Violences conjugales: la Nouvelle-Zélande adopte une nouvelle loi révolutionnaire

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Il y a deux jours, à Anvers, une femme a été attaquée à l’acide sulfurique. En pleine rue, par un ex-petit ami éconduit. Réputé violent, il la suivait depuis des jours, se faisant de plus en plus menaçant. Il était déjà connu de la police pour différents faits, dont celui de violences conjugales.

En Belgique, les chiffres parlent d’eux-mêmes : en 2017, 38 femmes ont été tuées sous les coups d’un homme. En Wallonie, plus de 15 000 plaintes ont été déposées pour violences conjugales et 1000 pour viol. Ce sont les chiffres de la partie émergée de l’iceberg, parce que seule 1 femme sur 6 ose porter plainte. Glaçant! Et ces chiffres effrayants sont dans la moyenne européenne.

 

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Que dit la loi belge ?

Selon Amnesty International : « Les violences dans les relations intimes sont un ensemble de comportements, d’actes, d’attitudes, de l’un des partenaires ou ex-partenaires qui visent à contrôler et à dominer l’autre. Elles comprennent les agressions, les menaces ou les contraintes verbales, physiques, sexuelles, économiques, répétées ou amenées à se répéter, portant atteinte à l’intégrité de l’autre et même à son intégration socioprofessionnelle. Ces violences affectent aussi l’entourage de la victime et de l’agresseur, notamment les autres membres de la famille, dont les enfants. »

  • La violence conjugale est un délit puni par la loi, même si les partenaires ne sont pas mariés. Art. 410 du Code Pénal de la loi du 24 novembre 1997 : en cas de coups et blessures volontaires, si le coupable a commis le crime ou le délit envers son époux ou la personne avec laquelle il cohabite ou a cohabité et entretient ou a entretenu une relation affective et sexuelle durable, le minimum de la peine prévue par le Code pénal, 1 an,  sera doublé en cas d’emprisonnement et augmenté de deux ans dans le cas de la réclusion;  source

 

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  • Les coups et blessures commis entre partenaires sont considérés par la loi comme plus graves que d’autres types de coups et blessures;
  • Depuis le 1er mars 2013 les victimes de violences conjugales font partie en Belgique de la liste des personnes vulnérables et à risques inscrites à l’art 458 bis du code pénal, qui permet aux professionnels de sortir du secret professionnel en cas de nécessité pour assurer la sécurité immédiate;
  • Il n’y a pas que les violences physiques. La violence psychologique peut-être encore plus dévastatrice et c’est la plus courante. Les plaintes pour violence verbale (41,5%), ensuite les intimidations (22%) et finalement la violence physique (15%) (Institut pour l’Egalité des Femmes et des Hommes, 2010)

 

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En Nouvelle-Zélande

Une députée, Jan Logie, a fait voter une loi visant à protéger les femmes : « Aujourd’hui, nous défendons un futur sans violences conjugales. En Nouvelle-Zélande, la police reçoit un appel toutes les 5 minutes pour des violences  conjugales ». Cette loi permettra d’accorder 10 jours de congé par an pour que les victimes puissent s’organiser, déménager et effectuer toutes les démarches judiciaires et administratives nécessaires pour sortir de cet enfer.

On applaudit l’initiative. On en profite pour rappeler le numéro vert d’Ecoute Violences Conjugales: 0800 30 0 30. Parce que le premier pas pour en sortir, c’est d’en parler.

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Tags: Féminisme, Santé, Sexisme.

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