Icône du rouge flamboyant et des silhouettes sculpturales, Valentino Garavani a sublimé les femmes pendant plus de cinq décennies, de Jackie Kennedy à Elizabeth Taylor, imposant un style aussi glamour que raffiné. Retour sur les moments clés du maître de l’élégance italienne.

Façonner un idéal de féminité absolue. Telle a été la vocation de Valentino Garavani qui, à la force de son imaginaire stylistique, a su imposer pendant près d’un demi-siècle une silhouette à l’élégance prodigieuse et aux codes chromatiques puissants. Son style singulier convoque glamour, raffinement, mais aussi rigueur et exigence, à l’image du couturier, qui a bâti son empire autour de récits et de moments fondateurs.

1960 : la naissance d’un couturier

Né en 1932 à Voghera, en Lombardie, Valentino Clemente Ludovico Garavani fonde la maison qui porte son nom à Rome en 1960, après avoir ouvert un premier atelier l’année précédente. Deux ans plus tard, en 1962, il présente une première collection à Florence, au palais Pitti. Un défilé salué par la critique qui constitue un véritable coup d’éclat dans l’univers encore très feutré de la couture italienne.

1967 : une lettre pour emblème

En 1967, Valentino bouscule les codes en vigueur avec sa célèbre No Colour Collection, une série de silhouettes dans des tons crème, beige et ivoire, qui s’inscrit en rupture avec la profusion de couleurs pop de l’époque. C’est aussi dans cette collection qu’apparaît le logo “V” cerclé, qui s’impose comme l’emblème de la maison.

1968 : le couturier des stars

En 1968, Valentino Garavani crée la robe de Jackie Kennedy pour son mariage avec Aristote Onassis et ancre une fois de plus son nom dans l’histoire des grands de ce monde. Au fil des décennies, Valentino habille les icônes de son époque comme Marie-Chantal de Grèce, Elizabeth Taylor, mais aussi Gwyneth Paltrow et Jennifer Lopez. Ses robes de mariée, en dentelle ou en tulle brodé, sont le synonyme de contes de fées couture au service d’une certaine idée de l’éternel féminin.

1962 : le rouge, manifeste de féminité

Impossible d’évoquer Valentino sans parler de sa couleur fétiche : un rouge vibrant, entre carmin et écarlate, qu’il confie avoir découvert à l’opéra de Barcelone. Depuis son premier défilé en 1962, chaque collection inclut une ou plusieurs robes rouges iconiques. Une signature chromatique, en somme, qu’il élève au rang de manifeste esthétique entre glamour, pouvoir et séduction.

1968 : une révolution en blanc

À contre-courant de son rouge flamboyant, Valentino présente en 1968 une collection entièrement blanche. Robes trapèze, tailleurs immaculés, capes courtes… Un vestiaire d’un minimalisme radical qui séduit alors par sa modernité. Surnommé The White Collection, il reste aujourd’hui l’un des plus emblématiques de la maison.

Les années 1970 : la construction d’un empire

Dans les années 70, Valentino devient un nom incontournable du prêt-à-porter de luxe. Après avoir ouvert ses premières boutiques à Milan et à Rome dans les années 60, il développe en effet des lignes pour enfants et jeunes adultes (dont Olivier, baptisée du nom de l’un de ses chiens) et part à la conquête de villes internationales comme New York et Tokyo. Rapidement, le nom de Valentino résonne dans le monde entier.

1978 : le lancement du parfum

Le couturier poursuit la diversification de ses activités et lance sa première fragrance, sobrement baptisée Valentino. Pour accompagner son lancement, le créateur organise une représentation artistique au Théâtre des Champs-Élysées, à Paris. Au programme : théâtre, musique et ballet.

1998 : la fin d’une ère

Dans un contexte de consolidation du luxe européen autour de grands conglomérats comme LVMH et Kering, la maison Valentino est vendue en janvier 1998 à la holding italienne HDP pour 1,8 milliard de francs. Malgré ces changements financiers, Valentino Garavani conserve la direction artistique, préserve la silhouette de la maison… Et la fidélité de ses clientes.

2006 : la reconnaissance d’une icône

En 2006, le couturier fait une apparition remarquée dans le film Le Diable s’habille en Prada, où il joue son propre rôle aux côtés de Meryl Streep. La même année, il est décoré de la Légion d’honneur française au Palais-Royal, à Paris.

2008 : un défilé d’adieu

En janvier 2008, Valentino Garavani présente sa dernière collection haute couture au musée Rodin, à Paris. Des supermodels comme Claudia Schiffer, Naomi Campbell et Eva Herzigová foulent une dernière fois le catwalk pour le créateur, lors d’un défilé fort en émotions et d’un final, composé exclusivement de robes rouges. L’année suivante, le documentaire Valentino : the last Emperor retrace ses 45 ans de carrière, et son lien indéfectible avec Giancarlo Giammetti, partenaire et pilier de toujours.

Le lundi 19 janvier 2026, Valentino Garavani s’est éteint à l’âge de 93 ans, laissant derrière lui une empreinte indélébile sur l’histoire de la mode. Il était considéré comme le dernier “empereur italien de la couture”, après le décès de Giorgio Armani en septembre 2025.

 

Cet article a initialement été publié par Marie Claire France.

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