L’upcycling, plus qu’une tendance: l’avenir de la mode !

marieclaire_upcycling2

Rien ne se perd, tout se transforme ? Affirmatif. La tendance « upcycling » gagne du terrain dans l’industrie de la mode, proche du brun out.

Cheval de bataille des grandes marques pour faire face à une consommation éthique grandissante et à un futur incertain ou point d’encrage de nouveaux labels à la recherche d’une alternative, l’upcycling fait des adeptes et s’inscrit enfin dans une réalité commerciale. Pleins feux sur ce phénomène brûlant avec preuves à l’appui : une sélection de pièces aussi désirables qu’accessibles.

Face à la pollution et au gaspillage causés par le « prêt à jeter », les designers comme les grandes enseignes repensent la mode de manière plus éthique. En quête d’un nouveau système, initiée par réelle adhésion écologique ou pour répondre à des fins marketing (ou les deux), l’upcycling, « surcyclage » en français, trouve un succès grandissant auprès des acteurs de la mode et désigne un procédé qui consiste à donner une vie nouvelle à des objets ou matériaux destinés à être jetés.

 

À lire :« Interview: 11 questions à Marie Courroy, fondatrice de Modetrotter »

 

Non seulement réintroduits dans le circuit de consommation, ces objets seront transformés en produits de qualité (ou d’utilité) supérieure. On ne recycle donc pas pour réduire les déchets à zéro (le principe du recyclage), mais plutôt créer de nouvelles richesses « par le haut » (le principe de l’économie circulaire). Acheter l’allure d’abord et l’éthique ensuite est le défi actuel des créateurs de mode, cette mode engagée autrefois connotée moche à raison, souvent… Qu’a-t-elle à nous proposer aujourd’hui ? Réponses en images, après ces chiffres…

 

La mode en 1,2,3… chiffres

A l’heure des rapports de santé alarmants sur l’état de la planète, l’industrie textile – à la deuxième place au classement des secteurs les plus polluants – est pointée du doigt. En 15 ans, la production mondiale de vêtements a doublé. Aujourd’hui et à l’échelle mondiale, moins de 1% de ces vêtements est recyclé (d’après Ellen MacArthur dans A New Textiles Economy: Redesigning Fashion’s Future en collaboration avec McKinsey) et 73% des vêtements fabriqués finissent leur vie en décomposition dans une décharge où ils libèrent du dioxyde de carbone, un gaz à effet de serre majeur, ou incinérés dans un contexte où plus de la moitié des vêtements issus de la Fast Fashion seront jetés moins d’un an après leur acquisition ! Exemplaire en la matière, la Belgique se positionne en tête du peloton international avec 64,40 % de sa consommation annuelle de vêtements recyclée (d’après COBEREC Textiles) grâce aux vêtements déposés par les Belges dans les bulles à vêtements.

 

À grande échelle, grands défis !

Plus de tendances, plus de choix et de nouveautés chaque semaine à des prix imbattables. Epris de la fièvre acheteuse, le consommateur renoncera difficilement par lui-même à ces tentations toujours plus pointues et mieux pensées pour répondre à ses envies dans les plus brefs délais. Et s’il ne devait y renoncer? C’est le rêve des grands de la Fast Fashion : arriver à boucler la boucle avant le burnout inévitable et attendu du système d’ici les prochaines décennies. H&M, pionnier en la matière avec sa collection Conscious issue de matériaux durables (coton bio, polyester recyclé), souhaite devenir 100% circulaire et éco-responsable d’ici 2030, a-t-il annoncé. La nouvelle collection Conscious Exclusive comprend une plus grande variété de produits recyclés, comme l’argent par exemple, est plus chère en raison de sa production encore petite.

À lire : « Crush of the day: Le Specs, vu sur le nez des stars »

Le plus grand distributeur de prêt-à-porter au monde, Inditex et ses 8 marques propres dont Zara, Massimo Dutti, Pull&Bear et Berschka, produit chaque année 948 millions de vêtements, soit 50 000 produits différents, livrés en deux livraisons par semaine à plus de 6 500 magasins dans 88 marchés, ainsi qu’aux entrepôts qui soutiennent des entreprises en ligne dans 27 pays. La particularité du groupe espagnol est que seulement 15% des collections sont commandées en début de saison et les boutiques recevront chaque semaine de nouvelles pièces produites en fonction des souhaits des consommateurs, identifié et analysés quotidiennement par leurs achats en boutique. Une façon de réduire le gaspillage d’argent, de ressources et de produits. La production à la demande n’est cependant pas suffisante et une grande responsabilité leur incombe pour minimiser les dommages causés à l’environnement.

La jeune création modèle

Des vêtements et accessoires créés à partir de surplus de tissus, de bouteilles en plastique sorties des fonds marins, de filets de pêche ou d’anciens tableaux de bord de voitures peuvent-ils être mode et désirables ? C’est le défi que se lancent de jeunes marques innovantes. Une alternative au gaspillage qui réduit les coûts de production d’une part et laisse plus de temps pour la création. Découvrez notre sélection.

Si le sujet vous intéresse, allez jeter un oeil à « Le défilé de La Cambre Mode[s] 2018, c’est ce soir! »« IT’S MY OWN, AN EVERY DAY FASHION STORY: l’expo à voir ce printemps » et « Shopping: la robe boutonnée devant »

| | | |
Tags: éco-responsable, Ecoalf, Freitag, H&M Conscious, Marie Claire Belgique, Mode, Mode éthique, Pull & Bear, Ucycling, W.r.yuma, Zara.