Critique : What / If, la déception made in Netflix

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©Netflix

C’était LA série la plus attendue sur Netflix cette saison : What / If, avec Renée Zellweger, était censée ramener un peu de drama dans l’offre de la plateforme de streaming. Et c’est chose faite. Mais qu’est-ce que c’était pénible à regarder.

Dans What / If, Zellweger incarne Anne Montgomery, une femme d’affaires redoutée et redoutable qui promet d’investir 80 millions de dollars dans une jeune entreprise du secteur biomédical dirigée par la jeune chercheuse Lisa Donovan (Jane Levy) en échange d’une nuit avec son mari Sean (Blake Jenner). Vous voyez le film Propisition indécente avec Demi Moore et Woody Harrelson? Même synopsis, en gros, mais en version tele novela foireuse.

 

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Pas de panique, cet article ne comporte pas de spoilers. Cela dit, on pense sincèrement qu’il va vous couper l’envie de cliquer sur play.

1/

Une Renée Zellweger qui nous rappelle quelqu’un

Si Renée Zellweger porte (le peu qu’il y a à porter de) la série à elle toute seule — toutes les scènes sans elles étant insipides et, finalement, sans grand intérêt pour l’intrigue — il n’aura pas échappé aux fins connaisseurs une ressemblance frappante entre son personnage et celui de Claire Underwood (la brillante Robin Wright) dans House of Cards. L’attitude glaciale, les expressions, la façon de se déplacer, … Alors oui, on aime ce côté machiavélique qui donne un peu de relief à la série, mais on ne peut s’empêcher de comparer.

 

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Pour continuer notre impression de déjà vu, le parallèle est aussi vite fait avec Revenge. C’est la même équipe derrière What / If, et ça se sent. De la façon de filmer aux répliques pleines de drama frôlant le ridicule en passant par la présence de Gabriel Mann (Nolan Ross dans Revenge), tous les ingrédients sont là. Cependant, tout comme sa grande soeur, What / If a le mérite de divertir à la manière d’un soap un peu cheap qui se serait mis sur son 31, production Netflix oblige.

2/

Un casting 100% dents blanches sans aucun relief

Dans What / If, une bonne partie du casting semble être sortie tout droit d’une publicité pour un parfum très cher. Bon, sauf « uncle Dave », on vous l’accorde, mais c’est l’ultime grand méchant. Si ça c’est pas cliché.

Si la méthode fonctionnait à l’époque de Gossip Girl (2007-2012) ou encore Newport Beach (2003-2007), dix ans plus tard et en pleine vague body positive, le mot qui nous vient en tête est « ringard ».

 

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Si les protagonistes étaient tous des sosies de Barbie et Ken mais avaient un jeu d’acteur à couper le souffle, on pourrait pardonner les choix de la production. Mais vous me voyez venir : ce n’est pas le cas. Le jeu d’acteur est souvent pauvre et sans aucune crédibilité, et les expressions assez binaires. On note en particulier le charisme de moule de Saamer Usmani, dont le personnage n’éveille absolument aucun sentiment. Sacrée performance.

3/

Un synopsis bancal et des réactions aberrantes

Malgré tout cela, une histoire absolument géniale pourrait encore rattraper la sauce. Mais il se trouve que c’est probablement la pire partie de la série, en fait. Le couple Donovan apparaît très rapidement désespéré et endetté mais ô combien amoureux et parfait.

 

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La série se balade ensuite sans complexe de cliché en cliché : la grande méchante qui tire à l’arc dans son bureau, l’étoile montante du baseball déchue, la jeune médecin qui couche avec son supérieur, le couple de high school sweet hearts… Et la concentration de sociopathes et de psychopathes au mètre carré est ahurissante. Alors oui, on sait que c’est une fiction, mais il y a des limites à ce que l’esprit peut absorber comme conneries; on dirait trois saisons de Plus Belle la Vie et de Grey’s Anatomy condensées sur 10 épisodes.

Quant aux intrigues secondaires, on pense qu’elles aboutissent à quelque chose mais en fait, non. Elles sont là pour, on imagine, donner de la substance à la série. Sauf que manque de bol (ou de talent), elles ne font qu’ajouter une couche d’absurdité à la série.

Bref, parfois, il faut savoir appeler un chat un chat. Et What / If, c’était la grosse bouse blague made in Netflix cette saison.

What / If, disponible sur Netflix.

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