bruce Springsteen. Je pouvais me baser sur le livre, Springsteen : Deliver Me from Nowhere, mais aussi, bien sûr, sur ces acteurs qui avaient le talent d’amener un large spectre d’émotions et de s’exprimer dans un registre introspectif. Seuls de grands acteurs en sont capables » explique en préambule le réalisateur.

20th Century Studios
Jeremy Strong, dont la carrière a explosé depuis le succès de la série Succession, connaissait l’album Nebraska de Springsteen, pièce angulaire du film, et savait que ce serait un bon matériau pour le film. « Autour de Bruce Springsteen et de son manager, que j’interprète, il y a une véritable religion. J’ai beaucoup travaillé pour comprendre et rendre fluide ce que cela signifiait. Et plus je plongeais dans leur histoire, plus je me remplissais de ce qu’ils avaient créé et fait ensemble », souligne-t-il.
Pour Jeremy Allen White, tout a commencé par la peur… « Je connaissais le lien fort qui unit le public aux musiciens du niveau de Bruce Springsteen. Et au début, j’étais préoccupé par des idées externes, j’ai lu son autobiographie, regardé des vidéos et des concerts filmés. Bruce est une telle figure populaire que cela m’écrasait un peu. Il m’a fallu un moment pour que je m’approche de ce personnage, dans cette période précise de 1981-1982, qui rentrant de tournée, pense qu’il va trouver la paix en rentrant chez lui. Et il trouve quelque chose d’autre et se lance dans un nouveau projet. Une fois que j’ai pu considérer Springsteen comme un homme et non comme un dieu, je suis parvenu à trouver la manière de l’incarner. J’ai fait du mieux possible pour apprendre à jouer de la guitare et à chanter. Et j’ai essayé de le faire avec mon propre style. C’est une fois en studio d’enregistrement à Nashville que j’ai compris que j’y étais arrivé. »

20th Century Studios
Le lien qui unissait Springsteen à son manager Jon Landau est visible à l’écran parce que l’alchimie s’est faite entre les deux Jeremy. « Il y avait de la confiance et de la compréhension entre nous pour faire passer ce lien basé sur l’amour et la loyauté autant que sur le sens des responsabilités », explique Jeremy Allen White. Pour sa part, Jeremy Strong fait une comparaison poétique. « Jon Landau était comme un jardinier et Bruce Springsteen comme une fleur exotique. Et en tant qu’acteurs, on ne doit pas performer mais juste jouer. Et face à moi, j’avais un acteur, Jeremy Allen White, qui devait accomplir un exploit extraordinaire, et tout ce que j’avais à faire était de me soucier de cela. C’est comme cela que l’on a créé la dynamique entre nous. »
Moment fort
L’un des moments les plus marquants du biopic, et du tournage, était pour Jeremy Allen White celui où il devait chanter Born In The USA, l’une des chansons les plus iconiques de la rock star. « J’ai plusieurs fois crié dans mon oreiller, le matin, et rattrapé la voix que j’avais perdue quatre jours avant le tournage. » Il s’en souvient en riant. Pour lui, le message principal du film, c’est qu’il y a moyen de se sortir de la dépression et de la solitude comme celles que connaissait, alors, Springsteen et d’embrasser la vie.
Springsteen: Deliver Me from Nowhere, de Scott Cooper, avec Jeremy Allen White et Jeremy Strong, sortie le 22 octobre.
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