Egypte: vierge et diplômée

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Un parlementaire égyptien, Elhamy Agina, devient la risée du web suite à sa proposition de soumettre les étudiantes à un test de virginité avant leur admission à l’université.

 

 « Toute fille qui entre à l’université doit être examinée pour prouver qu’elle est vierge. », déclarait le 29 septembre dernier le député lors d’une interview accordée au quotidien Youm 7. Si le test prouve alors que la jeune fille n’est plus « pure », l’université devra en aviser ses parents. Cette dernière n’aura donc sans doute pas accès à un enseignement supérieur.

Indignation générale

Cette tentative de contrôle du corps de la femme est très mal passée. Rapidement relayés sur la toile, les propos du parlementaire furent très vite tournés en ridicule. Ce sont les réseaux sociaux et plus particulièrement la twittosphère qui s’en sont donné à cœur joie ! « Ne vous avais-je pas dit (que nous étions) encore loin d’avoir touché le fond et que le pire est à venir ? « , écrivait Gamal Eid, éminent avocat à la tête du Réseau arabe pour l’information sur les droits humains. Le journaliste Khaled Dawoud surenchérissait en déclarant : « « Nous avons un membre du Parlement obsédé par le sexe. ». Une déferlante de moqueries venant de centaines d’anonymes s’abat alors sur le parlementaire.  Des appels au boycott ont même été lancés.

En réaction, Elhamy Agina a opté pour le silence radio :  «Des gens m’attaquent et ils sont en colère. J’ai donc décidé que je ne parlerais à aucun représentant des médias. C’était une simple suggestion, pas une demande officielle. Il y a grande différence entre une demande et une suggestion .»

D’un scandale à l’autre

Il faut savoir que le député n’en est pas à son premier tollé. Le mois dernier, alors que le parlement égyptien votait une loi visant à renforcer la lutte contre l’excision, Elhamy Agina, lui, était plutôt favorable à ces mutilations des parties génitales féminines. Selon le parlementaire, l’excision permettrait d’assainir les pulsions sexuelles des femmes et compenserait alors l’impuissance des hommes. Pourtant interdite en Egypte, cette pratique reste tout de même très répandue. Le député, en l’encourageant, créa donc un scandale sans précédent.

Lutter contre le mariage coutumier

Pour tenter de se défendre parmi cette déferlante de critiques et de railleries, Elhamy Agina a tout de même voulu remettre ses propos en contexte. Selon lui, sa proposition visait à lutter contre la pratique des mariages coutumiers. Ces unions religieuses non officielles ne sont pas légales. De plus, ces mariages non reconnus par la charia sont vus par les conservateurs comme étant une couverture au sexe hors mariage. C’est dans le but de réduire cette coutume que le député aurait alors proposé les tests de virginité.

On peut espérer que cette proposition misogyne subisse le même bashing au parlement que sur le web.

 

Eloïse Pirard (stagiaire)

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