Pour la première fois, Eurosport et Marie Claire s’associent pour créer ensemble une émission : Her Voice, Her Game. Chaque conversation, menée à travers le prisme du sport, dépasse le récit du parcours de ces sportives inspirantes pour dévoiler la femme derrière l’athlète : ses failles, ses espoirs et ce qu’elle souhaite transmettre. Pour cette première rencontre, c’est Justine Hénin qui se livre.
Souvent, quand une femme dit « non », on la juge difficile. Justine Henin, championne de tennis belge et fondatrice d’académie, en sait quelque chose. « Pendant ma carrière, on m’a perçue comme assez froide ; quand je disais non, c’était non. Nous ne sommes pas là pour plaire à tout le monde, nous sommes là pour faire notre travail […] Quand on a des objectifs, il faut prendre soin de soi, et cela signifie parfois ne pas être aimée, apprendre à dire non. »
On sait bien que c’est plus facile de dire non avec l’âge, mais Justine n’avait que 21 ans quand elle est devenue la numéro 1 mondiale du tennis féminin. Elle en a aujourd’hui 44, et c’est toujours cette même confiance en elle qui la porte. Une confiance qu’elle tient de sa mère – Françoise, enseignante, était en avance sur son temps : elle aidait ses élèves, en particulier les filles, à développer leur assurance. Pour Justine, elle était sa « source d’inspiration ». Face à des rivales redoutables comme Serena Williams, Justine, du haut de son 1,67 m, était ramenée à sa première finale de tournoi. Elle avait six ans et devait affronter une adversaire plus grande et plus âgée. Elle se souvient de tout, même du nom cette fille, et de ce qu’elle a pensé avant de remporter la victoire : “OK, elle est peut-être plus grande que moi, mais j’ai d’autres qualités, d’autres armes.”

Chloé Hautier
Aujourd’hui, Justine se réjouit de voir de plus en plus de joueuses oser prendre la parole quand quelque chose ne va pas. « L’année dernière, Elina Svitolina a dit : “J’ai besoin de revenir à moi-même.” Cela a pris quelques mois […], et elle est revenue encore plus forte cette année, je trouve ça formidable. » Pour Justine, faire une pause n’était pas envisageable ; c’était tout simplement inconcevable à l’époque. Alors elle a pris sa retraite. Deux fois. D’abord à l’âge de 25 ans, car sa sœur traversait une période difficile. Puis quelques années plus tard, à cause d’une blessure. Entre-temps, elle a ouvert son académie, et c’est aujourd’hui cela qui lui donne son énergie, ça et ses enfants.
Quand son travail l’éloigne de la maison, Justine trouve ça difficile, mais elle est convaincue de donner le bon exemple. « [Mes enfants] voient que je fais quelque chose que j’aime […] Si nous sommes là où nous voulons être, je pense que nous envoyons un beau message. » Justine aime partager son expérience et sa passion, aussi bien avec les téléspectateurs lorsqu’elle commente des matchs à la télévision qu’avec les joueuses de son académie. Pour elle, maintenir un état d’esprit positif est essentiel, et c’est quelque chose que l’on peut s’entraîner à faire. « Les peurs ont toujours été là, les doutes ont toujours été là, mais j’ai appris à […] visualiser des issues positives. Je m’y suis entraînée, j’y ai énormément travaillé […] et c’est quelque chose que j’essaie de transmettre. »

Chloé Hautier
Justine a découvert son « côté optimiste » après la plus grande tragédie de sa vie : la mort de sa maman, emportée par un cancer alors qu’elle n’avait que 12 ans. Pendant un temps, elle a perdu son amour du tennis, mais quand il est revenu, ça a été avec une force décuplée. Justine était déterminée à transformer cette perte « en opportunité ». C’est aujourd’hui cette résilience qu’elle s’efforce de transmettre à ses enfants et aux jeunes joueurs de tennis.
Travailler dur. Avoir confiance en soi. Penser positif. Voilà les messages clés de Justine. Et ce n’est pas tout : selon elle, échouer, ce n’est pas grave non plus, tant qu’on en tire des leçons. Elle est « obsédée » par l’envie d’avancer et d’apprendre. Elle n’a appris que relativement récemment à déléguer. Et à lâcher prise. Elle ne ressent plus le besoin d’exceller en tout. Un peu grâce à « des années de thérapie », mais aussi grâce à ses enfants. « J’ai eu mes enfants, Lalie et Victor, et j’ai réalisé que j’allais simplement faire comme tout le monde : de mon mieux. »
Questions rapides
- Plat préféré ? « Les boulets de Liège, la ville où je suis née. »
- Péché mignon ? « Une coupe de champagne. Aujourd’hui, tout ce qui mérite d’être célébré, je le célèbre avec du champagne ! »
- 3 choses que les gens ignorent sur vous ? « Je suis très curieuse, assez superstitieuse, et j’adore voyager en famille, surtout en road trip. »
- Meilleure façon de se détendre ? « Un dîner simple, être avec mes enfants, avec mes amis […], faire du padel, courir, lire, et aller au cinéma avec mon mari. »
Claire Pryde a interviewé Justine Henin avec Lesly Boitrelle d’Eurosport pour une nouvelle série intitulée Her Voice, Her Game, dans laquelle elles s’entretiennent avec des championnes du sport féminin. Vous pouvez en voir un extrait sur le site de Marie Claire et l’interview complète sur Eurosport. Ce nouveau programme sera diffusé sur Eurosport à partir du 26 octobre et disponible sur HBO Max.