Le 13 mai 2026, Dior investissait l’un des nouveaux symboles architecturaux de Los Angeles : le Los Angeles County Museum of Art. C’est au cœur du musée, avec en toile de fond le spectaculaire bâtiment imaginé par l’architecte Peter Zumthor, que Jonathan Anderson dévoilait sa toute première collection croisière pour Dior. Un décor cinématographique pour ouvrir un nouveau chapitre de la maison française.

Les collections Croisière sont généralement pensées comme un fantasme d’évasion : une destination lointaine, la valise parfaite, une femme traversant avec grâce un décor glamour au bout du monde, enveloppée de foulards en soie et de sacs tressés. Mais le défilé Dior de Jonathan Anderson au Los Angeles County Museum of Art (LACMA), imaginait une femme bien plus fascinante : celle qui vient à Los Angeles pour devenir quelqu’un.

Jonathan Anderson signe son premier défilé Croisière pour Dior

Los Angeles a toujours appartenu à cette femme-là. Celle qui se présente à des castings avec un optimisme presque irréel. L’autrice persuadée de tenir dans son tote bag le prochain grand scénario. Celle qui se réinvente après une rupture, un burn-out — ou les deux. C’est la ville qui a transformé Norma Jeane en Marilyn Monroe ; où Joan Didion et Eve Babitz ont bâti de véritables esthétiques autour de femmes oscillant entre glamour, ambition et fragilité ; où d’innombrables femmes sont arrivées avec l’espoir de devenir des stars, ou au moins de repartir différentes de celles qu’elles étaient en arrivant.

LACMA musée los angeles

Museum Associates – LACMA, by Kristina Simonsen

Le décor participait pleinement à cette vision. Au LACMA, l’architecture de béton prenait des allures de décor de cinéma sous le soleil couchant, tandis que les palmiers ondulaient à l’arrière-plan et que des voitures vintage semblaient posées là comme des accessoires de studio hollywoodien. Même les notes du défilé ressemblaient moins à un communiqué de collection traditionnel qu’aux premières pages d’un scénario. Avant même le passage du premier look sur le podium, Jonathan Anderson avait déjà fait passer son message : il ne s’agissait pas simplement de mode resort.

défilé dior croisière

Dior

Et d’un point de vue historique, le choix du LACMA faisait parfaitement sens pour Jonathan Anderson, lui qui n’a jamais considéré la mode comme de simples vêtements. Ses collections puisent souvent dans l’art, les objets, l’artisanat ou encore d’étranges références culturelles. Ici, les clins d’œil glissés dans les notes du défilé — à Ed Ruscha, aux actrices du Old Hollywood, aux coquelicots californiens ou encore à l’idée du « rêve » chère à Christian Dior — semblaient appartenir au même scénario.

Cette approche marque aussi une évolution habile pour Dior, une maison qui a toujours maîtrisé l’art du fantasme, mais dans un registre généralement plus lisse et sophistiqué. La vision d’Anderson, elle, apparaît plus libre, plus étrange, et incontestablement plus ludique.

Un vestiaire entre Old Hollywood et modernité

On y retrouvait des fourrures à l’allure vintage, des cols à volants aux accents presque Jimi Hendrix, des lunettes oversize aux verres bombés et des manteaux doublés de shearling à l’attitude flamboyante, insufflant à la collection une forme d’excès hollywoodien plutôt qu’une élégance resort trop sage. Les textures étaient omniprésentes — shearling, mousseline, fourrure, volants, matières brillantes — sans jamais sembler surchargées. Le résultat évoquait moins une garde-robe pensée pour les vacances qu’un vestiaire porté par une femme dont l’histoire est déjà en mouvement.

dior défilé croisière

Dior

C’est précisément ce qui rend le Dior de Jonathan Anderson si captivant aujourd’hui. Depuis plusieurs années, le luxe façonne des femmes impeccables, sophistiquées… et parfois un peu interchangeables. Anderson semble, lui, vouloir revenir à quelque chose de plus incarné : des femmes qui ressemblent à de véritables personnages, et pas seulement à des silhouettes parfaitement habillées.Et c’est peut-être là le véritable message de ce défilé à Los Angeles. Le fantasme ne réside plus seulement dans la destination vers laquelle se dirige la femme Dior, mais dans la femme qu’elle devient une fois arrivée, celle que tout le monde regarde.

 

Cet article a initialement été publié par Marie Claire USA.

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