Douze ans après sa création, Balzac Paris ouvre sa première boutique à l’international à Bruxelles. Sa fondatrice, Chrysoline de Gastines, revient sur le parcours d’une marque qui n’a jamais sacrifié ni ses franges, ni ses convictions.
Comment l’aventure a-t-elle débutée ?
Tout est parti d’un accessoire ultraniche : le nœud papillon, fabriqué en France sur mesure, en 2011. Je faisais ça à côté de mon travail chez Marie Claire, mes premières amours. En 2014, on s’est vraiment lancés avec Charles, mon beau-frère et Victorien, mon mari. Le nœud papillon restant très masculin, il fallait élargir. On a sorti un sweat-shirt littéraire mettant en scène des couples d’auteurs célèbres : Honoré et Frances, Alfred et George, Jean-Paul et Simone. Et on s’est aperçus que les femmes se jetaient sur les deux versions. Ça a été notre déclic.
À quoi reconnaît-on une pièce Balzac Paris ?
À notre ADN « tradi-barje » comme on aime le dénir : du classique, mais toujours twisté d’un soupçon d’imprévu qui crée la surprise. Parmi nos signatures, il y d’abord le léopard, qui existe depuis nos débuts et que je tiens de ma mère. C’est un imprimé multifacettes : chaque femme peut se l’approprier différemment selon la façon dont elle le porte. Il y a aussi les rayures, qu’on ose mélanger au léopard, comme sur notre pull Idole. Et les franges qui viennent réveiller une coupe par ailleurs très sage.

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La marque est désormais certifiée B Corp. Qu’est-ce que cela change concrètement dans votre façon de créer ?
Tout, en réalité. Contrairement à beaucoup de marques qui dessinent d’abord avant de chercher la matière, nous partons de celle-ci. C’est une contrainte assumée : nos tissus sont sourcés pour garantir une traçabilité parfaite, du champ jusqu’au produit fini. Cela nous conduit parfois à renoncer à des matières magnifiques, mais non traçables. Notre fabrication est européenne à plus de 60-70 %, essentiellement au Portugal, dans la région de Guimarães. Quand on sort de l’Europe, pour nos paniers marocains, par exemple, c’est via des ateliers de femmes en réinsertion.
Vous décrivez l’acte d’achat chez Balzac comme presque “militant”. Qu’entendez-vous par là ?
Que nos prix restent plus élevés que ceux de Zara ou H&M, et que la cliente le sait. Quand elle comprend que c’est une aventure familiale, pensée de la façon la plus responsable possible, l’achat prend une autre dimension. Nos équipes en boutique sont nos meilleures ambassadrices : ce sont elles qui transmettent cette histoire. On dit souvent, en interne, que nos clientes brandissent leur carte bleue comme une carte électorale.

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Pourquoi avoir choisi Bruxelles pour cette première adresse internationale ?
Ce n’est pas un hasard. Les Belges sont d’une fidélité remarquable à la marque depuis nos débuts, sans doute grâce à la proximité géographique. On avait déjà posé une première pierre avec deux collaborations locales, l’une avec l’influenceuse Bonjour Georges, l’autre avec le label Paolina.
Vous travaillez à Paris mais vous êtes originaire et habitez à Lille. Est-ce que cet ancrage nordiste infuse la marque ?
Je n’y avais jamais vraiment réfléchi, mais oui, sans doute. Cette authenticité, ces valeurs familiales très fortes sont très ancrées dans le Nord. Balzac Paris reste une marque profondément parisienne, jusque dans son nom, mais je crois que le regard extérieur qu’apporte Lille nourrit une forme de sincérité dans la façon dont on raconte la maison.

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Quel est votre uniforme, celui qui vous donne confiance en vous ?
Une chemise Léonard, avec son col victorien qui dégage le port de tête, associée à un jean parfaitement coupé. Des talons, petits mais présents, pour la prestance sans en faire trop. Et par-dessus, s’il fait frais, la veste Marceau et ses franges. Là, on est 100 % Balzac.
Balzac Paris, Avenue Louise 90, 1050 Bruxelles.
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