Pour la dernière date de sa tournée DeBÍ TIRAR MáSFOToS, la star portoricaine a choisi d’investir le Stade Roi Baudouin à Bruxelles. Archi sold-out depuis des mois, ce concert plus chaud que le climat du soir a prouvé que tout le monde comprend l’espagnol…
Porto Rico nous envoie tous les quinze ans ou vingt ans, une pop star masculine absolue et incontournable. Au début des années 2000, il n’y en avait que pour Ricky Martin et ses « Livin’ La Vida Loca » et « Un, Dos, Tres ». La fureur mondiale. Aujourd’hui, c’est au tour de Bad Bunny, nom de scène de Benito Martinez Ocasio, qui, non content d’être un auteur-compositeur-interprète et une icône de mode, est aussi acteur. On se souvient de sa participation incroyable à « Bullet Train » aux côtés de Brad Pitt. Le gars a une vraie présence. Et de fait, dès qu’il apparaît sur scène, on est happé par son charisme. Dans un impeccable costume beige, avec chemise et cravate, Benito – ainsi que le public l’appelle – la joue crooner des Caraïbes.
Magnifiquement accompagné par un groupe de musiciens, où les cuivres et les percussions latinos ont le beau rôle, l’artiste entame le concert avec « La MuDanza », une chanson qui rappelle ses origines humbles et son attachement au jargon de son quartier. Ce titre inaugure la partie la plus classique, avec « Baile INoLViDABLE » et « NUEVAYoL », mais pas moins exubérante d’un spectacle de deux heures trente. Avec la surprise d’une cover de « Alors on danse » de Stromae, jouée à la cuarto portoricaine, une guitare typique de l’île. Partout où cette tournée est passée, Bad Bunny a fait un clin d’œil au pays d’accueil. Et on a bien noté qu’il a refusé de jouer aux États-Unis pour protéger ses fans des milices de ICE, les agents très musclés de l’immigration.
Tous des insulaires
Bad Bunny n’est pas qu’un crooner latino, très inspiré par la tradition, il est aussi un rappeur et un fou de reggaeton, de salsa et de plena. La plena, musique caractéristique de Porto Rico, rejaillit dans plusieurs des morceaux de la seconde partie du show entamée dans la « casita », la petite maison caribéenne installée de l’autre côté de la fosse. Et où il débarque en voiturette électrique entouré par une escouade de jeunes femmes et jeunes garçons hyper sexy. Cette fois, sappé comme un rappeur, Bad Bunny serre des mains qui se tendent de partout autour de la « casita » et investit jusqu’au toit de la petite bicoque pour une seconde partie haletante. Avec « CAFé CON RON » (un café avec du rhum) et « Monaco », dans lequel s’intègre un sample de « Hier encore » d’Aznavour, ça part dans tous les sens.
Le retour vers la scène principale pour clôturer ce spectacle où il n’a parlé qu’en espagnol et donné à tout le monde l’impression de comprendre cette langue est attendu. Car, de la « casita », on n’a pas tous vraiment pu en profiter. Le finale grandiose sur « Eeo » et « DtMF », avec les photos de spectateurs et leurs drapeaux (tous hispaniques) et une troupe de danseurs fabuleux, achève de nous faire croire, pour un soir, être toutes et tous originaires de Porto Rico. Des insulaires exubérants.