Le féminicide: quand un homme tue une femme parce qu’elle est une femme

par Lucie Delplanque
mc_feminicide
©Getty Images

Le féminicide, c’est quand un homme tue une femme parce qu’elle est une femme. Ce terme, inventé par Diana Russell en 1976, est de plus en plus souvent employé dans les médias. Il y a quelque mois, le mari d’Alexia Daval avouait avoir tué sa compagne dont la personnalité était, selon lui « écrasante. » Un drame qui rappelle que la violence conjugale reste un fléau à notre époque. On vous explique concrètement ce qu’est le féminicide et la situation chez nous.

Le mot féminicide est une contraction des mots « féminin » et « homicide. » Il désigne le meurtre d’une femme par un homme. La différence avec un homicide c’est qu’ici, la femme est tuée en raison de son sexe.  Le terme est apparu pour la première fois en 2015 dans le dictionnaire (le Robert). Il est aussi reprit par l’ONU et l’OMS. Selon cette dernière, il en existe 4 types: 

 

Lire aussi: « IVG: un droit réellement acquis partout en Europe? »

 

  • Le féminicide intime: la femme est tuée par un homme de sa sphère intime. Souvent, il s’agit de son compagnon ou de son ex-compagnon.
  • Le féminicide d’honneur (ou crime d’honneur): pour ceux dont c’est la tradition, la femme est tuée par un membre de sa famille ou de son clan dans le but de protéger leur réputation. Il est commis lorsqu’une jeune femme transgresse les lois morales (tromperie par exemple) ou lorsqu’elle est violée, par honte.
  • Le féminicide lié à la dot: la jeune femme est tuée par sa belle famille qui trouve la dot insuffisante.
  • Le féminicide non-intime: le meurtrier vise particulièrement les femmes et la mort résulte parfois d’une agression sexuelle.

Source: France 24 

Dans plusieurs pays de l’Amérique latine, il est reconnu par le code pénal: en Bolivie, en Argentine, au Chili, au Costa Rica, en Colombie, à Salvador, au Guatemala, au Mexique et au Pérou, par exemple. La violence faite aux femmes est une réalité, et ce partout sur le globe. Ce type de violence est aussi la forme de violation des droits de l’homme la plus présente. 

Belgique: 14 féminicides depuis 2018

Les chiffres ne sont pas réellement connus. C’est pour cette raison que la Plateforme Féministe Contre les Violence Faites aux Femmes a créé « Stop féminicide »: un blog consacré au sujet. L’équipe recense les crimes commis à l’égard des femmes afin de pouvoir chiffrer et donc témoigner de cette réalité dramatique. Une manière de faire pression sur les pouvoirs publics.

 

Lire aussi: « Safe Place: la plateforme de Gucci Gang pour briser les tabous » 

 

En 2017, 39 femmes (non exhaustif) ont été tuées parce qu’elles étaient des femmes. En ce début d’année, la PFCVFF a déjà recensé 13 féminicides. Dans ses chiffres, l’association parle aussi de 3 enfants tués dans le même contexte. Selon Amnesty International, chaque année, 45 000 dossiers de violence conjugale sont enregistrés par les parquets. Et ce n’est que la face visible de l’iceberg quand on sait que beaucoup de femmes n’osent pas en parler.

Selon le Cvfe (Collectif contre les violences familiales et l’exclusion), ce sont les femmes qui contactent le plus la ligne d’écoute. Elles sont suivies de près par les professionnels du métier. Juste après, on retrouve les membres de la famille proche. Finalement, 40 hommes en moyenne, appellent chaque jour la permanence. Cette ligne d’appel (0800 30 030) est souvent vue comme la « première porte » pour parler de ce fléau.

Pour toutes les questions liées au féminicide ou aux violences conjugales, la plateforme violenceconjugale.be a répertorié toutes les adresses et les numéros utiles.  

Si le sujet vous intéresse, allez jeter un oeil à « #MeToo récompensé par le Time: les briseuses de silence élues Person of the year« , « Détends-toi: la nouvelle BD d’Emma sur la perception de la colère des femmes » et aussi « 5 newsletters féministes engagées à lire chaque semaine » 

| | | |
Tags: Combat de femmes, Droit des femmes, Féminicide, Féminisme, Femmes.

Ailleurs sur le web

Sur les sites d'Edition Ventures