Sorti en salle ce mercredi 13 mai, au lendemain de sa projection en ouverture du Festival de Cannes où il concourt pour la Palme d’Or, ce film aussi élégant qu’audacieux marque les retrouvailles bouleversantes de Pio Marmaï et de l’actrice césarisée Vimala Pons, déjà complices dans L’Attachement. À travers un scénario d’une rare finesse et des dialogues qui résonnent longtemps après la projection, Pierre Salvadori explore une nouvelle fois les vertiges du deuil, entre douleur intime, humour et désir de renaissance. Une œuvre lumineuse qui séduit autant les fidèles de la Croisette que le grand public.
Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche et Vimala Pons, à l’affiche du onzième long-métrage de Pierre Salvadori – mais premier film d’époque de sa filmographie -, furent les premiers acteurs de cette 79ème édition cannoise à gravir les mythiques marches du Palais des Festivals.
Mardi 12 mai, dans l’impressionnant Grand Théâtre Lumière, La Vénus électrique, en lice pour la prestigieuse Palme d’Or, s’est dévoilée en avant-première mondiale à l’issue de la cérémonie d’ouverture animée si élégamment par la comédienne Eye Haïdara et présidée par le réalisateur sud-coréen Park Chan-wook.
Un casting au sommet de son art
Dans son conte burlesque ou drame mélancolique (séduisant mélange des genres), Salvadori nous téléporte dans le Paris des années 20, ce qu’il imagine des Années folles. La Vénus électrique, c’est Anaïs Demoustier, qui ose comme jamais dans ce rôle de modeste foraine, fausse voyante et vraie manipulatrice d’un peintre renommé (bouleversant Pio Marmaï), en panne d’inspiration depuis la perte de son épouse.

Guy Ferrandis
En fantôme solaire, Vimala Pons (qui retrouve Pio Marmaï autour de cette même thématique du deuil après L’attachement) éblouit les cœurs et l’écran, tandis que Gilles Lellouche émeut aux larmes en ami-roc, qui divulgue son propre chagrin.
Un scénario original et magnifiquement écrit
“Tu as fait comme tu as pu”, lui pardonnera Pio Marmaï, dans l’une de ces scènes brillamment écrites, où personnages comme spectateurs endurent et rient dans un seul instant. Car derrière son décor et ses costumes d’époque, le film ne raconte rien d’autres que les sentiments humains, sans artifice, sans âge.
Pour que le Festival ne se vive pas qu’à Cannes, cette grande œuvre sur le sens de l’amitié, la fragilité et l’incrédulité face au manque et à l’absence, et le droit d’aimer à nouveau après la perte, est sortie officiellement en salle ce mercredi 13 mai, au lendemain de sa grande première longuement ovationnée.
Le public exigeant car passionné du Grand Théâtre Lumière a beaucoup ri, aussi, durant cette projection. Si les réalisations sélectionnées à Cannes ont la réputation d’être souvent difficiles à regarder – trop lourdes par leur thème et/ou pas assez digestes par leur forme pour offrir une respiration aux spectateurs qui souhaiteraient se détendre devant “une bonne Toile” – La Vénus Électrique envoie valser l’idée reçue.
Vraie proposition de cinéma, le film de Salvadori est à la fois accessible malgré son originalité, agréable malgré les douleurs qu’il explore, et populaire dans le meilleur sens du terme. Une parenthèse enchantée pour tous, pas seulement pour les habitués de la Croisette. Une séance fédératrice. Un choix festif pour lancer le Festival. Que demander de plus, finalement ?
De Pierre Salvadori, avec Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche et Vimala Pons. En salle le 13 mai.
Cet article a initialement été publié par Marie Claire France.
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