Carnet de voyage : Curaçao, un rêve en couleurs

par Elise Van de Meulebroucke
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©Elise Van de Meulebroucke

Tropical mais rafraîchi par les alizés, Curaçao est un petit paradis encore préservé qui mêle histoire, vie nocturne, sable fin et eaux turquoises. Une expérience à vivre, les yeux dans le bleu.

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Deux siècles de colonisation

On les appelle les Îles Sous-le-Vent. Repaires de pirates des Caraïbes, Curaçao et son îlot voisin (Klein Curaçao) ont été marqués, au fil des siècles, par la colonisation, le commerce, l’esclavage. Les tribus amérindiennes qui les peuplaient à l’origine n’ont pas survécu aux conquérants espagnols. Pourtant, ces derniers ne les aimaient pas. Au point de baptiser Curaçao « la isla inutile » (l’île inutile).

 

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Ensuite, Anglais et Hollandais se la sont disputée, jusqu’à son intégration aux Antilles néerlandaises (de 1816 à 2010). Même s’il fait toujours partie du Royaume des Pays-Bas, le pays célèbrera l’année prochaine sa première décennie d’indépendance. Cette histoire contrastée, marquée par les échanges et les influences successives, a laissé des traces. Déjà dans la langue. Amusant d’entendre ce mélange de flamand, d’anglais, de créole, de portugais et de dialectes africains.

La colonisation a aussi laissé des souvenirs visibles, comme ces belles maisons de plantation, dont les façades élégantes sont marquées par la honte de l’esclavage, aboli au XIXe siècle. Derrière leurs noms mignons faciles à traduire (Pannekoek, Zuikertuintje…), hantent les souvenirs de sueur et de larmes. Longtemps abandonnés, symboles d’une ère heureusement révolue, ces hôtels particuliers sont désormais restaurés, préservés comme patrimoine historique et lieux de mémoire. A visiter absolument.

 

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Elise Van de Meulebroucke

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Willemstad et ses maisons de toutes les couleurs

La capitale, Willemstad, a été reconnue par l’Unesco pour la beauté et le caractère unique de ses rues bordées de maisons de toutes les couleurs. Pour l’anecdote, on apprend qu’à l’origine, au XIXe siècle, elles étaient toutes peintes en blanc. Un médecin constate à cette époque un nombre croissant de troubles oculaires chez ses patients. La cause est toute trouvée : la réverbération du soleil sur les murs immaculés brûle les cornées des citadins.

 

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Très vite, le membre de la Faculté expose sa théorie au gouverneur et le convainc d’imposer la peinture de toutes les façades. Cela entre même dans la loi ! Depuis lors, les décrets ont été abrogés mais les habitants mettent toujours un point d’honneur à colorer leurs mai- sons… Il existe même une règle tacite voulant que chacune ait une teinte différente, la plus contrastée possible, de celle de son voisin.

Elise Van de Meulebroucke

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Exploration de Willemstad et environs

Willemstad se compose de quatre quartiers : le cœur historique de Punda (la pointe), Oltrabanda (de l’autre côté) et les banlieues, avec le charmant Pietermaai et le branché Scharloo. Punda ressemble à une aquarelle animée. Avec ses façades éclatantes (instagrammables à souhait), le célèbre Quai du Commerce du XVIIIe siècle nous coupe le souffle.

Sur le quai, chaque semaine se tient un marché flottant aux échoppes pleines de fruits, de légumes et de poissons. Le ravitaillement vient du Venezuela voisin via de petits bateaux de pêche. De Punda, nous prenons le tuk-tuk vers Ostrabanda, en traversait le pont Reine Emma. Egalement connu sous le nom de « Pontjesbrug » ou de « Swinging Old Lady », il est porté par 16 bateaux pontons et est le plus long du monde, avec ses 170 m. Effectivement, il swingue. Par gros vent, on ne le recommande pas aux estomacs sensibles.

 

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Les quartiers populaires de Pietermaai et Scharloo sont plus hype et plus jeunes que le centre historique. Il y a dix ans, on déconseillait de s’y aventurer le soir. Aujourd’hui, la gentrification y bat son plein. L’immobilier grimpe, les bâtiments sont rénovés, les Airbnb et bars à cocktails fleurissent. On se perd dans leurs ruelles où les majestueux manoirs anciens servent de support aux street-artistes. Elles abritent boutiques branchées, studios de créateurs, start-up technologiques, photographes, entreprises, centres de congrès, espaces de coworking et restaurants tendance. Le territoire de la jeunesse bobo, branchée et festive !

Elise Van de Meulebroucke

Elise Van de Meulebroucke

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Une faune et une flore à couper le souffle

Quittons la ville pour explorer la nature. Au sortir des faubourgs, les plantations d’aloe vera et les palmeraies, si calmes donnent une impression de paix inviolable. Du vent, des oiseaux… Rien ne semble pouvoir troubler la tranquillité des lieux. Jusqu’à ce que retentissent ce que nous pensons d’abord être des coups de feu !

 

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Dans le parc national de Shete Boka (Sept Baies), le courant marin est constant. Les vagues propulsent la mer si violemment contre la falaise qu’elle se brise en émettant le son d’un tir de fusil. L’image de ces flots projetés à des mètres de hauteur est magnifique. La faune aussi.

Nous sommes dans une zone de reproduction des tortues. Le long de la côte sud, on trouve 65 sites de plongée reconnus, où découvrir le spectacle inoubliable du récif coralien, avec ses bancs de poissons tropicaux, ses concombres de mer, ses anémones…

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Williwood et le thé magique

A Sint-Willibrordus, le Hollywood des Antilles, se sont établis des essaims de flamants roses. Cette ville, pittoresque, a ses propres lettres à flanc de montagne. Les habitants la surnomment affectueusement Williwood. Ce qui était tout d’abord une blague est devenu une étape incontournable dans le tour de Curaçao.

L’île est aussi riche en activités et occasions festives. L’impressionnant golf-club Old Quarry offre non seulement une vue éblouissante sur les Caraïbes et les formations calcaires irrégulières de la montagne Tafelberg, mais organise aussi à l’occasions des parties nocturnes, dotées d’un prix d’un million de dollars.

 

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Mais l’argent ne fait pas le bonheur, rappelle notre guide. La visite chez Dinah Veeris le confirme. La reine des herbes de Curaçao, connue dans le monde entier, nous accueille les bras ouverts et nous offre un thé qui tourne un peu la tête, avant de nous guider dans son jardin d’herbes aromatiques Den Paradera. Durant le parcours, il lui arrive de s’arrêter pour bercer une plante ou chanter une chanson pour aider des jeunes pousses à grandir. Si ça marche ? Cela fait 27 ans qu’elle suit sa méthode et ce coin de verdure enchanté, débordant de vie, en est le résultat. Nous nous retrouvons dans la petite boutique et, toujours un peu «high», nous nous procurons ce fameux thé «énergétique». Une expérience de plus.

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De bonnes adresses

Pour se loger

  • Oasis Coral Estate: Beach, Dive & Wellness resort
  • Santa Barbara Beach and Golf Resort Curacao.

Pour se restaurer

  • Restaurant Komedor Krioyo – Landhuis klein Santa Martha, Soto – Number Ten Willemstad
  • BoatHouse Food & Marina, Willemstad
  • Mood Beach, Willemstad
  • Mosa, Willemstad – Zest Mediterranean, Jan Thiel.

À visiter

  • Safari Tour Christoffelberg
  • Botanical Herb Garden Dinah Veeris
  • Plantations d’aloë vera

Y aller

Vols d’Amsterdam vers Curacao avec TUI, à partir de 439 € par personne (10 heures). curacao.com

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