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Chronique #03: Celui qui regarde des photos…
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Chronique #03: Celui qui regarde des photos…

Par Thomas D.
Temps de lecture: 3 min

Chez Marie Claire, nous avons décidé de partager avec nos lectrices le quotidien de Thomas, 39 ans, père de deux enfants et célibataire «par défaut » (c’est lui qui le dit!). Pas facile de trouver l’amour quand on a dû se séparer de la femme à qui un jour on a dit oui.

A travers ses chroniques, il nous emmène dans sa vie. On y découvre son quotidien. Ses fous-rires, ses angoisses, sa bonne humeur, ses rencontres, ses plans Q, ses galères, ses voyages et son univers professionnel. Thomas rêve d’une femme capable d’élever dans son cœur des chenilles pour en faire des papillons. Thomas rêve. Tout court.

Chronique #03: Celui qui regarde des photos…

Je n’aurais jamais cru qu’un déménagement soit aussi épuisant. Et je ne parle pas de la fatigue physique. Au final, je dois avouer que j’ai porté peu de caisses et que mes muscles sont parfaitement reposés. Ca sert à ça les amis, non ? A téléphoner quand on a un coup de blues et à nous aider à aller d’un point A à un point B. Et à dire du mal, aussi, un peu autour d’un thé ou d’un café.

La semaine dernière, j’ai plongé dans cet océan disparu qu’était l’image de ma famille modèle. Celle que j’avais passée 14 ans à construire brique par brique avec Vanessa.

Le déménagement a été pour moi cette épreuve de gym à l’école. Vous vous souvenez ? Ce moment quand on est en haut de l’échelle, que la piscine est juste en dessous. Et qu’une trentaine de regards vous dévisagent avec l’arrogance d’un « alors cap ou pas cap ? ». La semaine dernière, j’ai plongé dans cet océan disparu qu’était l’image de ma famille modèle. Celle que j’avais passée 14 ans à construire brique par brique avec Vanessa.

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Tous ces objets qu’on avait pris tant de soin à acheter et a sélectionner sur catalogue et qu’on se partageait en deux secondes en négociant comme dans une brocante un dimanche matin. « Thomas, tu prends ça ou pas ? Moi, si ça reste ici, c’est poubelle. Par contre, je veux bien garder le sèche-cheveux. Et tu prends le grille pain. Et ça, je jette ».

 

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Mais enfin, elle va quand même pas jeter ce petit chat avec la patte qui bouge que je lui avait ramené du Japon pour « que le bonheur et la prospérité » accompagne notre maison ? « Idem, tous tes CD’s là. Si tu les laisses, adios. » La famille modèle, celle que j’avais eu en tête depuis tout petit, bercé par les contes de prince et de princesse. « Et ils vécurent heureux jusqu’ … à leur divorce ».

Les meubles, les tables, les tableaux IKEA, les DVD, la Hifi. Tout ça n’a, au final, aucune valeur à mes yeux. Remplaçable chez Media Markt ou Vandenborre. Vanessa a d’ailleurs quasi tout gardé. Je n’avais pas envie de me battre pour trois assiettes. J’ai des combats plus importants à mener dans ma vie. Le partage des livres a été plus compliqué. A mes yeux, chaque livre représente un moment d’intimité qu’on s’est offert à soi-même. Chaque mot lu étant un peu le marche pied d’un bonheur imaginé. C’est parfois un peu de mon histoire que je pose à l’horizon de chaque nouvelle page. Et je me nourris de mille questions car quand on y pense, à chaque ligne, tout est possible.

 

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Le héros va-t-il revenir à la vie et s’envoler avec le poing tel superman? L’interprète va-t-elle succomber au charme de son client ? Et si l’école des sorciers existait vraiment? « Bon, Thomas, ces livres-là, je les garde. Je les aime bien ». « Mais enfin, Van, tu ne les as même pas lu ». « Ben justement. Si ça ce n’est pas une bonne raison de me les laisser. Et puis, comme je vais avoir une semaine sur deux de tranquille grâce au fait que tu me quittes, je vais avoir plein de temps ».

Argument primaire qui fait mouche. « Garde les tous si tu veux ». Et puis, on a ouvert les albums photos. On s’est assis sur le pouf du salon qu’on avait acheté à Bruges quand on était encore empli de cette indéfectible certitude que ce serait « pour la vie ». On a regardé les visages des enfants grandir au fur et à mesure des pages. On a souri beaucoup. On a rigolé un peu. On a compris la chance que nous avions d’avoir deux si chouettes enfants.

Et puis, contre toute attente après des mois de conflits, on s’est pris dans les bras et on s’est promis de ne plus jamais se faire de mal. Et puis, j’ai attrapé mon iPhone. Et on a fait un selfie en tirant la langue. Et ça nous a fait une photo de plus à partager 😉

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Charlotte Deprez Voir ses articles >

Foodie assumée, obsédée par les voyages, la photographie et la tech, toujours à l'affût de la dernière tendance Instagram qui va révolutionner le monde.

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