Au fil des années, le style de Kate Moss continue de défier les modes comme le temps. Hors des tendances, hors des règles, son allure repose sur une désinvolture maîtrisée que l’industrie tente, en vain, de saisir depuis trois décennies. Retour sur un cool devenu iconique.

Kate Moss fête aujourd’hui ses 52 ans, un détail qui semble presque anecdotique. Non pas parce qu’elle paraît incroyablement jeune – même si c’est le cas – mais parce qu’elle a toujours évolué en dehors du temps tel que la mode l’entend habituellement. Son style n’est jamais vraiment « dans l’air du temps » : il le frôle, l’accompagne, sans jamais s’y plier.

Ce qui fascine, ce n’est pas tant que Kate Moss ait été copiée à l’infini, mais qu’elle demeure obstinément inimitable. Depuis trois décennies, l’industrie tente d’en percer le secret : le duo blazer et jean slim, l’imprimé léopard associé aux mini-shorts en cuir, une succession de looks devenus mythiques à Glastonbury, et cette fidélité inattendue au butter yellow. Autant de signatures visuelles, sans jamais se figer en formule.

 

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Car le style de Kate Moss n’a jamais été qu’une affaire de vêtements. Son génie n’est pas d’anticiper les tendances, mais de les rendre presque accessoires, presque accidentelles, au point qu’elles cessent d’en être. Un manteau de fourrure sur des jambes nues ne semblait ni calculé ni provocant, simplement évident, comme attrapé à la hâte avant de sortir. C’est précisément cette nonchalance instinctive, ce haussement d’épaules stylistique, qui rend son allure impossible à reproduire.

Le désordre comme signature stylistique

Il y a aussi, chez Kate Moss, une forme d’autorité très britannique. Rien de clinquant ni d’ostentatoire à l’américaine : plutôt une élégance sèche, ironique, presque amusée par sa propre légende. À cela s’ajoute l’imaginaire persistant de la party girl ; des tenues pensées, mais jamais trop. Toujours cette impression qu’une vie se déroule en arrière-plan, capturée dans ces innombrables clichés où on la voit sortir – ou chuter – de taxis. Kate Moss a fait du désordre une esthétique bien avant que l’on parle d’« indie sleaze ».

Aujourd’hui, à 52 ans, la Britannique incarne une liberté stylistique presque radicale. À l’heure où tout doit être optimisé – routines beauté, sommeil, performances physiques et vestiaire – son refus de se justifier (« never complain, never explain », comme l’aurait conseillée son ex Johnny Depp) devient le summum du chic.

 

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« Si vous savez qui vous êtes, vous pouvez tout traverser », a-t-elle confié un jour. C’est sans doute là sa véritable empreinte : une fidélité absolue à soi-même. C’est ainsi que Kate Moss a traversé les époques pendant que les esthétiques se succèdaient. Le retour du bohème, la résurrection de l’indie sleaze, la prolifération des TikToks estampillés “Kate-core” passent à côté de l’essentiel. Ils réduisent son style à une checklist – perfecto, jean slim, écharpe ultra fine – alors qu’il s’agit avant tout d’une attitude, d’un état d’esprit insaisissable.

Bien sûr, on peut enfiler une slip dress, s’offrir un manteau de fausse fourrure, fouiller les recoins de Vestiaire Collective à la recherche de pièces issues de ses mythiques collections Topshop… Mais qui peut vraiment espérer capturer cette essence Moss : cette impression qu’elle serait exactement la même si personne ne regardait ? On peut essayer. Et on essaiera toujours.

Cet article a initialement été publié par Marie Claire UK.

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