Le rideau est tombé dimanche soir sur les rives du Plan incliné. Pour sa quatorzième édition, le Ronquières Festival a frappé fort, très fort, avec une affiche qui a tenu toutes ses promesses malgré un dernier rebondissement de taille.

Une affiche taillée pour tous les publics

Du 7 au 9 août, 66 000 spectateurs ont défilé sur le site hennuyer pour ce que les organisateurs eux-mêmes appellent leur “Ronquières 2.0” : un site entièrement repensé, deux scènes installées côte à côte pour fluidifier la circulation, et une programmation de plus de 40 artistes mêlant pointures internationales et talents belges : Macklemore, DJ Snake, Oscar and the Wolf, Rilès, Iliona, Hooverphonic, Trinix…

Mais c’est aussi la volonté du festival de construire des ponts entre les scènes musicales belges qui a marqué les esprits. Longtemps, la Flandre et la Wallonie festivalière semblaient vivre sur deux planètes différentes. Cette année, Ronquières a clairement décidé de les faire se rencontrer en programmant la chanteuse néerlandophone Pommelien Thijs pour la première date francophone de sa carrière.

Les talents belges à l’honneur

C’est sans doute l’un des paris les plus réussis de cette édition. Pommelien Thijs, star absolue en Flandre et aux Pays-Bas mais encore largement méconnue côté francophone, s’est présentée devant le public wallon avec une envie communicative de convaincre. Le naturel et la fraîcheur pop de la jeune Flamande ont visiblement fait leur effet, dans un échange linguistique et musical assez rare pour être souligné. Et peut-être est-ce là tout l’intérêt de ce genre de rencontre : “On ne doit pas parler la même langue pour danser”, a résumé avec justesse l’actrice et chanteuse de 25 ans.

pommelien thijs

Ilias Van Bambost

À ses côtés, la scène pop francophone n’était pas en reste, notamment portée par la bruxelloise Iliona et Marguerite, deux voix montantes qui confirment la bonne santé de la nouvelle génération. Oscar and the Wolf a également rappelé pourquoi il reste l’un des noms les plus solides de la pop belge, capable de rassembler un public très large.


Autre tête d’affiche particulièrement attendue : Charlotte Cardin. La chanteuse canadienne, victime d’une extinction de voix persistante liée à une laryngite aiguë contractée quelques jours plus tôt lors d’un concert en France, a dû annoncer son forfait pour sa prestation prévue le dimanche soir. Sur les réseaux, l’interprète de Tant pis pour elle a confié combien la nouvelle lui brisait le cœur, contrainte de respecter un repos vocal strict sur ordre médical.


Un coup dur à quelques heures seulement du concert, que l’organisation a pourtant transformé en non-événement grâce à une réactivité remarquable. C’est le Belge Lost Frequencies, alias Felix De Laet, déjà présent à Ronquières en 2024, qui a été appelé au pied levé pour reprendre le créneau. Le DJ a livré une performance généreuse et, joli clin d’œil à l’artiste empêchée, a glissé un remix de son tube Feel Good dans son set. Une solution trouvée en pleine nuit, exécutée sans accroc le lendemain : la preuve qu’un grand festival se juge aussi à sa capacité à gérer l’imprévu sans jamais perdre de vue le public.

Macklemore, le grand show

Après avoir fait sensation l’an dernier avec la venue de Will Smith, Ronquières visait encore plus international pour boucler cette édition 2026, avec Macklemore en exclusivité belge. Et le pari a payé au-delà des espérances.

Showman généreux jusqu’au bout des doigts, l’Américain a occupé la scène de bout en bout, multipliant les prises de contact avec la foule et faisant même monter des festivaliers à ses côtés. Entre les hits enchaînés à un rythme soutenu – Glorious, Thrift Shop, Downtown, Wing$ – l’artiste de Seattle a aussi pris le temps de parler, engagé comme toujours sur les causes qui lui tiennent à cœur.

Same Love, hymne devenu incontournable contre l’homophobie, a résonné une fois de plus comme un moment de communion. Quant à Hind’s Hall, titre écrit en soutien à la cause palestinienne, il a été précédé d’un appel à la paix englobant plusieurs foyers de conflits dans le monde, que l’artiste a tenu à présenter comme une question d’humanité plus que de politique.

Le final, lui, restera dans les mémoires : maillot des Diables Rouges enfilé pour l’occasion, Macklemore a bouclé son set sur Can’t Hold Us avant de se jeter dans la foule. De quoi conclure en beauté trois jours de fête qui confirment, un peu plus chaque année, la place du Ronquières Festival dans le paysage des grands rendez-vous musicaux belges.

 

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