3 marques belges qui perpétuent l’artisanal local
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3 marques belges qui perpétuent l’artisanal local

Par Elspeth Jenkins
Temps de lecture: 5 min

Des marques qui produisent localement : voilà ce qu’on appelle un rêve durable. En Belgique, plusieurs maisons de renom ne jurent que par cette approche. Certaines sont récentes. D’autres plus anciennes, mais toutes fabriquent – partiellement ou entièrement - leurs vêtements et accessoires dans leur(s) propre(s) studio(s) belge(s) ou européen(s). L’objectif : proposer un produit de qualité, garant d’un savoir-faire et d’un artisanat belge.

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Delvaux

Fondée en 1829, avant même que le Royaume de Belgique n’existe, la Maison Delvaux porte le titre de plus ancienne maroquinerie au monde. Mais ce n’est pas tout : la maison est considérée comme l’inventrice du sac à main en cuir, tel qu’on le connaît encore aujourd’hui. Les propriétaires de la marque ont déposé ce brevet en 1908. La marque de fabrique Delvaux : un savoir-faire inégalé, comme en témoignent les nombreux modèles emblématiques qui, après plusieurs décennies, n’ont pas pris une ride et continuent à faire fantasmer les femmes du monde entier.

 

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Pour fabriquer un Brillant, le modèle le plus célèbre de tous les temps, un artisan a besoin de huit heures. Ce modèle créé
en 1958 se compose de 64 pièces de cuir, d’un fermoir et d’attaches en métal. Il faut 10 étapes pour fabriquer un sac, de la découpe du cuir jusqu’à l’assemblage et aux finitions.

À l’Arsenal, Q.G. de Delvaux à Bruxelles, le travail s’organise autour de l’Atelier. Depuis la mezzanine, on peut observer le travail des artisans. C’est là que sont fabriqués les sacs handmade, ainsi que les demandes exclusives Made to Order et les prototypes issus des idées du studio de création. Les versions exotiques en peaux plus exclusives sont également fabriquées à Bruxelles. Dans ce lieu magique, les rouleaux de cuir italien et français n’attendent que d’être coupés, puis assemblés par une équipe de passionnés. Peu de marques de luxe peuvent se targuer d’en faire autant.

 

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Si vous avez récemment acheté un sac Delvaux, peut-être avez-vous été surprise d’y trouver la mention Made in France. En 2018, compte-tenu de l’expansion mondiale de la marque, Delvaux a créé deux ateliers supplémentaires à Bourg Argental et Avoudrey. L’ouverture de la boutique de New York a boosté les demandes pour certains modèles. Une augmentation de la capacité de production était donc nécessaire. Au total, 200 artisans travaillent dans les ateliers Delvaux.

Et maintenant ?

Le petit dernier de la famille : le Lingot. Pour ce modèle, Delvaux a puisé son inspiration dans les riches archives des années 70. Emblématique de notre envie de liberté, le Lingot est conçu pour être emporté partout et s’adapter à toutes les situations. On aime ses lignes épurées et graphiques qui font la renommée de la maison.

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Van de Velde

En 1919, il y a 123 ans, Achiel et Margaretha Van de Velde fondent leur entreprise de corsetterie dans un tout petit village de Flandre orientale. Au fil des ans, Van de Velde est passé d’atelier de corsetterie à marque de lingerie à vocation internationale sous le signe de l’artisanat, de la technologie et de l’innovation (conception d’imprimés numériques , réalisation de patrons numériques…) Ce qui différencie la marque de ses concurrentes, c’est sans nul doute la qualité du cuir et les coupes parfaitement ajustées; deux éléments qui ont contribué à assoir la marque sur la scène internationale.

Nombreuses sont les Belges qui possèdent une ou plusieurs pièces de lingerie Marie Jo, PrimaDonna ou Andrés Sardá dans leur tiroir. Malgré une fidélité indéfectible à ses racines belges et au savoir-faire artisanal de ses propres ateliers, Van de Velde a su percer sur la scène internationale.

 

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Les départements de conception, de pré-production, de couture et le service client sont situés dans le Q.G. belge du groupe. La succursale, également située en Flandre, gère l’entrepôt, le contrôle des matières premières, le laboratoire, le site de coupe, l’inspection, le stockage et l’expédition. Si ça vous semble beaucoup, rappelez-vous qu’un soutien-gorge Van de Velde se compose en moyenne de 45 pièces et que le groupe compte au total 1231 employés dans le monde, dont 229 au sein de son Q.G. Les autres travaillent dans ses 27 magasins multi-marques, sur le site de production belge ou encore le siège social d’Andrés Sardá à Barcelone et le principal site d’assemblage de Kondar, en Tunisie.


Le cœur de l’entreprise, c’est le département conception installé dans les bâtiments de Van de Velde, à une petite demi-heure de Bruxelles. Aujourd’hui, environ 100 personnes y travaillent. L’atelier de couture interne qui emploie 25 couturières expérimentées est considéré comme un laboratoire. C’est là que les croquis du studio sont réalisés et ajustés. Les différentes matières sont examinées en laboratoire pour, entre autres, assurer une tension optimale des tissus élastiques. Chaque pièce
passe aussi en machine pour tester sa résistance à un cycle de lavage à 40°C. Pour les maillots de bain, une attention est portée aux effets du chlore et de l’eau de mer sur le tissu.

Et maintenant ?

Pour l’été 2022, Marie Jo L’Aventure, la petite sœur plus aventurière de Marie Jo, nous emmène à la découverte du Japon. Le moodboard est placé sous le signe des couleurs vives, de la dentelle, des lignes graphiques et de la broderie. Un hommage à la sculpture japonaise contemporaine riches en nuances vives, en imprimés cool et en dentelle avant-gardiste.

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Wouters & Hendrix

Katrin Wouters et Karen Hendrix se sont rencontrées lors de leurs études à l’Académie royale des Beaux-Arts d’Anvers. En 1984, elles décident de créer Wouters & Hendrix, des collections empreintes de surréalisme. Sur chaque pièce, on perçoit une interprétation créative et très émotionnelle de ce mouvement. Comme chaque bijou est fabriqué localement dans l’atelier de Berchem, près d’Anvers, la marque est considérée comme l’un des acteurs clés de la mode belge, tant sur le marché belge qu’international.

 

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Dans l’atelier, 10 orfèvres, 9 femmes et 1 homme, fabriquent les pièces du label. Leur mission : donner vie aux créations du studio. Installé face à son propre établi, chaque orfèvre est en charge de la création du bijou de A à Z. Toutes les pièces sont fabriquées au studio. La gravure, le sertissage des pierres et la dorure sont externalisés, mais tous les partenaires de la marque travaillent à proximité, pas loin d’Anvers. Cette production interne (ou archi-locale) permet de garder un contrôle total de la qualité, mais aussi une marge de manœuvre pour bon nombre d’expérimentations. Sans compter que chaque bijou porte la signature de l’orfèvre qui l’a façonné. Chez W&H, aucun bijou n’est pareil.

 

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Fondé dès la création du label, le studio s’est progressivement agrandi pour pouvoir répondre à l’augmentation des demandes. Au fil des ans, les processus de production ont forcément changé sans que les modes de fabrication artisanaux ne s’en trouvent
modifiés. Katrin et Karen continuent, de la manière la plus efficace possible, de se battre pour défendre la production locale.

Et maintenant ?

La nouvelle collection, Les Éternelles, se compose de nombreux classiques, emblématiques de la maison. Le bracelet Embrace créé en 2000 fait son come-back et les bagues Chapters de 2002 se réinventent également.

 

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Tags: Bijou, Créateur belge, Lingerie, Sac.