Après plus de dix ans de débats, le SOPK a officiellement changé de nom le mardi 12 mai 2026, à l’issue du Congrès européen d’endocrinologie. Il devient désormais le SPOM. Un glissement terminologique loin d’être symbolique, pensé pour mieux refléter la réalité de cette pathologie et améliorer sa prise en charge, alors qu’elle concerne plus de 170 millions de femmes dans le monde.

Première cause d’infertilité dans le monde, la maladie qui répondait au nom du “syndrome des ovaires polykistiques” (SOPK) est un trouble hormonal affectant la fonction ovarienne et le métabolisme, et qui entraîne une production excessive d’hormones androgènes provoquant des symptômes tels que des troubles de l’ovulation, une hyperpilosité ou encore un risque accru de maladies métaboliques et cardiaques, selon le site de l’Inserm.

Touchant près d’une femme sur huit, cette maladie, souvent mal comprise et mal diagnostiquée, a bénéficié d’un changement sans précédent officialisé le 12 mai 2026 au Congrès européen d’endocrinologie de Prague : elle répond désormais au nom de “syndrome métabolique ovarien polyendocrinien” (SMOP). Explications.

Un trouble sans lien avec des kystes ovariens

Publié dans la foulée dans la prestigieuse revue scientifique The Lancet, ce changement de nom est le fruit d’un consensus scientifique issu de quatorze années de collaboration entre plus de cinquante sociétés internationales et des groupes de patients du monde entier. Il rectifie ainsi une erreur qui a longtemps contribué à “une errance diagnostique et à une prise en charge médicale inadéquate” selon l’endocrinologue Helena Teede, qui a dirigé le processus de changement de nom.

Établi en 1935, le terme “syndrome des ovaires polykystiques” a induit en erreur sur les causes de cette pathologie, laissant croire que les kystes ovariens en étaient à l’origine. Or, de nombreuses recherches ultérieures ont démontré que ce que les scientifiques pensaient être des kystes étaient en réalité une multitude de follicules (des ovocytes immatures) au développement inachevé.

“Ce que nous savons maintenant, c’est qu’il n’y a en réalité aucune augmentation des kystes anormaux sur l’ovaire, et que les diverses caractéristiques de cette affection étaient souvent sous-estimées, explique Helena Teede dans un communiqué. Il était déchirant de constater le diagnostic tardif, la sensibilisation limitée et les soins inadéquats prodigués aux personnes atteintes de cette maladie négligée”.

L’espoir d’un meilleur diagnostic pour des millions de femmes

En 2023, une équipe de recherches dirigée par Helena Teede avait publié une série de directives internationales sur le site de l’Université australienne de Monash pour faire progresser la prise en charge du SOPK/SMOP. Il manquait cependant le changement de nom, considéré comme “la prochaine étape cruciale vers la reconnaissance et l’amélioration des impacts à long terme de cette affection” selon les chercheurs. C’est désormais chose faite.

“Ce changement a été impulsé avec et pour les personnes touchées par cette maladie, et nous sommes fiers d’être parvenus à un nouveau nom qui reflète enfin avec précision la complexité de cette pathologie”, s’est félicitée Helena Teede.

Si le nom de SMOP est effectif dès aujourd’hui, une période de transition de trois ans est prévue afin de laisser le temps aux professionnels de santé, aux gouvernements et aux chercheurs de s’y habituer. “Il ne faut pas s’y tromper, il s’agit d’un moment historique qui permettra des avancées mondiales indispensables dans la pratique clinique et la recherche”, conclut Helena Teede.