Girls power: les filles prennent le pouvoir

journée internationale de la fille
©Getty Images

À l’occasion de la Journée internationale de la fille, l’ONG Plan International a organisé des ‘Girls Takeovers’: donner à des jeunes femmes les rênes de poste à responsabilités. Une action hautement symbolique.

Vice-premier ministre, CEO, recteur d’univ’ ou rédacteur en chef… Tel est le type de poste à responsabilité qu’une centaine de jeunes filles dans le monde occuperont aujourd’hui. Une action menée par Plan International pour rappeler qu’elles n’ont toujours pas le même statut que les garçons. Même en Belgique!

Si les inégalités du genre ont un impact négatif sur le développement socio-économique de chaque pays, il n’en reste pas moins que la situation féminine mondiale laisse à désirer. Les filles restent moins scolarisées, moins valorisées, moins bien payées et sont d’avantage violentées. Notamment à cause de préjugés tenaces. «L’action menée aujourd’hui vise à rappeler la réalité des discriminations à l’égard des filles, mais surtout à montrer leur potentiel et à briser les clichés en les mettant là où on ne les voit pas assez: au pouvoir» explique Régine Debrabandere, Directrice de Plan International Belgique, «Que ce soit à Bruxelles, à Karachi ou à Bamako, les filles peuvent faire de grandes choses. Il faut pour cela que les mentalités évoluent et qu’on leur en donne l’opportunité».

Plus tard, je serai cosmonaute

Chez nous, ce sont 7 jeunes filles âgées de 15 à 24 ans qui ont pris ce matin la place de décideurs. Celles des Vice-Premiers Ministres (Didier Reynders et Alexander De Croo); du CEO de l’Union belge de football (Koen De Brabander); des recteurs de l’Université de Mons (Calogero Conti) et d’Anvers (Herman Van Goethem); de la rédactrice en chef de Bel RTL (Barbara Mertens) et du directeur des programmes de VTM (Ricus Jansegers).

Difficile de se faire entendre en une seule journée? Sans aucun doute. Pourtant Diane Delava, étudiante de 23 ans, à la place du Vice-Premier Ministre et Ministre des Affaires Etrangères aujourd’hui, compte bien faire entendre sa voix: «Ces prises de pouvoir sont tout sauf superficielles. L’objectif n’est pas de faire une belle photo et de disparaître. Nous voulons véritablement avoir notre mot dire: sur des choix politiques de notre pays, la présence des femmes dans le monde académique, la ligne rédactionnelle d’un journal parlé… Et briser les clichés sur les rôles attendus des filles dans le monde et en Belgique.»

Une Belgique pas si bénie

Plan International Belgique a décidé de se pencher de façon plus approfondie sur la situation belge. Les résultats du sondage (auprès de 500 jeunes filles et garçons de 15 à 24 ans) soulignant les inégalités existantes:

  • ¾ des jeunes connaissent au moins une fille qui a été sifflée en rue ou fait l’objet de commentaires à connotation sexuelles par des inconnus ; Tandis qu’1 fille sur 4 reconnait être souvent la cible de sifflement ou de commentaires.
  • 1 fille sur 10 admet avoir été dissuadée de choisir une option scolaire du fait de son sexe.
  • 2 filles sur 3 disent ne pas avoir pu aller seule en soirée en raison de leur sexe.
  • La majorité des filles disent subir une répartition fortement inégale des tâches ménagères à la maison.
  • La grande majorité des filles sont convaincues que les fonctions qui leur sont réservées dans le monde de l’emploi sont moins épanouissantes que celles accordées aux garçons. Situation que seul 1 garçon sur 6 reconnaît.

Des pistes pour améliorer la situation?

Les jeunes plaident pour davantage de cours sur les questions d’égalité, pour l’amélioration du droit du travail et l’application systématique de peines de justice pour les auteurs de discriminations.

Un autre appel aux médias a également été lancé. Jugés comme renforçant les discriminations sexuelles, ceux-ci devraient être davantage réglementés en matière de sexisme et diffuser des émissions, reportages et des campagnes publicitaires sur ces questions. Comme pour les inspirer, l’ONG a organisé une exposition itinérante proposant 48 portraits de jeunes de Belgique mais également du Cambodge, du Bénin et d’Equateur accompagnés de leur témoignage sur l’état de l’égalité des sexes dans leur pays (À voir du 16 au 28 octobre à la maison des cultures de Molenbeek). Entendre ses voix. Changer. Evoluer.

L’équipe de Marie Claire se joint à l’action de Plan International Belgique et entend bien continuer à mettre en exergue ces inégalités du genre dans ses pages. Ensemble, c’est tout.

Si le sujet vous intéresse, allez jeter un oeil à « Campagne de sugardating: pourquoi c’est important? »« Ces femmes qui assument leurs cheveux gris », et « Adidas et Arvida Byström: la campagne qui pique (sondage)« 

Tags: Droit des femmes, Féminisme, Humanité, Inégalités du genre, Plan International.

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