C’est l’un des moments forts de la saison : un vêtement qui devient tableau, une toile qui épouse le mouvement du corps. Inspiré par l’Ukiyo-e et le Japon de l’époque Edo, le haori déploie un paysage symbolique — trois femmes, une montagne, des cerisiers, un temple et la célèbre vague d’Hokusai — dans une composition vibrante et suspendue. Chaque trait semble répondre à un pas sur le podium. Avec cette pièce magistrale, l’artiste explore une nouvelle forme d’art textile contemporain.

 

La démarche s’inscrit dans un dialogue sensible et intuitif entre le styliste et la peintre, né d’un lien d’amitié de longue date. Eddie Corps, connu pour son approche sculpturale et poétique de la mode, a conçu un vestiaire qui brouille les frontières entre art et vêtement. Oriane Sossah, quant à elle, signe ici sa première œuvre textile, prolongeant son exploration de la lumière et des émotions dans un nouveau support. Une évidence, tant sa peinture est déjà, sur toile, une affaire de souffle et de matière.

 

Autour du haori, trois accessoires peints viennent compléter le récit : une ombrelle blanche ornée d’un arbre doré, et deux éventails — un bleu en forme de lotus, l’autre solaire avec ses cercles d’or. Des objets symboliques, talismans élégants, portés comme des prolongements du geste artistique.

La collection SS26 d’Eddie Corps rassemblait aussi des collaborations avec The Loussine (accessoires), Moropi Studio, l’artiste visuel Mario Nava, ou encore le duo maquillage & coiffure de Rene Perez, soutenu par Ere Perez. Le cocktail était signé Maison Sassy, clin d’œil à l’art de vivre.

 

Dans un moment de grâce, cette collection a réaffirmé que la mode peut être une œuvre totale. Et que certains croisements inattendus ici entre un designer radical et une peintre intuitive — font surgir une beauté nouvelle.

 

Deux noms à suivre de très près.