Vu de Paris: Basiques d’été de la Parisienne ou chronique d’une foirade annoncée

paris ete

Notre chroniqueuse Rachel vit à Paname et nous conte, sans détours, les aléas de la vie dans la capitale française… Dans sa ligne de mire cette semaine: l’été et sa cohorte de codes vestimentaires parisiens…

Deuxième jour de canicule dans la capitale française. Il n’en fallait pas plus pour que toi, la Parisienne, tu te plaignes. D’abord, tu ne seras en vacances que dans 10 jours, donc tu ne vois pas très bien à quoi sert qu’il fasse 35 degrés à l’ombre aujourd’hui. Ça n’a aucun sens.

Ensuite, tu es tellement “sous l’eau” niveau boulot que tu ne peux pas passer deux heures à siroter un Spritz en terrasse en te moquant de la coiffure des touristes espagnoles, ce qui, après manger des sushis en regardant “Game of Thrones”, est à peu près ce que tu préfères dans la vie.

Cette chaleur étouffante tombe donc excessivement mal et tu comptes bien le faire savoir à la Terre entière à grand renfort de soupirs exaspérés dans le métro.

Et pourtant, tu devrais te réjouir…Tu vas enfin pouvoir arrêter de porter ton-haut-gris-sur-ton-pantalon-noir-sur-tes-Stan-Smith-blanches et ressortir ta garde-robe d’été. Qui, comme celle de 85% de la gent féminine habitant dans la Ville Lumière, s’articule invariablement autour de ces 5 basiques complètement foireux :

Foirade de la Mer : La marinière

Dès les premiers rayons du soleil, les rues de Paris ressemble à Plougastel un soir de concert de Alan Stivell. C’est incompréhensible, d’autant qu’à force de le lire depuis des années dans TOUS les magazines féminins, tu devrais avoir intégré que les rayures horizontales épaississent la silhouette. Et oui, oui, ça marche aussi pour les rayures bleues et blanches sur TA silhouette.

Foirade Charcutière : Les spartiates

Tu achètes une paire de spartiates dans le Marais en te disant qu’au pire tu payeras ton loyer du mois de mai en même temps que celui du mois de juin. Tu les arbores fièrement à un apéro dès 17h le lendemain et tu enchaînes les verres de vin blanc sous un soleil de plomb. Quand tu te relèves quelques heures plus tard pour prendre ton Uber, tes jambes ressemblent à celles de ta grand-mère à la fin de sa vie et tes jolis petons, ainsi ficelés, ressemblent à deux gros saucissons. Sache que contre toute attente, ces saucissons là ne peuvent servir d’appât sur aucun garçon.

Foirade Capillaire : Le chapeau de paille

On te l’a tellement répété quand tu étais enfant qu’en été, tu ne sors jamais sans ton chapeau. Bien sûr, tu couvres tes jolies boucles d’un chapeau de paille – et tu as raison, c’est bien plus beau qu’un bob Banque Populaire. Te voilà donc toute pimpante, en route vers un déjeuner en terrasse qui se transforme malheureusement quand tu arrives en “dèj à l’intérieur, franchement dehors c’est intenable au moins là y à la clim, t’auras qu’à sortir fumer”. Tu as à présent le choix entre garder ton chapeau à l’intérieur du Coffee Parisien – et passer ainsi pour la dernière des pimbêches snobinardes –  ou l’enlever et montrer au très joli serveur ta frange aplatie sur ton front par la transpiration et la marque de ton panama, qui donne nettement l’impression que tu as 7 ans et que tu sors tout droit de la piscine municipale avec la marque de ton bonnet. Dans un cas comme dans l’autre, le joli serveur, tu peux l’oublier.

Foirade du Derrière : Le combi-short

Tu as réussi, par miracle, à trouver un combi-short à l’imprimé adéquat et à la bonne longueur. C’est à dire pas trop court (tu n’es pas Pamela Anderson) ni trop long (tu n’es pas Soeur Thérèse.com) ni trop fleuri (tu n’es pas Laura Ingalls). Tu te checkes comme chaque matin dans le miroir de l’entrée et, avouons le, tu te trouves plutôt fraîche. Sauf que vu que t’es en retard, tu t’es pas checkée de dos. Et de dos, un combi-short, c’est interdit. De dos, en combi-short, même Adriana Lima ressemble à Gérard Depardieu un lendemain de soirée tartiflette. Si tu me crois pas, enfile ton machin, tourne toi et vérifie. Et surtout, surtout, dis moi merci.

Foirade Financière : les lunettes de soleil

Trouver une paire de lunettes qui te convient a été pour toi l’équivalent d’une épreuve de Fort Boyard. Après les Ray-Ban, qui te faisait ressembler à Ice Man dans Top Gun, puis les lunettes mouches qui te donnait l’impression d’être le sosie d’Elton John (et non de Jackie O.) et les lunettes rondes, qui avait pour effet immédiat que l’Homme se mettait à fredonner “Imagine” dès que tu les portais, tu as trouvé LES bonnes. Un modèle unique en bambou labellisé éco-responsable, vendues dans une seule boutique du 6ème et qui t’ont coûtées le prix d’un organe vital. Tu as fait ton code de carte bleue en fermant les yeux pour éviter de regarder le prix affiché. Tu t’es souvenue de ce que disait ta grand-mère : “pour un classique que tu garderas longtemps, mets le prix qu’il faut, tu ne le regretteras jamais”. Elle n’avait pas tort, ta grand-mère, mais c’était sans compter l’apéro, le vin blanc, les spartiates et l’oubli du chapeau de paille et de tes lunettes dans le Uber.

 

Rhaaaa mon Dieu, mais vivement l’hiver !
Rachel Moreau

ETE PARIS marie claire titre

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