Décryptage: ces personnes qui ne s’excusent jamais

par Emmanuelle Ringot
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©Getty Images

Par excès de zèle, d’égo ou par peur de montrer ses faiblesses, certaines personnes ne s’excusent jamais. Mais que cache ce comportement très agaçant pour les autres ?

Il m’a fallu à peine trois jours en week-end dans le Vaucluse pour me rendre compte que la nouvelle petite amie de mon oncle, Annie, était de celles qui ne s’excusent jamais. Pas de ‘pardon’ ou de ‘désolée’. Jamais. Elle utilise toute l’eau chaude ? Oh, une douche fraîche n’a jamais fait de mal à personne. Elle déboîte une porte de placard dans la cuisine. C’est vraiment des matériaux bon marché. Elle renverse son verre de vin rouge sur mon manteau beige. Vite, mets du sel dessus, sinon ça va faire une tâche.

 

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Alors que certaines personnes – souvent les femmes – passent leur temps à s’excuser de peur de déranger ou de blesser, d’autres ont littéralement banni les mots “je suis désolée(e)” de leur vocabulaire. “S’excuser, c’est une forme d’aveu de faiblesse dans l’esprit de certains, c’est se rabaisser à l’autre et reconnaître d’une certaine manière sa propre impuissance”, décrypte Maïté Tranzer*, psychologue clinicienne à Paris. Ne pas s’excuser est alors un moyen de montrer de l’assurance, de se sentir fort. D’ailleurs, selon une étude australienne datant de 2013 et menée par le Dr Tyler Okimoto de l’Université du Queensland, ce comportement permettrait aux anti-excuses de booster leur estime de soi. Enfin, à court terme du moins.

 

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Le fait de ne pas s’excuser brise peu à peu le lien social

Car à force de ne pas reconnaître ouvertement ses erreurs et donc de ne pas présenter ses excuses, le lien social se fracture peu à peu. “Demander pardon, c’est une marque de paix et de respect”, avance la psychoclinicienne parisienne qui cite l’adage “faute avouée à moitié pardonnée” pour corroborer ses dires. C’est vrai qu’avec un petit mot gentil, un petit “désolée” la douche froide de vendredi dernier aurait peut-être été moins désagréable. Encore aurait-il fallu qu’Annie soit sincère dans ses excuses. “Si on n’est pas sincère, ça ne sert à rien. La personne en face s’en rend vite compte et cela peut faire encore plus de mal au lien entre les personnes”, souffle Maïté Tranzer, avant d’ajouter qu’il est nécessaire pour tous d’apprendre l’empathie, et ce, dès l’enfance. Car au fond, ne pas s’excuser , n’est-ce pas nier les sentiments de la personne que l’on a pu blesser ?

 

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A force de ne pas vouloir assumer ses responsabilités et reconnaître ses erreurs, on finit pas se mentir à soi-même. “Sous couvert d’une quête factice de la perfection, on s’oblige à ne pas montrer de failles”, résume alors l’experte. Soit. Je veux bien croire qu’Annie s’était mis la pression pour ce premier week-end et qu’elle essayait de nous plaire, n’empêche que c’est raté.

Petit conseil soufflé par la spécialiste : mieux vaut s’excuser, rapidement, pour que la personne blessée – ou gelée après une douche froide – efface ce mauvais souvenir de sa tête le plus vite possible. Cela permet de conserver le lien interpersonnel intact. Du coup, je voudrais m’excuser auprès d’Annie pour cet article.

*Maïté Tranzer, psychologue clinicienne à Paris.

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Tags: Psycho, Relations, Santé.

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