Marco Mengoni, la pop star italienne qui a charmé le public belge
© Andrea Bianchera

Marco Mengoni, la pop star italienne qui a charmé le public belge

Par Joëlle Lehrer
Temps de lecture: 4 min

Il a remporté deux fois, à dix ans d’intervalle, le Festival de San Remo et fait deux fois aussi l’Eurovision de la Chanson. Cet été, Marco Mengoni a rempli les stades de la Péninsule comme par magie. C’est qu’il est la pop star italienne de l’année. En exclusivité, il nous a reçus à Milan pour un tête-à-tête «molto simpatico».

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Sur le chemin vers le Stade San Siro, on croise des fans de tous les âges et de tous les genres. Les gamines avec leur copine ou avec leur grand-mère, les pères avec leurs filles, les personnalités de la jet-set milanaise. Un intéressant échantillon de la société lombarde qui remplira le stade. Soit 58.000 personnes. Pour accéder au backstage et à la loge de l’artiste, il a fallu montrer patte blanche. Mais ça vaut la peine car, l’accueil est chaleureux. Marco Mengoni me propose des chocolats, son attachée de presse un rafraîchissement. Il fait plus de 33° degrés dehors et il a répété plus d’une heure avec son groupe par cette chaleur. Ce trentenaire au physique plus qu’avantageux mène une carrière digne d’un Eros Ramazzotti. D’ailleurs, il est peut-être le nouvel Eros… Son huitième album Materia (Prisma) contient des perles comme Due Vite. Un hymne qui l’a mené aux sommets des charts. Pas seulement en Italie, ailleurs aussi. En Belgique, Mengoni a une « fanbase » inconditionnelle.

Vos sources d’inspiration pour vos chansons sont diverses mais le plus souvent, vous puisez dans votre vie ou celle de vos proches. Comment parvenez-vous à vous renouveler ?

Un livre, un film ou une série peuvent également m’inspirer. Tout dépend du moment. C’est pourquoi, je pense que c’est salutaire de prendre parfois ses distances avec la vie des tournées. Et même si être en tournée est génial. Mais pour parvenir à être connecté au public, il faut parfois s’en aller quelques temps. J’ai ainsi passé plusieurs mois aux États-Unis. J’ai vécu quelques temps à New York, Miami, la Nouvelle-Orléans, Nashville. J’aime apprendre des autres cultures.

Vous êtes d’ailleurs très intéressé par la musique noire américaine.

Oui et peut-être que je ne suis pas entièrement responsable de ça. Cela vient de ma mère qui écoutait Aretha Franklin, Nina Simone, Otis Redding et tous ces artistes incroyables. Cela fait donc partie de mon ADN. C’est de la soul music et ça parle à l’âme. Il se peut qu’un jour, j’enregistre un album là-bas.

Vous avez remporté à deux reprises le Festival de San Remo ce qui, pour un chanteur italien, est le Graal.

La première fois, j’avais vingt-quatre ans et je ne l’ai pas tant savourée, cette victoire. J’étais très anxieux et nerveux. Mais cette année, j’ai protégé de chaque instant sans être obsédé par mon classement. Je me suis concentré sur ma satisfaction personnelle.

Marco Mengoni concert

Francesco Prandoni

La préparation était donc plus mentale que physique.

Oui, je travaille beaucoup sur mes émotions depuis plusieurs années avec mon psy. Et ça m’a beaucoup aidé pour San Remo comme pour l’Eurovision. J’ai compris, avec le temps, qu’il n’était pas nécessaire d’être parfait.

Mais vous savez que vous avez l’air parfait ?

(Rires). Je fais de mon mieux.

Par exemple, la chemise que vous portez est de la collection La Vacanza de Versace.

En effet, j’ai une excellente relation avec Donatella. Pour moi, elle est une divinité. La première fois, j’étais pétrifié à l’idée de la rencontrer. Je ne savais pas quoi lui dire. Mais elle a été adorable ! Ça me plairait beaucoup de collaborer avec elle. Je suis très intéressé de participer à des projets divers aussi bien dans la mode que dans le cinéma.

Marco Mengoni

Andrea Bianchera

Pour un chanteur italien, vous chantez très peu la mer. Parce que vous êtes un citadin ?

Je suis plutôt un homme des montagnes. Je viens de Ronciglione, une petite ville dans le Lazio du nord.

Dans l’une de vos chansons, vous reprenez un discours de Nelson Mandela. Et récemment, en concert à Padoue, vous avez déclaré qu’en amour, rien n’était interdit. Vous arrive-t-il fréquemment de vous exprimer sur des questions politiques ?

Je ne fais pas de politique mais je parle des droits humains. La décision d’un juge de Padoue affirmant que des enfants nés d’un couple homosexuel sont des enfants illégitimes me paraît inhumaine. Selon moi, la famille est celle que l’on se choisit. Et c’est pourquoi, j’ai déclaré qu’en amour, rien n’est interdit. On ne peut pas décider à la place de ces bébés. Nous n’avons qu’une seule vie et nous ne savons pas ce qu’il y a après. Alors, je parle dans cette vie-ci et j’affirme que nous devons être libres de vivre et d’aimer comme nous l’entendons.

À quel type d’hommes italiens appartenez-vous ?

Je vais vous étonner mais une grande partie de ce que je suis, je le dois à mon grand-père. Mais je pourrais aussi vous dire que de Pasolini à Adriano Celentano, de nombreux artistes masculins m’ont influencé.

Dans la chanson Due Vite, vous citez un café au citron. De quoi s’agit-il ?

C’est une recette de ma grand-mère pour soigner la gueule de bois. C’est très efficace mais le goût n’est pas terrible.

À Milan, où doit-on aller pour prendre un verre et manger un bout ?

Pour prendre un verre, je vous conseille le quartier des Navigli et pour trouver un bon restaurant, celui de Brera. Mais je suis incapable de vous citer un seul endroit précis. Il y en a tant !

Marco Mengoni, Materia (Prisma), Sony Music. En concert le 21 octobre à Forest National.

 

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