Les troubles du sommeil favorisés par la lumière bleue
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Les troubles du sommeil favorisés par la lumière bleue

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À l'heure où notre quotidien est placé sous le signe du tout numérique, en moyenne un Français sur trois déclare se sentir dépendant des écrans dès son lever et consulter ses appareils des dizaines de fois par jour.

Dans le cadre professionnel aussi bien que personnel, les nouvelles technologies sont devenues des outils incontournables de la recherche d’informations, de la communication et du divertissement. Véritable phénomène de société touchant plus vivement encore les adolescents, l’usage intensif des équipements multimédias et ses effets sur la santé soulèvent des questionnements, voire des inquiétudes. Ainsi, la lumière bleue qu’ils produisent possède-t-elle des conséquences néfastes sur le sommeil ?

Tout savoir sur la lumière bleue

Qu’elle soit diffusée par une source naturelle, comme le Soleil ou d’origine artificielle, la lumière bleue émet des ondes comprises entre 380 et 500 nanomètres. Ses nuances, allant du turquoise au violet soutenu, se trouvent dans la partie visible du spectre électromagnétique. Si les teintes les plus claires sont reconnues pour leurs vertus sur l’organisme et l’humeur, il n’en est pas de même pour les plus sombres, oscillant entre 410 et 450 nanomètres. Ces dernières, produites par l’éclairage LED et les écrans à cristaux liquides de tous les appareils, se multiplient dans les foyers. Elles sont pourtant nocives pour les yeux.

Des solutions simples pour retrouver un sommeil réparateur

Afin de ne pas subir les désagréments entraînés par la lumière bleue artificielle, il est conseillé d’adopter des gestes simples et efficaces au quotidien en plus du port de lunettes pour écran; le fabriquant Français Lusee commercialise ce type de lunettes anti lumière bleue. Premièrement, il est important de garder une distance raisonnable avec ses appareils, de l’ordre d’une vingtaine de centimètres avec son téléphone portable, de quarante centimètres avec son ordinateur et de trois mètres avec une télévision. Ces indications doivent être modulées selon la dimension de l’équipement.

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En outre, il est recommandé de ne pas utiliser des appareils rétroéclairés le soir ou la nuit. En fin de journée, il est possible de réduire la luminosité de son écran et de varier les teintes de celui-ci. Le mode nuit disponible dans l’application paramètres permet de choisir des nuances jaunes ou orangées. D’une part, elles apportent un confort de vision supplémentaire à la tombée du jour. D’autre part, elles imitent la lumière naturelle du coucher du soleil afin de ne pas troubler l’horloge biologique de l’utilisateur.

Des effets scientifiquement prouvés sur le sommeil

Un cycle du sommeil perturbé

Observer un écran, sans protection adaptée, moins de deux heures avant d’aller se coucher influence directement la production de mélatonine. En effet, la sécrétion de cette hormone par la glande pinéale située dans le cerveau ne se déclenche qu’une fois que les yeux ont détecté l’obscurité. Elle envoie alors un signal de fatigue au corps qui lui permet d’entrer dans une phase d’endormissement. Ce processus rythme l’horloge circadienne des Hommes depuis des millénaires. Toutefois, lorsque la rétine est exposée à la lumière bleue artificielle, sans lunettes spécifiques pour la filtrer, elle la confond avec la lumière du jour et maintient l’individu en état d’alerte. Ainsi, comme le démontrent les résultats de l’étude « Blue light has a dark side », publiée en 2002 par Harvard, la durée de l’endormissement est allongée et le repos moins bénéfique.

Une qualité de sommeil dégradée

Outre l’allongement de la durée d’assoupissement, l’exposition prolongée aux lumières bleue et violette amoindrit la qualité du sommeil profond. Ce dernier possède un rôle fondamental dans l’organisme. Il est chargé de mettre le corps au repos, de lui apporter de l’énergie et de lui permettre de retenir à long terme les informations que le cerveau a triées dans la journée.

Par conséquent, des problèmes de mémorisation peuvent survenir si cette phase n’est pas pleinement efficace. Dans un rapport, l’Académie nationale de médecine pointe même un risque accru d’insomnie chronique, voire de désynchronisation chez les personnes visionnant de manière répétée des contenus numériques durant la soirée. Ce trouble, également nommé « jet lag social » consiste en un décalage persistant de l’utilisateur avec le rythme de vie de son entourage et plus largement de celui de la société. Il est donc primordial de protéger ses rétines des émissions d’ondes néfastes afin de limiter ces inconvénients, notamment à l’aide de lunettes anti lumière bleue.

Des effets non négligeables sur la santé

Alors qu’un adulte doit dormir environ huit heures par jour pour rester en forme, la surconsommation des écrans accentue la dette de sommeil. Selon un rapport de l’Académie nationale de médecine, ce phénomène concerne environ 30 % des adolescents qui ont besoin, quant à eux, de neuf heures de sommeil, au quotidien. Plus généralement, ce manque entraîne une sensation intense de fatigue, une baisse de l’attention et des capacités de mémorisation à long terme.

L’ANSES, l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a également souligné l’incidence de la lumière bleue sur le cerveau. En 2017, plusieurs études au sujet de son impact sur le développement des enfants ont été publiées lors du congrès de l’European College of Neuropsychopharmacology. Elles mettaient en évidence le lien entre la surexposition aux lumières artificielles et le développement de TDAH, des Troubles du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité.