Elle s’en est allée, Brigitte Bardot. Là où demeurent Claudia Cardinale, avec qui elle avait tourné « Les Pétroleuses » et Alain Delon, son ami fidèle, là où résident les icônes du cinéma français. À 91 ans, dans sa maison de Saint-Tropez, où elle avait connu ses plus belles heures de liberté, l’actrice s’est éteinte.
De sa naissance à sa mort, Brigitte Bardot a su garder sa part la plus intime. Malgré toutes les tentatives de décrypter le mythe que l’on fit d’elle. Elle a su n’être ni trop candide, ni excessivement provocante. En cinquante-six films, des plus célèbres comme « Et Dieu créa la femme… » à « L’Ours et la poupée » sans oublier « Babette s’en va-t-en guerre » et « Le Mépris », Bardot inventa sa définition de la femme sensuelle, sexy, libre à la française. Et elle échappa à la malédiction des sex-symbols qui, pour beaucoup, terminèrent tragiquement, en se retirant du cinéma, en 1973, à l’âge de 43 ans pour se consacrer entièrement à la défense de la cause animale.
Elle fut la première à dénoncer le massacre des bébés phoques. Bardot, qui fit tourner les têtes de bien des hommes, et de ses partenaires à l’écran, de Trintignant à Samy Frey, fut aussi une muse pour Serge Gainsbourg. C’est pour elle qu’il composa « Je t’aime, moi non plus ». Car, en plus de savoir jouer la comédie et de danser, Bardot chantait aussi. Gainsbourg lui écrivit aussi « Initials B.B. ». Et par ses initiales, on commença à l’appeler.
Icône de mode s’il en est, B.B. mit à l’honneur l’imprimé vichy, les yeux de biche tracés à l’eye-liner, le bandeau pour les cheveux, les cuissardes en cuir. Elle inspira, bien plus tard, Vanessa Paradis et Claudia Schiffer. Et refusa toujours d’avoir recours à la chirurgie esthétique. Brigitte Bardot, sur la plage abandonnée, restent, aujourd’hui, les traces d’un beau passage, d’une extraordinaire présence. Adieu B.B.