Assurément l’une des plus belles voix de la scène belge, Mentissa a aussi conquis la France. Son deuxième album, Enfants difficiles, lui permet de s’affranchir des plaies de l’enfance et d’aborder de nouveaux terrains musicaux. En mode thérapie douce et rythmée.

Avec une carrière qui a décollé après une participation à The Voice France, Mentissa a été propulsée rapidement en haut de la vague. Mais en tant que jeune femme, auteure-compositrice-interprète, les premiers succès ne l’ont pas étourdie. Bosseuse acharnée, talentueuse, prête à l’introspection, elle délivre cet été un deuxième album abouti et personnel.

Dans plusieurs morceaux de cet album, vous évoquez votre prime jeunesse et ses difficultés. La musique vous permet-elle de soigner ça ?

J’ai toujours été quelqu’un qui parvient à guérir de certaines choses grâce à la musique. Notamment, mon rapport au corps. Mettre des mots sur ce que l’on a vécu permet de mieux comprendre certains événements et sentiments. Et de mieux vivre avec ça. La musique m’a permis d’avoir confiance. Sur le premier album, je cherchais surtout la manière de me présenter aux gens et donc, ces thématiques abordées dans le nouvel album ne s’y trouvaient pas. Il y a quatre ans, quand j’ai écrit mon premier album, j’étais pleine de doutes. Aujourd’hui, je suis une femme plus assumée et qui ose.

Vous chantez être « la fille de ma mère ». Quels sont les valeurs et les traits de caractère que vous avez hérités d’elle ?

L’éthique de travail, la valeur du mérite et que lorsqu’on se bat et persiste, cela peut être long mais on y arrive toujours. Ma mère est quelqu’un rempli d’espoir. Elle m’a toujours inspirée. Et puis, elle possède une joie de vivre inconditionnelle. Et ce, malgré les épisodes difficiles qu’elle a connus. J’ai hérité de ça aussi. On me dit souvent que je suis quelqu’un de solaire et que je suis une bosseuse.

Dans Close To You, vous chantez un peu en anglais. Est-ce la première fois ?

Sur un de mes disques, oui. Mais la première fois que j’ai chanté, toute petite, c’était en anglais. La musique anglo-saxonne a contribué à mon évolution. Et je sais qu’un jour, je me mettrai à faire des chansons entièrement en anglais. Pour cette chanson, je me suis vraiment inspirée de la pop indé proche de Gracie Abrams et Maisie Peters.

On trouve un seul duo sur cet album, avec Alice On The Roof. Alors, c’est quoi la sororité dans ce métier ?

Je ne sais pas mais je constate qu’on est dans une ère où il y a beaucoup d’artistes féminines. Je pense à Alice On The Roof, Héléna, Angèle, Camille Yembé. Et je fais partie de cette génération. On s’inspire et on se soutient. On s’invite les unes les autres sur scène ou sur nos albums. Il n’y a aucune rivalité entre nous.

 

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Vous chantez Qu’attendez-vous de moi ?. Mais vous, qu’attendez-vous de vous-même ?

Je me mets beaucoup de pression. Mais je ne sais pas ce que j’attends. La musique, c’est très aléatoire et puis, d’un coup, il y a une chanson qui emporte tout. D’autres chansons ont moins de chance, non parce qu’elles sont moins bonnes mais parce que le timing n’est pas le bon. Aujourd’hui, j’attends de ne pas trop me poser de questions et d’être moins dans le contrôle.

L’univers dans lequel vous évoluez n’est-il pas un univers de doutes ?

Exactement. Quand on est porté par une spirale positive, ça galvanise. Mais quand c’est moins le cas, ce n’est pas si grave. J’ai appris que les bas sont aussi importants que les hauts. C’est dans les moments creux qu’on apprend le plus de choses sur nous-mêmes.

Pour Enfants difficiles, vous avez collaboré avec Romain et Ziggy de Puggy, Jean-Étienne Maillard et Noé Preszow. Que souhaitiez-vous qu’ils vous amènent comme sons ?

Je voulais explorer musicalement. Et eux me voyaient potentiellement ailleurs. Jean-Étienne est très inspiré par la pop anglo-saxonne alternative. Noé, je me suis tournée vers lui pour qu’il me permette de dézoomer et de peaufiner mes textes.

Vous êtes originaire de Denderleeuw, en Flandre orientale. Depuis quatre ans, vous vivez à Paris. Avez-vous enfin trouvé l’endroit où vous vous sentez bien ?

Le sentiment d’être chez moi est plutôt lié aux personnes dont je m’entoure qu’aux lieux. Déjà je suis d’origine congolaise et je suis née et ai grandi en Belgique. Et souvent, je me posais cette question de mon chez-moi.

 

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Sur la pochette, on vous voit prête à manger des gâteaux. Pourquoi cette image ?

J’aimais l’idée de croquer la vie à pleines dents. Il y a une notion de fun. C’est ce que j’ai ressenti durant toute la durée de conception de l’album. Je ne voulais pas d’une image trop lisse. Et je voulais aussi jouer avec les codes de la pop.

Avez-vous des statements en mode ?

Je commence à me sentir plus à l’aise, plus légitime. Mais j’avoue qu’au début, mes looks me permettaient juste de me cacher. Je comprends que lorsqu’on veut s’imposer dans la pop, la mode est inévitable et demande un peu plus de réflexion.

Mentissa, Enfants difficiles, Tôt ou Tard. En concert le 15 octobre au Cirque Royal, le 9 décembre au Théâtre Royal de Mons, le 10 décembre à Anvers et le 11 décembre à Liège.