Mercredi 1er octobre 2025, Jonathan Anderson dévoilait sa toute première collection féminine pour Dior. Un défilé particulièrement attendu, entre passé et présent.
C’était le premier des premiers défilés de cette fashion week printemps-été 2026. Comme ses confrères – car oui, il n’y a que des hommes – Jack McCollough et Lazaro Hernandez, Matthieu Blazy, Duran Lantink, Mark Thomas, Miguel Castro de Freitas, Glenn Martens et Pierpaolo Piccioli, Jonathan Anderson fait ses débuts dans sa nouvelle maison, à Paris.
Après une collection masculine dévoilée lors de la semaine de la mode masculine en juin dernier, l’Irlandais a cette fois-ci planché sur le prêt-à-porter femme. Composé de 74 silhouettes, cet opus s’est ouvert sur une vidéo, projetée sur une pyramide inversée recouverte d’écrans, dont la pointe semblait sortir d’une boîte à chaussures gris perle entrouverte. La mémoire de la griffe née en 1946 ? S’en échappaient en tout cas des images d’archives, des couturières à l’ouvrage dans les ateliers, des extraits de défilés, des mannequins en noir et blanc qui fument dans des robes haute couture…
Créer avec empathie
“Créer pour une maison comme Dior nécessite de faire preuve d’empathie envers son histoire tout en traçant la voie vers l’avenir”, affirme le styliste. Dans le public, les ambassadrices historiques, justement, sont assises à côté des nouvelles amies de la maison. Jennifer Lawrence et Greta Lee, Mikey Madison et Camille Cottin, tandis que Brigitte Macron et la famille Arnault – propriétaire de Dior via le groupe LVMH – sont aussi venu-e-s découvrir le travail de Jonathan Anderson.
Autant le dire tout de suite : il n’y a pas eu de déception. Les accessoires, catégorie de produits qui pèse en moyenne pour la moitié du chiffre d’affaires dans les maisons de luxe, sont taillés pour le succès. Des escarpins surmontés l’un d’un C, l’autre d’un D, des sacs à main qui reprennent le cannage signature et les quatre lettres de Dior, des mules fleurs recouvertes de tissu…
Coiffées de chapeaux dramatiques, mi-bicornes, mi-hauts de forme, les mannequins défilent en bustiers plissés, robes à tournure “inversées” — le volume placé au niveau des hanches — jupes boules recouvertes de plumes, baggys indigo et cabans déconstruits.
Et, parmi quatre silhouettes haute couture dont deux merveilles de dentelle, Jonathan Anderson a livré son interprétation du tailleur Bar, devenu veste de smoking ouvert comme une fleur sur la taille. Version prêt-à-porter, il rétrécit et se couvre de tweed, clin d’œil aux origines du styliste britannique. “Le changement est inévitable”, conclut la note d’intention de ce vestiaire inaugural. Ici, il est surtout réussi.
Cet article a initialement été publié par Marie Claire France.
Si le sujet vous intéresse, lisez aussi : Jonathan Anderson prend le contrôle de toutes les collections de Dior, Demna dévoile ses premières silhouettes pour Gucci ou encore Rick Owens, le prince de l’anti-mode, s’invite au Palais Galliera