Le Liban abroge la loi qui dépénalise le viol si l’agresseur épouse sa victime

©ONG Abaad

Au Liban, les violeurs ne pourront désormais plus échapper à la prison en épousant leur victime. Le Parlement du pays du Cèdre a abrogé la loi votée dans les années 1940 qui offrait une protection juridique aux agresseurs sexuels. Une belle victoire pour la dignité des femmes.

Comme la Tunisie en juillet et la Jordanie début août, le Parlement libanais a lui aussi, voté la suppression de l’article 522 de son code pénal le 16 août. Il concernait différents crimes, tels que les viols, les agressions, les enlèvements et les mariages forcés et stipulait que si « un mariage valide est contracté entre l’auteur d’un de ces crimes et la victime, les poursuites cessent, et si un verdict a déjà été prononcé, son application est suspendue ».

Cette décision est le résultat d’un long combat mené par les organisations de défense des droits des femmes au Liban. Sur Facebook, l’association Abaad qui se mobilise depuis des mois contre cette loi sexiste n’a pas tardé à réagir à l’annonce de cette nouvelle encourageante pour la cause féminine.

En décembre dernier, l’ONG avait notamment réuni devant le Parlement à Beyrouth des femmes vêtues d’une robe de mariée. Elles abordaient des bandages, cicatrices et traces de coups sur le corps pour dénoncer la violence de cette loi controversée. Selon Soulayma Mardam responsable de la promotion de l’égalité entre les sexes au sein de l’association Abaad, cette pratique était surtout attesté dans les zones rurales du pays.

À la douleur de l’agression s’ajoute alors celle du mariage forcé

Si cette annonce se présente comme une belle avancée, notons qu’il demeure encore de nombreuses lacunes concernant les lois encadrant la cause féminine au Liban. La législation libanaise doit changer mais également et surtout, les mentalités et les consciences envers les femmes qui, encore aujourd’hui, ne sont que très peu respectées dans le pays.

Rappelons d’ailleurs que le viol conjugal n’est pas sanctionné par la loi libanaise. En effet l’article 503 du code pénal, qui punit le viol, stipule que « quiconque contraint une femme autre que son épouse à avoir des rapports sexuels est condamné à cinq ans de prison et sept dans le cas où la victime a moins de 15 ans ».

Le chemin vers l’égalité entre les hommes et les femmes au Proche-Orient est encore long, très long, mais c’est déjà un bon début.

Si le sujet vous intéresse, allez jeter un oeil à « En Afghanistan, les petites reines de Kaboul luttent pour la liberté des femmes grâce au vélo », « Comment réagir face au harcèlement de rue » et « Une pétition pour l’abolition de la notion de « bon père de famille » dans le droit belge« 

Tags: Cause féminine, Droits des femmes, Liban, Proche-Orient.

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