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Sur les réseaux sociaux, la théorie des styles d’attachement fait de plus en plus parler d’elle. Ce concept suggère que l’éducation reçue dans l’enfance façonne notre manière d’aimer et de nous lier à l’âge adulte. Classés en quatre grands profils, ces styles peuvent parfois être difficiles à distinguer. Zoom, avec des psychologues, sur les spécificités de l’attachement évitant.
Si vous avez pris l’habitude de passer du temps à scroller sur le #therapytok, un hashtag qui rassemble des conseils psycho et dating en tout genre, vous avez sûrement déjà entendu parler des situationships, de lovebombing ou encore des cinq langages de l’amour. Autant de termes et de préceptes qui nous aident à décrypter nos relations amoureuses en posant des mots sur des comportements qu’on pensait pourtant uniques et individuels.
Et parmi ces caractéristiques, la théorie des styles d’attachement peut s’avérer utile pour analyser nos schémas affectifs. Il s’agit d’un “cadre scientifique, qui explique comment les liens que nous tissons avec nos premiers aidants façonnent notre manière d’interagir avec les autres à l’âge adulte”, explique au magazine américain Self, Jessica Baum, psychothérapeute et autrice de plusieurs livres consacrées au sujet.
Autrement dit, cette théorie revient sur la façon dont l’éducation influence le rapport à l’intimité, aux conflits et la manière d’entretenir une proximité émotionnelle avec vos ami.e.s et vos partenaires. Elle recense alors quatre catégories : l’attachement sécurisant, l’attachement anxieux, l’attachement désorganisé et l’attachement évitant. Et sur les réseaux sociaux, ce dernier type semble avoir mauvaise réputation. Comme son nom l’indique, les personnes appartenant à cette catégorie peuvent paraître froides et distantes.
Mais s’il est compliqué de savoir à laquelle de ces typologies vos proches appartiennent, il peut être tout aussi délicat de comprendre à laquelle on correspond soi-même. Alors des expertes reviennent sur les signes qui peuvent traduire un style d’attachement évitant.
Vous n’êtes pas en confiance pour vous confier à vos proches
Ce style de relation se définit d’abord par un problème de confiance, expliquent les professionnels. Les personnes ayant un style d’attachement évitant ont tendance à “se refermer, refouler leurs émotions, à compartimenter de manière rigide et repousser les autres”, commence Mary Chen, psychologue, spécialiste des relations conjugales et familiales.
Et ce repli sur soi peut être perçu comme un rejet par les partenaires, ce qui peut rendre les personnes évitantes particulièrement difficiles à comprendre. Par exemple, elles peuvent avoir du mal à discuter avec un partenaire en qui elles ont confiance de leur vie personnelle (famille, expériences d’enfance, voire leurs réflexions sur l’évolution de leur relation).
Les évitant.e.s peuvent aussi éviter au mieux les conversations profondes, en prononçant souvent des phrases telles que “je n’aime pas parler de ce que je ressens” ou en utilisant des blagues sarcastiques pour détourner l’attention des sujets plus sérieux, détaille la thérapeute.
“Lorsqu’une personne ayant un attachement évitant prend conscience de sa fragilité, cela peut être vraiment terrifiant pour elle, continue-t-elle, leur passé les a convaincu.e.s que ces besoins ne seront pas satisfaits”. Ce n’est donc pas une question de dédain ou de manque d’investissement, mais plutôt une tendance à se renfermer qui relève davantage de l’autoprotection.
Dans le cas de ces personnes, le fait de compter sur les autres a toujours été dangereux ou imprévisible, alors se mettre sur la défensive devient une approche beaucoup plus aisée à adopter que de se montrer vulnérable — et, potentiellement, d’être blessé.e.
Vous privilégiez avant tout l’hyper-indépendance et fuyez le conflit
Souvent, les personnes qui ont un attachement évitant peuvent être vues comme distantes. En réalité, cette attitude trahirait des peurs relationnelles, généralement celle de fusionner avec leur partenaire et ainsi de perdre leur autonomie.
C’est pourquoi, en apparence, les personnes évitantes semblent hyper-indépendantes : elles peuvent insister pour gérer leurs problèmes seules, même dans les cas où elles sont extrêmement dépassées ou pour maintenir des limites strictes afin de ne pas risquer de “perdre” leur identité.
Et cette apparence dure est fréquemment interprétée, à tort, comme de la froideur ou du désintérêt. Or, cette caractéristique est particulièrement visible à travers la manière dont une personne gère les conflits. Et les évitant.es, comme leur nom l’indique, ont tendance à les fuir au maximum.
Pour elles, les désaccords ne sont pas seulement inconfortables, mais sont perçus comme une menace. En effet, exprimer ce qui pose problème oblige à nommer ses frustrations, à exprimer ses besoins et, en fin de compte, à se rendre vulnérable.
Ainsi, plutôt que de discuter pour régler les tensions, Jessica Baum indique que les personnes évitantes ont tendance à changer de sujet, à minimiser le problème, voire à se retirer au premier signe de dispute.
Vous vous renfermez à la moindre remarque
S’il est tout à fait normal d’être parfois susceptible face à la critique, rappelle Mary Chen, celle-ci précise que les personnes avec un attachement évitant peuvent être “plus sensibles à la critique de manière dysfonctionnelle, surtout dans les cas où elles ne croient pas qu’elles peuvent être aimées malgré leurs défauts”. Une croyance qui trouve souvent son origine dans l’enfance, détaille-t-elle. Si des parents ont été émotionnellement distants ou n’ont montré de l’affection seulement lorsque l’enfant a été “sage”, ce dernier peut avoir compris que l’amour était conditionnel à son comportement.
À l’âge adulte, cela se traduit par une peur profonde : “Si je fais une erreur, je serai rejeté.e”. Et c’est cette angoisse qui déclenche des instincts d’évitement qui poussent à se replier sur soi au moindre commentaire. Cela peut aussi expliquer pourquoi on peut sombrer dans une spirale d’autocritique ou se refermer complètement face à de petites suggestions pourtant bien intentionnées, ou une plaisanterie innocente.
Ces remarques sont ainsi perçues comme un rejet personnel. Mais dans ces cas, la douleur ne vient généralement pas du commentaire en lui-même, mais de la crainte que toute “mauvaise” réaction rende indigne d’amour.
Quel que soit votre style d’attachement, il est possible de nouer des relations saines et sécurisantes. Bien sûr, certains types d’attachement peuvent plus faciliter les choses que d’autres. Mais les personnes évitantes ne sont pas condamnées, rappelle Jessica Baum : “aucun style d’attachement n’est figé”, conclut-elle.
Cet article a initialement été publié par Marie Claire France.
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