“Thanks for dancing”, a écrit Bibi Seck sur son profil Instagram. Impossible de ne pas se déhancher quand la DJ bruxelloise est aux platines ! Avant-goût d’un été de festivals qui s’annonce intense.

Originaire d’Anvers, Bibi Seck est connue pour ses sets euphoriques et énergiques, qui mettent toujours le feu à la piste. La DJ enchaîne les genres avec une facilité déconcertante, du funk des eighties à la house et au disco. Entre Paradise City, Dour Festival et We Can Dance, l’été 2025 promet d’être son été.

Comment décririez-vous votre style ?

« J’ai débuté ma carrière de DJ sur la scène hip-hop. Lors des soirées, je me suis vite rendu compte qu’on voulait surtout que je passe des tubes commerciaux, mais ce n’est pas ce qui m’avait poussée vers ce métier. J’avais envie de partager de la musique que les gens ne connaissaient pas encore. C’est ainsi que j’ai atterri dans l’électro, la house, la soul et que j’ai découvert le disco. Mon
amour de la musique me vient de ma mère, qui en était dingue. On allait au moins deux fois par semaine à la bibliothèque pour découvrir et emprunter de nouvelles pépites. À la maison, elle pas- sait vraiment de tout, du folk à la pop et aux musiques du monde. »

Vous réussissez toujours à faire danser les gens ?

« Je teste différents genres pour sentir ce qui fait mouche. Les 10 à 20 premières minutes d’un set servent à voir ce qui plaît ou pas au public. Mais il arrive que la sauce ne prenne pas, pour des raisons qu’on ne contrôle pas, comme un son de mauvaise qualité ou l’emplacement de la scène. Un DJ doit rester flexible et j’ai la chance d’avoir appris, au fil des années, à bien prendre la température. En général, je ne prépare que les premiers morceaux et j’improvise la suite au moment-même. »

Quel est votre set le plus mémorable ?

« Le Horst Festival 2021. On venait de sortir du confinement et tout le monde mourait d’envie de faire la fête. Ce jour-là, toutes les planètes se sont alignées. C’était de toute façon une édition unique, car Covid oblige, ce festival était l’un des seuls prévus. Avec la pluie, la salle s’est soudainement remplie et les gens ont dansé du premier au dernier morceau. Ce set a énormément boosté ma confiance en moi et marqué un moment clé dans ma carrière. Paradise City occupe aussi une place à part dans mon cœur car ils m’ont programmée sur la scène principale, alors que je n’étais pas encore connue. Une marque de confiance qui a beaucoup compté pour moi. »

À quoi ressemblerait le set de vos rêves ?

« Je signerais directement pour un club disco authentique à New York. J’y suis allée récemment pour la première fois. J’ai atterri en pleine soirée dans un loft au huitième étage, où on se serait cru dans un décor de film. J’aimerais aussi
retourner à Ibiza, la destination festive par excellence. Plus près de chez nous, je rêve de jouer au Traum, un nouveau club anversois qui a pris la place du légendaire Café d’Anvers. »

Avez-vous l’impression d’être traitée différemment en tant que DJ femme ?

À mes débuts, les gens avaient tendance à penser que j’étais la dame des toilettes. Dans mon dos, on murmurait que seul mon physique me valait d’être engagée. J’ai vraiment dû faire mes preuves. Je voulais maîtriser ma technique à la perfection, pour que personne ne puisse y trouver à redire. Heureusement, ces dernières années, je vois de plus en plus de femmes aux platines. Ça m’inspire. Parce que, pour être honnête, les femmes mixent mieux (rires). Avec plus de sensibilité et de douceur. Les hommes ont souvent un style plus dur et plus agressif. Nous sentons mieux le public. »

Comment vous préparez-vous physiquement et mentalement à la saison des festivals ?

« Je prends délibérément le temps de me reposer. J’essaie de libérer un week-end par mois pour souffler et trouver l’inspiration. L’année dernière, j’ai frôlé le burn-out parce que je ne refusais rien. J’étais épuisée physiquement et ça rejaillissait sur mon mental. En tant que DJ, on a besoin de temps pour voyager, rencontrer des gens et découvrir de nouvelles musiques : c’est comme ça qu’on s’améliore dans ce métier. Quand on est submergé par la fatigue, on passe en pilote automatique et on fournit de la moins bonne qualité. »

Quelles sont les choses à faire et à ne pas faire pour les artistes lors d’un festival ?

« Je préfère évoquer un point de savoir-vivre de la part du public envers le DJ : écoutez sa musique. Il arrive que des gens au premier rang parlent fort ou gardent les yeux rivés sur leurs mains. Si vous vous installez devant, dansez et si vous voulez parler, allez au bar. »

À quoi ressemble votre été de festival idéal ?

« Un agenda pas trop chargé, avec une seule prestation par week-end, pour que je puisse aussi en profiter et que j’aie le temps de découvrir les lieux. Parfois, un DJ ne voit que l’aéroport, l’hôtel et le club et passe à côté de toute la magie du voyage. »

Stylisme Maasmechelen Village.
Réalisation Elspeth Jenkins et Kim De Craene.
Maquillage Jessie Lefler pour M.A.C Cosmetics.
Coiffure Tizziana Pecorella pour Redken.
Lieu Terland

 

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