Bernard Yerlès à ma table
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Bernard Yerlès à ma table

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Actuellement sur les planches au Théâtre des galeries pour ‘Nos femmes’, le comédien belge a des origines bordelaises qui lui font apprécier le jus de fruit des vignobles. Rencontre œnologique chez Winery (dont on vous parlait ici!).

Qu’est-ce qui vous amuse le plus dans cette pièce?

“Le fait de jouer avec des amis. Qui est finalement la raison de la création de cette pièce. Alain (ndlr: Leempoel) cherchait un truc pour jouer ensemble. On a commencé par une lecture et on a trouvé qu’il y avait matière. C’est un plaisir de jouer avec ses amis, de partir les rejoindre pour répéter puis de prolonger avec un barbecue. On se connaît depuis les études. Ils étaient au Conservatoire et moi à l’Insas mais on n’était pas trop formatés: on allait se voir jouer les uns les autres. J’étais un spectateur assidu.”

Vous êtes un amoureux de l’amour, un passionné…

“J’ai découvert que j’avais besoin de vivre avec quelqu’un pour m’épanouir. Je n’envisage pas de vivre seul. Pourtant, j’ai une vie intérieure riche, compliquée et dense (rires). Mais je pense que l’autre m’apaise. Pour beaucoup de choses. Et ce n’est pas pour faire de la démagogie, mais Luchini disait récemment: ‘les femmes de toutes façons sont plus intelligentes, pensent mieux’. Il est donc intéressant de se confronter à elles… Je pense aussi être à l’écoute de ma part féminine.”

Qui est?

“Sans vouloir tomber dans les clichés, je dirais quelque chose de plus rond, qui enveloppe, qui comprend alors qu’on est différent. Peut-être une forme de douceur aussi. La femme, elle met au monde quand même! Elle est à l’écoute. Elle n’oublie jamais qu’il y a quelque chose autour d’elle. Alors que le mec, boum, parfois il y va, il fonce.”

Vous êtes papa de trois (grands) enfants, qu’avez-vous envie de leur transmettre?

Hésitation. “Tellement de choses. D’abord les lieux dans lesquels nous avons eu de formidables moments, ça c’est pour l’aspect matériel. Ensuite ‘le bonheur de la vie’ comme dirait mon fils. Qu’ils soient en accord avec ce monde et s’ils ne le sont pas qu’ils le fassent à leur image. Qu’ils ne renoncent jamais à être ambitieux avec les valeurs qu’ils veulent défendre. Qu’ils soient curieux, critiques et amoureux. Mais je n’ai pas de souci, on transmet de manière inconsciente tout ça… Ah oui et le respect des ancêtres aussi!”

Qu’est-ce qui vous fait craquer chez une femme?

“On a aimé plusieurs fois, il n’y a pas de règle. Chaque être a ses particularités. J’adore quand une femme me fait rire. J’aime aussi quand je la trouve jolie. Je pourrais craquer pour ses pieds. Puis il y a un premier temps, un second temps, un troisième temps. Cela évolue.”

Qu’est-ce qui vous agace le plus?

“Quand je ne la comprends pas. Parce qu’on est vraiment différent. Mais en même temps, c’est fascinant. C’est le jeu de la relation. C’est ça justement que j’aime dans le compagnonnage. Comment des êtres aussi différents finissent par accorder leurs violons. Raison pour laquelle j’ai horreur des speed dating. Comment peut-on se décider en un soir? Sex friend à la limite. Mais l’amour, c’est la découverte des corps, comment peut-on programmer des relations? C’est le signe que notre société est déréglée! Souvenons-nous de Saint Exupéry qui dit qu’on s’apprivoise, qu’on se découvre, qu’on apprend à aimer les choses qu’on pensait détester. C’est là justement, c’est parce que c’est l’autre!”

Vous avez un super pouvoir, lequel est-ce?

“Deux choses. Voyager dans le temps. Pour revoir des scènes de ma vie enfant et voir ce qui s’est vraiment passé. Et aussi être invisible. Pour pouvoir aller où je veux mais où personne ne sait où je suis. Cela doit être top!”

Quelle femme inviteriez-vous à la table de Winery?

“Natacha Polony. J’aime beaucoup la pertinence de cette femme. Elle parle du monde, d’écologie, d’histoire, de philosophie. Je pourrais profiter de son intelligence et partager un bon moment de convivialité. J’adore m’accouder au comptoir. Cela permet d’échanger plus de choses en profondeur. Si on a l’occasion de le faire autour d’un bon vin, c’est encore mieux: le bon vin libère les belles pensées.”

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Winery Boitsfort, 1 rue des trois tilleuls, 1170 Boitsfort. Fermé le lundi.

Valentine Van Gestel Voir ses articles >

Amoureuse de la diversité, éternelle gourmande, tendre passionnée et maman curieuse et imparfaite, je partage avec enthousiasme mes découvertes.

Tags: Bernard Yerlès, Femmes, Food, Rencontre, Un homme à ma table, Winery.