Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes : une mobilisation historique

par Aline Dricot
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©Getty Images

Ce 25 novembre, c’est la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Alors aujourd’hui plus que jamais, on dénonce les comportements abusifs, dont les féminicides, fléau de notre société.

De plus en plus de voix s’élèvent pour pointer du doigt un problème vieux comme le monde: le féminicide, à savoir le meurtre d’une femme en raison de son sexe. Cette notion, contraction de « femme » et « homicide », a été inventé par Diana Russell en 1976.

Même si les chiffres se contredisent, faute de statistiques officielles, le féminicide est un problème réel, entre autres dénoncé massivement ce 24 novembre 2019 à Bruxelles, lors de la Marche pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. En France, la mobilisation suite à l’appel du collectif Nous Toutes a lui aussi été historique ce samedi 23 novembre, avec entre 50.000 et 100.000 manifestants rien qu’à Paris.

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La marche du 24 novembre 2019

La plateforme Mirabal a appelé à la manifestation contre le féminicide ce 24 novembre, à Bruxelles : « Nous montrerons collectivement notre colère dès 12h avec une minute de bruit contre l’invisibilisation des violences organisée partout où vous le souhaitez ! Dans votre voiture, à votre travail, dans la rue avec un groupe, à vous de décider ! »

Résultat : à Bruxelles, au départ du carrefour de l’Europe, ce sont 10.000 personnes qui ont marché ensemble, dans une démarche non-violente mais dénonciatrice.

 

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La marée violette a défilé avec de nombreuses pancartes et banderoles, listant les victimes. Le violet est la couleur utilisée pour représenter les manifestations féministes, depuis l’époque des suffragettes. Comme le dit le site consacré au 8 mars « Le violet caractérise désormais les mouvements luttant pour l’égalité entre homme et femme, que ce soit par tradition ou par souci d’opter pour une teinte intermédiaire. En effet, prenez de la peinture rose bonbon comme les filles et de la peinture bleu ciel comme les garçons, mélangez les deux, vous obtenez… du violet ! »

 

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Des chiffres qui brillent par leur absence

Selon l’Institut Européen pour l’Egalité de Genre, la Belgique est l’un des 6 pays d’Europe qui ne fournit aucune donnée officielle sur les féminicides (European Institute for Gender Equality, juin 2019) alors qu’il s’agit pourtant de l’une des obligations de la Convention d’Istanbul ratifiée en 2016. Dans ce contexte, les associations féministes ne peuvent se baser que sur ce qui ressort dans la presse, ce qu’elles font depuis 2017 à travers le blog Stop Féminicide.

Les associations féministes ont ainsi relevé 41 féminicides en 2017, 37 en 2018 et 22 depuis le 1er janvier 2019. Les chiffres, en Belgique et partout ailleurs, démontrent un massacre genré, qui a été ignoré pendant longtemps. En effet, ils étaient plutôt exprimés à travers des faits divers, des drames conjugaux. Ce n’est que récemment que le terme féminicide est apparu sur le devant de la scène internationale. Si la Convention d’Istanbul a permis de définir des actions légales, les applications de celles-ci restent minimes. Un plan quinquennal (2020-2024) de lutte contre les violences doit bientôt être élaboré et adopté, afin de coordonner l’action des pouvoirs publics.

 

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En Belgique, 1 femme sur 7 et 1 homme sur 10 sont touché.e.s par une forme de violence domestique. Cela affecte autant leur vie personnelle que professionnelle. Les entreprises s’engagent désormais à offrir un cadre rassurant et sécurisé pour les personnes victimes de violences domestiques. Le projet CEASE  permet de mobiliser et outiller les entreprises afin qu’elles soient en mesure de sensibiliser et accompagner les salarié.e.s victimes de violences.

De plus, Plan International, à l’occasion de la Journée Internationale de la Fille le 11 octobre, a réalisé des enquêtes. Les résultats montrent que 91% des filles belges ont déjà été victimes de harcèlement sexiste. Plan a alors créé la plateforme Safer Cities, qui liste les endroits où aller et ceux à éviter dans les villes, sous forme de témoignages.

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La mobilisation contre les féminicides

En cette journée de mobilisation, la lutte non-violente sert également à ouvrir les yeux suant à l’existence et l’omniprésence du problème. Parler du féminicide le rend réel socialement, politiquement et légalement. Un féminicide est parfois difficile à reconnaître, une potentielle victime également. C’est pour cela que de telles actions existent, et que Marie Claire Belgique en parle.

Ce que revendiquent les associations engagées dans le combat contre les féminicides, c’est surtout la mise en oeuvre de moyens. Il est urgentissime de débloquer du financement, autant pour la sensibilisation, que pour l’accompagnement aux victimes et la répression des agresseurs, mais aussi d’inscrire le féminicide dans le code pénal.

 

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Tags: Féminicide, Féminisme.