Chronique #05: Celui qui écrit une lettre à son ex-femme…

Thomas D.
père célibataire
©Getty Images

Chez Marie Claire, nous avons décidé de partager avec nos lectrices le quotidien de Thomas, 39 ans, père célibataire de deux enfants et célibataire «par défaut » (c’est lui qui le dit!). Pas facile de trouver l’amour quand on a dû se séparer de la femme à qui un jour on a dit oui.

A travers ses chroniques, il nous emmène dans sa vie. On y découvre son quotidien. Ses fous-rires, ses angoisses, sa bonne humeur, ses rencontres, ses plans Q, ses galères, ses voyages et son univers professionnel. Thomas rêve d’une femme capable d’élever dans son cœur des chenilles pour en faire des papillons. Thomas rêve. Tout court.

 

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Chronique #05: Celui qui écrit une lettre à son ex-femme…

Vanessa,

On n’a pas pris la peine de se parler ces derniers mois. Les enfants me disent que maman va « couci-couça ». J’en suis désolé. Alors, je voulais te dire …

Sache que si un jour, dans deux mois ou dans 10 ans, tu as ton ventre qui s’étouffe. Sache que si un jour tu vis une blessure importante. Amoureuse, amicale ou familiale. Sache que si un jour tu te réveilles à côté d’un corps que tu aimes « sans plus ». Sache que si un jour tu tournes en rond parce que tu n’as pas rencontré l’âme sœur, sache que si un jour tu t’épuises, seule, à regarder grandir nos enfants. Sache que si un jour tu es anesthésiée d’un mouvement de recul, pétrie de solitude, même à deux. Sache que si un jour tu te rends compte que tu es en train de construire une histoire sans âme.

 

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Sache que si un jour tu es bloquée sur une autoroute avec des pneus crevés. Sache que si un jour tu as besoin d’une main et d’une épaule. D’une aide concrète au boulot, dans des rénovations ou tout simplement de parler parce que tu n’es pas bien avec tes choix. Sache que si un jour tu as envie de rencontrer un regard sans jugement et bienveillant. Envie de contempler une étoile qui brille loin dans l’univers sans attendre du soleil une lumière insouciante, un relent d’atomes incompatibles, un jugement mal rasé sur le visage de la vie. Je serai là. Sache que si un jour tu as envie de te confier à quelqu’un qui te connaît comme personne ne t’a jamais connue parce que tu ne sais pas faire autrement. Ou parce que tu en as envie. Ou parce que, malgré la souffrance d’une histoire finie, il reste le seul à savoir lire à travers ton regard et dans ton sourire. Ou parce qu’il te manque. Je serai là.

Sache que si le poisson que tu es se perd, se cogne ou s’échoue sur les plages de la vie, sache que tu pourras toujours compter sur moi pour te remettre dans l’eau Sache que si tu rencontres un vendeur de licornes commandant d’un frêle esquif qui se laisse diriger par les desseins des autres, je serai là. … Tout simplement.

J’ai été un mari parfois absent aux rendez-vous de notre amour. Mais, j’ai aujourd’hui les pieds bien posés au sol. Une quotidienneté apaisante. Et du ciment s’est versé doucement grâce aux failles que tu as mises à jour. Tu as été l’archéologue de mes vestiges qui se sont consolidés chaque jour un peu plus dans l’éloignement de toi. Je te remercie pour tout ça. Et je m’excuse pour le reste. Sache, Vanessa, que tu ne seras jamais seule. Je serai là. Si besoin. Je suis là. Avec plaisir. Pour deux mois ou pour mille ans. Dans un mois ou dans un an. Tu sais.

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Tags: Amitié, Amour, Couple, Divorce, Enfants, Parentalité, Rupture.

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